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Le Maroc, la mondialisation et le gommage des particularismes

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Pour les pays qui, comme le Maroc, ont une certaine densité culturelle, il se pose souvent un problème constant d'équilibre entre la responsabilité de conserver un patrimoine et la nécessité d'une expression moderne.

C'est le musicologue marocain Ahmed Aïdoune qui le confie. Et il n'a pas tout à fait tort car, comme il se plaît à le souligner lui-même, il se passera encore beaucoup de temps, avant que la culture de la mondialisation ne prenne le pas sur les cultures locales: «De là à envisager le gommage des particularismes, c'est un peu forcer sur l'inconcevable et signer la fin des différences, car il n'y a pas de culture sans mémoire, ni d'art sans patrimoine et accumulation de techniques et d'expressions, et chaque peuple a, dans ce sens, son propre chemin.» Comment signifier sa différence au monde sinon à travers sa culture et ses expressions artistiques? Tout le tourisme est bâti sur cette réalité triviale au risque le plus souvent d'entretenir un fétichisme où «le monde, la vie, l'espace et le temps se reconnaissent dans la répétition jubilatoire de décors qui ne changent pas», et où la connaissance (reconnaissance) de l'Autre se fait à travers la belle carte postale et l'arrêt sur image. La question revêt tout son intérêt quand on la replace dans son contexte historico-politique, estime la même source. Un sociologue moderne ne s'empêche pas de déclarer que «les pays en guerre se battent pour leur identité, les pays en paix construisent le décor patrimonial de leur identité. La parade spectaculaire de la culture peut continuer à mettre en scène ce qui a déchiré le monde». Le Maroc est l'un des rares pays qui possèdent en musique un patrimoine des plus féconds, des plus variés, mais aussi des moins connus. De par sa position géographique et historique, il est intéressant de noter les signes d'un brassage des peuples et des civilisations qu'on peut schématiser en général par la formule suivante: un substrat berbère, des survivances gréco-romaines, un modalisme arabe, une rythmique africaine, un raffinement andalou et des effets d'acculturation occidentale au XXe siècle.
Si ces éléments tantôt dominants, tantôt récessifs permettent de parler du Maroc en tant que carrefour de cultures, il convient de souligner ici que la musique marocaine n'a que peu profité de cette position privilégiée. Ce n'est donc pas par hasard si celle d'aujourd'hui est une musique qui évolue discrètement et se transforme au gré des interprétations personnelles et de multiples contacts internes et externes occasionnés par le développement des médias contemporains. C'est une musique, confie Ahmed Aïdoune, où s'impose le divertissement mais qui laisse toutefois une part au raffinement et à l'appréciation d'un public connaisseur et mélomane. Dans cette large palette où la musique se présente rarement comme une forme pure, souligne le musicologue marocain, on retrouve mêlées les unes aux autres des formes d'expression aussi diverses que le chant, l'improvisation poétique et la danse. Pour appréhender ce patrimoine, il ne suffit pas d'en connaître les contours, il faut en plus apprécier les sonorités, les modes et intervalles, les mouvements mélodiques, les systèmes d'ornementation, les rythmes et les formes d'organisation spatio-temporelle. Entretenir et conserver ce particularisme sans compromettre la naissance et le développement d'idées nouvelles et originales, restituer à la tradition orale sa vraie logique et permettre un développement endogène des styles particuliers de chaque région, mettre à la disposition des créateurs modernes plutôt que des clichés réducteurs, les vrais exemples de la musique marocaine, peut contribuer à rendre le patrimoine plus accessible et plus vivant, soutient à juste titre le musicologue Ahmed Aïdoune.

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