Le survivant

Lance Arsmtrong, le cycliste américain qui est revenu de loin et qui a vaincu le cancer puis remporté sept fois le trophée du Tour de France, ne mâche pas ses mots. On devrait, dit-il, dépenser plus pour la santé que pour la guerre. Pourtant, quand on se donne la peine de regarder l´état du monde, on se demande si ce n´est pas un voeu pieux.
On sait tous en effet que la guerre, aux quatre coins de la planète, est plus rentable pour ses promoteurs et ses architectes que la paix. Non seulement l´industrie de l´armement, dans les pays développés où elle existe, emploie des milliers de personnes, qui sont toutes d´honnêtes électeurs et électrices, mais en plus le commerce des armes est un trafic juteux, quelles que soient les formes qu´il prend. En plus, l´influence du complexe militaro-industriel dans les sphères de décision est prépondérante, sans compter que le budget de la défense dépasse dans de nombreux pays, si ce n´est dans la grande majorité, celui de la santé et de l´éducation. Alors, Armstrong prêche-t-il dans le désert?
L´homme qui a remporté sept fois le plus prestigieux des tours n´est pas né de la dernière pluie. Il a un mental de gagnant. C´est la raison pour laquelle il est bon de l´avoir avec soi que contre soi quand on défend une cause aussi noble que celle de la lutte contre le cancer.
Intervenant sur la chaîne ABC, dont l´animateur le sondait pour connaître son opinion sur la guerre en Irak, il a répondu qu´il lui était impossible de dire si cela était bien ou mal, mais a-t-il précisé: «Personne ne veut la guerre», avant d´ajouter: «Je crois que nous ferions mieux d´éviter ce genre de situation et, comme survivant (du cancer), je pense que nous ferions mieux de dépenser notre argent pour lutter contre des maladies comme le cancer» Il a ainsi regretté que cette année, notamment en raison du coût de la guerre en Irak, le gouvernement fédéral n´ait pas été en mesure de boucler le budget de l´Institut national de recherche sur le cancer (NCI) , et tous les instituts de recherche médicale qui dépendent des fonds du gouvernement.
Ces paroles sont d´autant plus sages qu´elles ont été proférées par un ami du président républicain George W.Bush et du démocrate John Kerry. En d´autres termes, Lance Armstrong ne fait pas de l´opposition pour la frime, mais il ressent les choses qu´il dit. En revanche, il a démenti vouloir être candidat au poste de gouverneur du Texas et a indiqué que le chanteur irlandais Bono est pour lui un «modèle» dont il voudrait s´inspirer.
Ce qu´on peut dire, c´est qu´avec des mots très simples, Lance Armstrong a dit tout haut ce que des millions de personnes, parmi lesquelles des Algériens, pensent tout bas. La santé, c´est-à-dire le bien-être des gens à tout point de vue, mais avec des fonds affectés à la recherche médicale et à l´amélioration de la prise en charge hospitalière ou sociale, doit bien être considérée comme la priorité des priorités.
Quant à Armstrong qui a remporté la plus belle victoire contre la maladie, en parvenant à remonter à la surface et à devenir un champion cycliste, il nous donne à nous tous une leçon de modestie et de clairvoyance, en même temps que de bravoure, alors qu´il aurait été plus facile pour lui de crier avec les loups pour se faire encore plus d´argent. Il peut être considéré comme un modèle par beaucoup de personnes qui se cherchent un idéal dans la vie.