Djaâboub dans la cour des grands

Ce n´est pas du tout au pas de course que l´Algérie se prépare à entrer dans l´Organisation mondiale du commerce. C´est du moins ce qu´il faut comprendre de l´intervention de M.El Hachemi Djaâboub, ministre du Commerce. Longtemps autocentrée, et vivant sur ses réserves d´hydrocarbures qui assurent plus de 95% des recettes en devises, l´Algérie a eu également à faire face à la déstructuration de pans entiers de son économie, comme l´agriculture ou le tourisme, considérés dans le monde entier comme les bases du développement durable et pour s de devises, ou le secteur des services et la petite et moyenne entreprise, encore balbutiant dans notre pays.
C´est-à-dire que l´Algérie ne peut pas sauter sans filet dans une organisation mondiale où la concurrence est rude, d´où ces rappels très importants de M.Djaâboub sur la batterie de mesures à prendre dans le domaine de la sauvegarde, de la lutte anti-dumping et du dispositif compensatoire. Alors même qu´il y a tant à faire dans le donaine de la normalisation, de la qualité des produits et des spécifications techniques. La production algérienne commence à peine à émerger et à se familiariser avec la concurrence. Depuis quelques années, deux phénomènes très importants, et pas forcément complémentaires, marquent le paysage économique algérien. D´un côté, on signalera la part de plus en plus importante prise par le secteur privé dans le taux de croissance et le produit intérieur brut, et de l´autre il y a aussi le parasitage provoqué par les produits Taïwan, les produits de la contrefaçon, le piratage, ou le marché informel. Par conséquent, il serait erroné de croire que tout est totalement blanc ou bien que tout est totalement noir. Le bilan est mitigé. Mi figue mi-raisin.
En fait, le premier indicateur de la vitalité de l´économie algérienne nous sera bientôt fourni par la mise en oeuvre de l´accord d´association avec l´Union européenne. On verra bientôt quelles sont les contraintes induites par le démantèlement tarifaire et douanier, ainsi que des autres obligations découlant de cet accord, aussi bien pour protéger l´économie nationale que pour promouvoir la qualité et la concurrence, ou pour mettre à niveau les entreprises algériennes.
Mais ce n´est pas tout. L´accord comporte d´autres obligations, comme la mise en conformité de la réglementation, la lutte contre le piratage ou la contrefaçon, ou la promotion d´un Etat de droit. On peut donc dire que l´accord d´association est en lui-même un stage de premier choix, devenu par la force des choses et les cours de l´histoire un passage obligé pour l´adhésion de l´Algérie à l´Organisation mondiale du commerce. D´autres retards dans le domaine de la réforme bancaire ou de la levée des contraintes qui freinent le développement du secteur des services (notamment celui de la communication) sont des obstacles majeurs dans la voie des négociations de l´Algérie avec ses différents partenaires, notamment les Etats-Unis, premier client de l´Algérie, ou l´Union européenne, son premier fournisseur.
Les négociations sont autant une affaire d´experts (et l´Algérie a sans doute intérêt à se faire assister dans ce domaine) que de dynamisme de notre économie et de capacité à relever les défis de la concurrence et de la confrontation.