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Sourire interdit

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La photo biométrique arrive et les services de Sa Majesté passent à l´offensive. C´est pour bientôt. Les attentats du 7 juillet 2005 à Londres sont passés par là, alors qu´au départ le passeport biométrique était surtout une priorité américaine, c´est dorénavant devenu celle des Britanniques.
Premier effet de la photo biométrique: interdit de sourire. Il est recommandé de fermer la bouche, de ne pas porter de béret ou autre coiffe. Quant au photographe, il lui est demandé de ne plus entretenir le flou artistique, de ne pas allonger un visage rond ou d´arrondir un visage long. Si vous êtes gros, vous devez le paraître, et si vous êtes mince, vous devez le rester. «Fini, l´habitude de rendre attrayant le sourire de quelqu´un qui a les dents de lapin», commente ce photographe. L´objectif de cette nouvelle méthode basée sur l´étude statistique du visage est de faire en sorte qu´il soit reconnaissable en n´importe quel point du globe, sans risque d´erreur. Et si c´est insuffisant, avertissent les services chargé de la sécurité, d´autres paramètres seront utilisés. On fait allusion à la génétique, c´est-à-dire à lecture de l´ADN de l´intéressé.
C´est quoi la biométrie? Le Larousse nous dit que c´est la partie de la biologie qui applique aux êtres vivants les méthodes statistiques. En France, le gouvernement a déjà indiqué que la nouvelle carte d´identité, à laquelle a été donné le nom de code Ines, serait dotée d´une puce électronique contenant des identifiants biométriques.
Elle sera non seulement sécurisée, mais aussi payante: «C´est le prix de la sécurité», avait dit Dominique de Villepin, alors ministre de l´Intérieur. Cela consistera à insérer les empreintes digitales et la photo numérisée du propriétaire de la carte, qui permettront «de vérifier l´identité de leur titulaire grâce à la reconnaissance palmaire et faciale» sans exclure dans le futur, un troisième élément, qui pourrait être l´iris de l´oeil.
Les Britanniques sont plus exigeants. Ils estiment que la fiabilité des photos biométriques n´est pas garantie à 100%. Son utilisation à grande échelle a montré des failles. Des erreurs de lecture ont été détectées. C´est la raison pour laquelle on songe déjà au Royaume-Uni à ne plus se contenter des empreintes digitales ou iridiennes, mais de passer à l´étape supérieure, en ayant recours à l´ADN. Une étape à laquelle seraient déjà passés les Chinois: la carte d´identité biométrique contiendrait une empreinte génétique récoltée à partir d´un cheveu, d´une goutte de sang ou d´une cellule.
En Grande-Bretagne existe déjà une banque de données d´ADN, concernant deux millions de sujets, elle-même reliée à l´ordinateur central de la police, dont la confidentialité est protégée par un système de chiffrement. Les premières utilisations de cette base de données ont permis à la police britannique de résoudre 64 affaires de meurtre et de viol en exploitant le fichier de prisonniers et de délinquants.
Au rythme où vont les choses, il ne fait aucun doute que d´ici à 2008, de nombreux documents d´état civil et autres seront biométrisés et pucés. Cela concerne le passeport, la carte d´identité, le permis de conduire, la carte de séjour des étrangers, voire même la carte vitale.
Tous les problèmes d´éthique et ceux liés aux droits de la personne volent en éclats devant le nouveau contexte de lutte contre le terrorisme, après les attentats de New York, de Madrid et de Londres. Les menaces d´Al Qaîda contre les pays occidentaux et leurs intérêts partout dans le monde sont un prétexte en or pour les services secrets.

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