Prévisions pour le 20 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 37 °C
32
 Laghouat Min 17 °C Max 29 °C
30
 Batna Min 12 °C Max 24 °C
30
 Biskra Min 20 °C Max 34 °C
34
 Tamanrasset Min 21 °C Max 30 °C
28
 Tlemcen Min 16 °C Max 25 °C
34
 Alger Min 20 °C Max 25 °C
4
 Saïda Min 15 °C Max 26 °C
30
 Annaba Min 21 °C Max 27 °C
4
 Mascara Min 16 °C Max 25 °C
30
 Ouargla Min 26 °C Max 35 °C
30
 Oran Min 21 °C Max 25 °C
30
 Illizi Min 22 °C Max 34 °C
30
 Tindouf Min 26 °C Max 36 °C
32
 Khenchela Min 13 °C Max 22 °C
47
 Mila Min 17 °C Max 24 °C
4
 Ghardaïa Min 21 °C Max 31 °C
30
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SILENCE ON TUE!

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«Lorsque la maison brûle, quand le navire est près de sombrer, on n'appelle ni l'assureur ni l'assuré, ni le maître à danser. Pour la maison, pour le navire, c'est l'heure du pompier, l'heure du sauveteur. Pour l'Afrique du Nord, c'est l'heure du gendarme.» M.Besher (in - L'Echo d'Alger)

Pour l'historien et politologue Redouane Ainad Tabet, tout a donc commencé le 8 mai 1945, au matin à Sétif et l'après-midi à Guelma. Dans la première ville, souligne-t-il dans son ouvrage 8 Mai 1945 le Génocide, une voiture de police banalisée, avec quatre inspecteurs en civil mais armés de mitraillettes, attend, cachée à l'angle, le cortège des musulmans se dirigeant vers le monument aux morts pour y déposer une gerbe de fleurs à la mémoire de tous ceux qui sont tombés au champ d'honneur durant la Seconde Guerre mondiale: «En cours de route, près du Café de France, l'emblème algérien est déployé par un jeune scout, Saal Bouzid, parmi les autres drapeaux des Alliés. Surgissent un commissaire de police, le chef de brigade mobile et les quatre inspecteurs qui tirent sur la foule, provoquant ainsi l'émeute, les tueries...et les représailles. A partir de ce moment et jusqu'au 11 du même mois, la révolte gronde puis s'étend à toute la région sétifienne puis guelmoise.» Il ne pouvait en être autrement.
Après les incidents de Ksar Chellala (18 avril 1945) rapportés par Benyoucef Ben Khedda dans Les origines du 1er Novembre 1954, des Algériens sont tombés à Alger et à Oran le 1er mai 1945 avec, à leur tête, des scouts et des syndicalistes déployant des banderoles réclamant la libération de Messali Hadj et de nombreux détenus, tout en lançant des slogans incisifs où colonialisme et impérialisme français sont stigmatisés. Pourtant, comme le souligne Sonia Ziani, dans un essai consacré à l'événement, les militants nationalistes, tout comme lors des manifestations du 1er mai à Alger et dans d'autres villes du pays, encadrent étroitement les manifestants.
Encore vivaces, les séquelles de la répression du 1er mai exigent une totale prudence, une discipline des plus strictes dans les rangs. Conscients d'une situation pré insurrectionnelle, les militants nationalistes ne voulaient nullement prêter le flanc. Pour des raisons multiples alors que celle liée à l'impunité, s'agissant des méfaits de la caste coloniale, est non des moindres. La preuve en sera donnée dès les lendemains de l'abominable acte de négation.
Aucune enquête judiciaire n'aura été diligentée, les Algériens étant coupables par définition. Aucun Européen, civil, milicien, policier, militaire ou agent d'autorité ne sera poursuivi. La suite des événements ne démentira pas les inquiétudes des militants nationalistes. Les sanglantes journées de mai 1945 les confortent même dans leurs prévisions tant elles illustrent la réaction violente d'une minorité partagée entre la peur et la volonté de dominer une société globale algérienne qui lui paraît constamment menaçante. Pour l'historien Slimane Chikh: «L'Arabe est en fait le croquemitaine du colonisateur qui vit constamment avec un sentiment plus ou moins vague d'insécurité, d'où son agressivité pour exorciser ce démon.»

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