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"RASSEMBLER LES LIVRES DU MONDE EST UNE UTOPIE BIBLIOTHECAIRE DE L'ISLAM MEDIEVAL"

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«Même les livres composés par des écrivains irréligieux ou agnostiques qui s'en prennent ouvertement aux dogmes de l'Islam sont indiqués. Le bibliographe les qualifie tout de même de ‘'livres maudits'' (kutub mal‘ûna), prenant ainsi distance à leur égard - du moins publiquement.» Il faut savoir qu'il n'a pas existé au Moyen âge musulman d' ‘'Index des livres prohibés'', comme celui établi par l'Eglise romaine à la fin du XVIe siècle et qui n'a été abandonné qu'en 1948.» Houari TOUATI

C'est le livre L'Armoire à sagesse qui semble avoir inspiré cette réflexion à son auteur, mon ami Houari Touati. Déjà dans Islam et voyage au Moyen Âge. Histoire et anthropologie d'une pratique lettrée (Seuil, 2000), il avait naguère établi que le voyage constituait un élément central de la transmission du savoir en terre d'Islam.
Avec le regard qu'il porte sur la bibliothèque, espace capital où se retrouvent la mémoire scripturaire antique et l'archive du passé préislamique, comme le vertige de l'émerveillement utopique de la compilation encyclopédique du savoir du monde, emprunte-t-il pour autant la même piste? «Voyager, écrire, lire, mémoriser, collectionner sont les gestes de fondation que la culture islamique a déployés pour se constituer comme une 'culture de la littérature''. Ces gestes sont simples, quasi physiologiques pour les uns, techniques pour les autres. Et pourtant ils sont d'une grande complexité.» Soit ce paradoxe: L'Armoire à sagesse montre les livres proliférer en si grande masse qu'elle donne l'impression que la culture islamique a toujours été une culture lettrée. Ce qui ne semble pas être le cas, de l'avis même de Houari Touati: «L'Islam a mis beaucoup de temps et d'hésitation à devenir une civilisation des livres, sans d'ailleurs jamais renoncer à son 'oralité'' originelle. La forme historique de bibliothèque universelle qu'il adopte à la fin du VIIIe siècle est le produit d'une conjonction entre une culture de la littérature et une culture de la traduction. Princes et lettrés ont oeuvré à son avènement.»
Royaume d'ordre et d'harmonie, menacé par la prolifération inouïe des textes à rassembler, l'«armoire à sagesse» semble par le passé garantir le présent. A la question de savoir s'il est possible, en pareil cas, d'opposer ici mission politique et engagement esthétique, l'universitaire algérien répondra sans hésiter: «L''armoire à sagesse'' est le produit d'une culture qui, à un moment donné de son histoire, a su s'affilier à autre chose qu'à ses origines, en s'instituant héritière des grandes cultures écrites du passé qu'elle connaissait. Elle est aussi un produit de cour - en l'occurrence, la cour abbasside. A ce titre, elle ne peut être amputée de sa vocation politique. Depuis la plus haute Antiquité, les projets bibliothécaires ayant pour ambition de rassembler tous les livres du monde dans un même endroit se sont toujours adossés à des politiques impériales, voire impérialistes. La bibliothèque universelle de l'Islam s'inscrit dans cette tradition de souveraineté qui a consisté à mettre en abîme les mystères du pouvoir et la fascination des livres.»
Les présents propos ne sont pas démentis par la réalité concrète, encore moins par le monde actuel où tous les pays possèdent une bibliothèque nationale. En cela, estime la même source, la mission politique s'accommode d'un engagement esthétique, lorsqu'elle ne l'appelle pas. Les souverains abbassides et ceux qui les ont imités ont non seulement voulu que leurs trésors abritent la plus grande masse possible de livres mais aussi les spécimens les plus rares par leur beauté ou leur qualité.
Chargé d'articuler la raison et la révélation, le catalogue de la bibliothèque musulmane confère-t-il une autonomie, même relative, face aux juridictions des princes?
L'avis de Houari Touati sur la question vaut son pesant d'or. Evoquant le Grand Catalogue que le libraire et bibliographe de Baghdad, al-Nadîm, établit à la fin du Xe siècle, il nous confie que ledit document ambitionne de mentionner tous les livres écrits ou traduits en arabe, quel qu'en soit le contenu: «Même les livres composés par des écrivains irréligieux ou agnostiques qui s'en prennent ouvertement aux dogmes de l'Islam sont indiqués. Le bibliographe les qualifie tout de même de 'livres maudits'' (kutub malûna), prenant ainsi distance à leur égard - du moins publiquement.» Il faut savoir qu'il n'a pas existé au Moyen âge musulman d''Index des livres prohibés'', comme celui établi par l'Eglise romaine à la fin du XVIe siècle et qui n'a été abandonné qu'en 1948.»

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