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Les mots qui tuent

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En Irak, une simple rumeur crée un mouvement de panique, entraînant la mort de 841 personnes. Aux Etats-Unis, dans l´Etat de Louisiane, le cyclone Katrina dévaste toute une région autour du Mississipi et le dernier bilan indique qu´il y aurait des centaines de morts.
Dans ce second cas, c´est le déferlement des éléments naturels qui est la cause de la tragédie, et malgré les moyens humains et matériels mis en oeuvre par la première puissance du monde, les dégâts sont considérables. Le cataclysme était prévisible. Avant même sa naissance, le cyclone avait été baptisé d´un nom de femme: Katrina. On savait qu´il serait terrible et destructeur, avec sa force 4 sur l´échelle de Saffir-Simpson et des vents qui soufflent à 220 kilomètres heure. Quels que soient sa science, sa technologie ou ses moyens matériels, il arrive toujours un moment où l´homme est impuissant devant le déchaînement des éléments. Ce n´est pas la fatalité. Mais un simple constat.
En Irak, c´est une simple rumeur qui a déclenché l´irréparable, et l´on voit que les mots peuvent être aussi meurtriers que les balles. C´est sans doute le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre en Irak: aucune autre bombe, voiture piégée, attaque à la roquette n´a eu autant d´effet destructeur. En Algérie, les éléments du Gspc ont réuni un village en Petite-Kabylie pour leur lire un prêche contre la réconciliation nationale. Une fatwa, un prêche, ici aussi, ce sont des mots qui tuent.
Napoléon le disait déjà : la plume peut être plus redoutable que l´épée. Les historiens vous le diront: l´empereur avait su user de ces deux armes : le verbe et le feu. Ses conquêtes territoriales sont aussi importantes que les textes de loi: codes civil et pénal entre autres.
Revenons à L´Irak : les dépêches d´agence nous apprennent qu´au moins 841 personnes sont mortes noyées, étouffées ou piétinées et 300 autres ont été blessées dans un mouvement de panique consécutif à une rumeur portant sur l´attaque par deux kamikazes d´un pont de Bagdad en plein deuil chiite, anniversaire de l´imam Moussa la-Kazim, septième immam chiite. Ce fut la journée la plus sanglante depuis la chute de Saddam Hussein.
En Algérie, tout au long de la décennie sanglante, les mots ont semé la panique. Les prêches dans certaines mosquées désignaient les cibles à abattre.
Des graffitis sur les murs lançaient les slogans de l´épouvante : min esssaandouk ila sandouk (de l´urne au cercueil) visant à détourner la population de son devoir électoral pour imposer un régime dictatorial. Les hammams, les salons de coiffure, certains cafés étaient interdits de fréquentation, tout autant que les paraboles. Ce sont tous des espaces et des supports de la parole.
C´est le propre de la dictature de museler la parole libre, pour imposer sa propagande. Dès que le pluralisme n´est plus assuré, sont jetées les bases de la tyrannie. Tous les extrémismes se rejoignent là-dessus: leur seule préoccupation consiste à comment censurer l´autre, comment casser toute différence, comment garantir l´unicité de pensée, mère de tous les dépassements.
Aujourd´hui, alors que la population, surtout les catégories les plus exposées, s´accroche à cette branche, voire à cette bouée de sauvetage de la charte pour la paix, on voit refleurir des prêches incendiaires, comme si le pays n´avait pas assez donné, assez souffert.
Des mots qui tuent, il y en a eu, et il y en aura sans aucun doute encore. Tous les moyens sont bons pour les dire et les propager. Il y a même, paraît-il, des sites sur le Net pour répandre les prêches de la mort.

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