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Le cinéma français une exception culturelle

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(2e partie et fin)

Le concept d'exception culturelle, promu par la France sur la scène internationale depuis les années 1980, repose sur l'idée que la culture ne saurait, en raison des enjeux qui s'attachent à la création et à la diffusion des oeuvres, être intégralement soumise aux règles du droit commun et de l'économie de marché.
Un concept qui n'a pas été sans provoquer, en juin 2013, un bras de fer avec les Américains et l'ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Après plus de 12 heures de négociations, les 27 ministres du Commerce européens réunis à Luxembourg venaient d'exclure le cinéma, la télévision, l'Internet et des contenus numériques d'un mandat de négociation commerciale avec les États-Unis.
Une victoire provisoire mais importante pour la France qui est le seul pays européen à disposer de moyens fiables pour faire prévaloir sa volonté d'asseoir l'exception culturelle. Le concept d'exception culturelle promu par la France repose, de l'avis de certains spécialistes, «sur l'idée que la culture ne saurait, en raison des enjeux qui s'attachent à la création et à la diffusion des oeuvres, être intégralement soumise aux règles du droit commun et de l'économie de marché. Sans nier la dimension économique de la culture, l'exception culturelle vise à reconnaître et protéger sa dimension éthique, politique et sociale, qui en fait l'un des fondements de la dignité humaine». Pour la productrice Fabienne Servan-Schreiber, l'enjeu de cette bataille, c'est la régulation des nouveaux services Internet et des nouveaux acteurs: «Si on lâche là-dessus, c'est tout le système de financement du cinéma et de la télévision en France qui risque de se casser la figure.» Cette singularité française se traduit aussi par une aide aux cinéastes de l'Afrique subsaharienne: Au nom du Christ de Gnoan M'bala et Rue princesse de Henri Duparc, Ballon d'or de Cheikh Doukouré, La Genèse de Cheick Oumar Sissoko, Waati le temps de Souleyman Cissé ou Samba Traoré de Idrissa Ouédraogo...En plus de ses aides attribuées le plus souvent à travers des commissions interministérielles siégeant au Centre national de la cinématographie, le ministère de la Coopération n'a pas manqué d'élargir son champ d'action au soutien à l'écriture du scénario, au conseil et au suivi en matière de gestion de la production et à la recherche de techniciens français pour participer à des tournages en Afrique.
La recherche de partenaires publics ou privés pour les financements, préachats de distribution, fait aussi partie de ses compétences. Des conseils sont, dans le même ordre d'idées, donnés aux Etats africains, qui le souhaitent, pour la mise en place des règles régissant la production cinématographique et la mise en oeuvre d'une politique adaptée de formation à tous les niveaux de la profession. Avec la création, en 1984, de Fonds Sud, les Français distanceront d'avantage les autres pays européens. Ce Fonds contribue valablement à la réalisation d'un projet de fiction, d'animation ou de documentaire de création pour une exploitation en salle en France et à l'étranger. A condition, bien sûr, que les tournages se fassent dans les pays du Sud, que la langue de travail soit le français ou l'une des langues nationales des pays bénéficiaires. Affectée prioritairement en 1994 à la postproduction en France, l'enveloppe dégagée à cet effet pour l'ensemble des financements a été jugée négligeable par les uns et ô combien décisive par bien d'autres. Fools de Ramadan Suleman, Bab-el-Oued City de Merzak Allouache, Tilaï de Idrissa Ouédraogo, Bal poussière de Henri Duparc, Alexandrie retrouvée de Youcef Chahine, Mendiant et orgueilleux de Esma al-Bakri et Mercédès de Yousri Nasrallah, Yeux bleus de Yonta de Flora Gomès, Finzan de Cheick Oumar Sissoko ou Yelen de Souleyman Cissé, Porte sur le ciel de Farida Benlyazid, Le collier perdu de la colombe de Nacer Khemir, La Goulette de Férid Boughedir sont parmi les oeuvres marquantes ayant bénéficié de l'aide de Fonds du Sud pour la postproduction. D'autres mécanismes ont vu le jour à l'ombre des Journées cinématographiques de Carthage et du Festival du cinéma de Ouagadougou. Et si de nombreux films se font encore au nom des cinématographies africaines agonisantes, c'est grâce à la sollicitude des pouvoirs publics français...

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