Encore un film sur Jésus

Ces derniers jours a été donné à Paris, place Vendôme, le premier tour de manivelle du film «Da Vinci Code» de Ron Howard, le réalisateur d´«Un homme d´exception», avec Tom Hanks, doublement oscarisé, dans le rôle principal, et Jean Reno, qui incarne le chef de la police parisienne. Le film, nous dit le synopsis, commence comme un thriller, - et c´en est un effectivement-, par un meurtre spectaculaire perpétré dans le musée du Louvre : tous les indices pointent vers une organisation religieuse clandestine prête à tout pour sauvegarder un secret jalousement gardé et qui risque de faire voler en éclats un dogme vieux de deux mille ans : celui de la supposée relation amoureuse entre Jésus (Qssl) et Marie Madeleine.
Jésus, prophète ou fils de Dieu? Là-dessus, chrétiens et musulmans divergent. La Bible et le Coran donnent des versions différentes. Cela n´empêche pas Jésus d´être un personnage fascinant, quel que soit le point de vue sous lequel on l´étudie, religieux ou humain.
Le point de vue de l´Eglise est connu : après avoir été exécuté sur la croix, Jésus revient à la vie et se montre en premier lieu à Marie Madeleine, ensuite aux autres apôtres. Tout le dogme et toute la foi chrétienne reposent sur ce postulat de base de la résurrection et de la nature divine du Christ.
Mais depuis deux millénaires, il se trouve toujours des personnes qui essaient de percer le mystère de la nature des relations que Jésus entretenait avec Marie Madeleine, certains allant jusqu´à écrire qu´ils se sont mariés et qu´ils ont une descendance. C´est entre autres ce que laisse supposer le roman de l´auteur américain Dan Brown «Da Vinci Code» qui est un véritable best-seller, puisqu´il en a été vendu 17 millions d´exemplaires dans le monde. C´est dire tout l´intérêt que porte un public nombreux à la vie de Jésus.
Le peintre italien Léonard de Vinci avait réalisé, pour le compte des Dominicains, une représentation de la Cene (dernier repas du Christ avec ses apôtres), en donnant à l´un des disciples une allure bien féminine. Partant de là, Brown se lance dans des spéculations en laissant croire qu´à travers ce beau jeune homme aux allures féminines, Léonard de Vinci voulait en fait peindre Marie Madeleine.
Pour accréditer cette idée, le romancier met en avant l´existence d´une société qui secrète «Le Prieuré de Sion», dont seraient membres des personnes célèbres comme Victor Hugo, Jean Cocteau, ou Léonard de Vinci lui-même. Outre la relation de Jésus et de Marie Madeleine, le roman pose aussi en filigrane la place que tient la femme dans l´Eglise, et bien entendu, il y a aussi cette question qui vient à l´esprit: où sont les descendants de Jésus? Est-ce que ce sont les Mérovingiens et leurs descendants actuels?
Mené comme un roman policier, l´auteur va multiplier des détails troublants qui vont tenir en suspense le lecteur, en se basant sur des éléments matériels qui existent, mais en leur donnant une autre signification. C´est une histoire de méridien, d´obélisque, de trésor caché, une compilation de symboles auxquels le romancier donne l´interprétation qui lui permet de construire sa fiction, car il s´agit bien de fiction.
Le plus important dans tout ça, c´est de voir que les hommes et les du troisième millénaire ont besoin de se laisser bercer par des légendes, aussi bien à Rennes le château qu´ailleurs, Jérusalem ou Notre -Dame de Paris.
Et maintenant, c´est carrément Hollywood qui s´empare du même scénario, pour tourner une superproduction, tenant les cinéphiles en haleine. Le film a été doté d´un budget de 100 millions de dollars, et il promet de battre les records d´entrées dans les salles.