Louisa et les autres

La femme algérienne est à l´honneur au niveau international. Après l´élection de l´écrivaine Assia Djebar à l´académie française, c´est au tour de deux autres Algériennes de faire la une. Ce sont mesdames Louisa Hanoune et Zazi Sadou, qui ont été choisies par l´association helvétique «Mille pour le prix Nobel de la paix 2005» pour s´être distinguées en s´engageant en faveur de la paix et de la dignité des êtres humains pour un avenir plus juste. Ces trois ont des parcours différents. Assia Djebar a débuté dans l´écriture romanesque dans les années cinquante. Elle a aussi coécrit une pièce de théâtre (Rouge l´aube) et réalisé des films et des documentaires en s´inspirant de la vie des du Mont Chenoua (wilaya de Tipaza). Son écriture et son style se sont bonifiés avec le temps. Elle a pris de la maturité et ses derniers romans sont de véritables chefs-d´oeuvre, ce qui veut dire qu´à force de travail, de persévérance, mais aussi beaucoup de talent, on peut réaliser de belles choses dans la vie. Aujourd´hui, c´est en France qu´elle est honorée. Il n´y a rien à dire là-dessus. Parce que c´est dans ce pays qu´elle vit et puis elle écrit en français. D´une certaine manière, on peut dire que ce sont toutes les algériennes, dont une grande partie écrivent et s´expriment en français, en plus de leur maîtrise de l´arabe et/ou de tamazight, qui ont été honorées à travers elle. Zazi Sadou, fondatrice de Rafd, (Rassemblement algérien des démocrates), est connue pour son engagement en faveur de la démocratie et de la cause des . Elle participe à de nombreuses actions qui vont dans le sens de son combat pour les droits de l´homme. Louisa Hanoune, porte-parole du Parti des travailleurs (PT) est restée fidèle à ses convictions, depuis qu´elle a commencé à militer dans les années 80 pour la défense des droits de l´homme, un combat qui l´a menée en prison à l´époque de Chadli Bendjedid. Ce sont cette continuité, cette fidélité à ses principes qui lui ont valu les hommages de M.Bouteflika le 8 mars dernier, lorsqu´il avait demandé qu´on lui donne vingt Louisa Hanoune. En tout cas, Mme Hanoune fait la une de l´actualité cette semaine pour au moins deux raisons essentielles: sa nomination par l´association «Mille pour le prix Nobel de la paix 2005», mais aussi pour ses déclarations faites sur la chaine de la Radio nationale à l´émission Kanaates, jeudi dernier, notamment sur les conséquences de l´abrogation des barrières douanières, dans le sillage de la mise en oeuvre de l´accord d´association avec l´Union européenne, à partir de la rentrée. «L´annulation, a-t-elle affirmé, fera perdre au Trésor public près de 143 milliards de dinars et supprimera 58.000 postes de travail». S´élevant contre les dernières réformes libérales du gouvernement, adoptées sous forme d´ordonnances, elle a préconisé le recours au référendum pour avoir l´avis du peuple sur ces questions qui engagent l´avenir des générations futures, à l´instar du référendum français sur la Constitution européenne.
Où réside le problème? Il réside dans le fait que ces réformes, dont certaines sont jugées ultralibérales, n´ont pas été suffisamment discutées par les partenaires sociaux: travailleurs, patrons, opérateurs économiques. Elles sont passées comme une lettre à la poste en l´absence de tout débat parlementaire. D´où le hic!