Incorrigible Houellebecq

On ne connaissait de ce côté de la Méditerranée de Michel Houellebecq que son inacceptable boutade de 2001: «L´islam est la religion la plus conne !», provoquant à juste titre la colère des musulmans du monde entier, et pour laquelle un procès lui fut intenté.
Il est pourtant un écrivain à succès qu´un éditeur (Fayard, filiale d´Hachette) vient de racheter comme on le fait pour un joueur de football. A prix fort. Son dernier roman, qui sera mis sur le marché vers la fin août, et dont certains journalistes de l´Hexagone ont pu obtenir une copie, a été tiré à 200.000 exemplaires; quittant déjà le politiquement incorrect de Sartre, auquel il fut comparé, pour le commercialement correct d´Harry Potter. Ne fut-il pas fièrement exhibé par le patron d´Hachette, Jean Luc Lagardère, devant les médias et le Tout-Paris.
D´abord qui est Michel Houellebecq? Sa biographie officielle (car il y en a une d´officieuse) dit qu´il né le 26 février 1958 à la Réunion. Son père, guide de haute montagne, et sa mère, médecin anesthésiste, se désintéressent très vite de son existence.
Ce qui fait qu´il sera élevé par sa grand-mère, communiste, dont il adoptera le nom. Constatant ses capacités de réflexion et sa puissance d´analyse, nous dit toujours sa biographie, ses camarades, vers seize ans, le surnomment Einstein, l´âge où il décou-vre Lovecraft, auteur de science fiction, et où il lance sa première boutade: «Je ne participe jamais à ce qui m´entoure, je ne suis nulle part à ma place». Voilà, le décor est planté.
Et maintenant, quel est le sujet de ce roman de science-fiction qui défraie déjà la chronique avant même sa parution, et auquel les spécialistes prédisent le prix Goncourt 2005?
Houellebecq aborde à sa manière le problème du clonage humain. Le roman est le récit de Daniel 1, découvert et lu, deux mille ans plus tard, par Daniel 24, puis Daniel 25, ses lointains clones, qui le commentent, alors qu´une catastrophe nucléaire a depuis longtemps détruit la planète terre. Il y a donc dans ce livre une odeur de soufre et d´apocalypse. Une telle trame permet à l´auteur d´aborder de front et pèle-mêle tous les sujets qui fâchent: sexualité, sectes, immigration ... On raconte même qu´il aurait fréquenté pendant quelque temps le gourou de la secte Raëlienne (son personnage Daniel est lui membre de la «secte des Elohimite.»
En fait, la polémique a déjà commencé entre ceux qui pensent que Houellebecq est le Balzac de sa génération, et les autres qui ne voient en lui qu´un provocateur, doué d´un très bon sens des affaires, en partant de l´idée que la provoc ça paie toujours et que ça fabrique des best-sellers. Du reste, le roman est lancé en « Eurovision » puisqu´il sera tiré en même temps dans plusieurs pays d´Europe (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et Pays-Bas) ayant déjà été traduit dans quinze langues. Même les éditeurs américains s´intéressent à ce Harry Potter français, le seul depuis l´amant de Marguerite Duras.
Bien avant sa parution, les grands titres que sont le Nouvel Observateur, Le Monde ou France 2 s´apprêtent à distiller des bonnes feuilles du livre et des interviews du maître, un plan média digne de la gauche caviar.
Elevé par une grand-mère communiste, qui n ´arrêtait pas d´affirmer ses opinions tiers- mondistes, Houellebecq naffirme pour sa part que des opinions frisant parfois le racisme, comme sa sortie sur l´Islam en 2001.