Prévisions pour le 20 Septembre 2018

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Une femme courage nommée Nouria Benghebrit

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Pas moins de 853.780 candidats ont pris part aux épreuves du baccalauréat de cette année. C'est un événement de taille que l'Algérie, nonobstant des dissonances à tout le moins inextricables, accueille avec la ferveur qu'exige un défi, certes pas voulu mais ô combien attendu par une frange importante de la population qui est loin d'être responsable d'une situation que seul un Etat digne de ce nom est en mesure d'assumer.
Contrairement aux spéculations et autres coups tordus de certains esprits chagrins, les épreuves se sont déroulées d'une manière rassurante, no-nobstant quelques couacs qui ne relèvent nullement de la première responsable du secteur. Bien au contraire, par sa compétence, sa ténacité et son honnêteté intellectuelle Nouria Benghebrit a su se jouer de tous les pronostics et placer au poste de commandement l'intérêt bien compris de l'élève, et de l'élève seul. Rares étaient ceux qui pensaient qu'elle allait survivre au tsunami provoqué à la suite de sa nomination par le président de la République. Une heureuse décision, convient-il de souligner, que j'ai saluée avec ferveur tant elle aura permis à la raison, et à la raison seule, de triompher. Une réponse concrète à une situation concrète qui allait jeter les bases du sauvetage d'un secteur miné par l'approximation, le népotisme, le clientélisme et l'intégrisme. Seule face à ses détracteurs, elle aura stoïquement résisté aux noms d'oiseaux dont elle sera affublée et au bannissement réclamé à cor et à cri par les milieux intégristes religieux et/ou politiques. Elle est l'une des rares ministres de l'Education nationale à avoir soutenu, sans ambages, que lutter contre la radicalisation commence par la révision des contenus dont certains posaient effectivement problème: «Nous assistons à des changements au sein de la société qui nous obligent à travailler davantage sur la dimension de citoyenneté et d'algérianité.» Elle aura survécu, bien que devenue encombrante aux yeux de ceux que la pusillanimité n'étrangle pas et malgré le fait avéré que les moyens d'une telle remise en cause salutaire ne soient pas forcément réunis pour accueillir les futurs lauréats dans des conditions pédagogiques idéales. S'attendant, sans aucun doute, à une réaction dogmatique de sa part, les esprits chagrins, particulièrement habiles lorsqu'il s'agit de travestir la réalité et de prendre en otage une jeunesse pourtant avide de savoir, ont vite déchanté à la faveur de réponses aussi cinglantes par leur rapidité que galvanisatrices par la profondeur humaniste de cette brillante ancienne directrice du Crasc d'Oran. Quelque peu ternie par un système éducatif qui, s'il n'est pas totalement obsolète, n'en reste pas moins à réformer, et profondément d'ailleurs, l'image du ministère de l'Education nationale, qui a su trouver les mots justes pour rassurer une jeunesse quelque peu ébranlée par des contradictions plurielles, s'est éclaircie pour donner naissance à un espoir qui ne peut être que fécond. Tournant assurément le dos aux interprétations et autres surenchères politiciennes des uns et des autres, des centaines de milliers de jeunes se sont, dans une sorte d'adhésion chorale, jurés d'être au diapason autant des mesures prises par Nouria Benghebrit que des sacrifices insondables consentis par les enseignants mobilisés à cet effet, indépendamment de la précarité sociale d'un monde de l'éducation secoué par la déification de fausses valeurs intervenant le plus souvent au détriment de tout ce que peut souhaiter de meilleur un peuple à ses meilleurs enfants. L'Algérie, c'est certain, vit des moments tragiques imposés le plus souvent par des forces obscurantistes autant politiques que religieuses. Des cercles dogmatiques qui ne veulent pas admettre, avec cette femme courage, que l'avenir d'une nation ne peut s'esquisser que dans le cadre d'une réforme démocratique et intellectuelle d'une société dont les aspirations à la modernité et au bien-être ne sont pourtant un secret pour personne.

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