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"La repentance, une réponse à cette demande d'une histoire partagée"

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Quel sens cela a-t-il de demander pardon pour des actes commis par d'autres dans le passé? En quoi est-on responsable d'actes perpétrés par des ascendants? Si la réponse à un tel questionnement est cet avenir auquel aspirent ces zélateurs de la négation d'une des constantes irréfragables de la Révolution nationale algérienne, il y a de quoi épiloguer sur la soudaine légèreté de la société politique algérienne.

William Shakespeare avait raison de dire que la vie est un théâtre raconté par un groupe de sots. Je ne peux être que d'accord avec ce talentueux dramaturge, tant le ridicule n'a jamais tué dans un pays où quelques apprentis sorciers, sortis de je ne sais où, se mêlent assurément de ce qui ne les regarde point. A plus forte raison lorsqu'il s'agit de la mémoire de tout un peuple dont le sacrifice suprême ne saurait se suffire de torrents de larmes de crocodiles. Tournant le dos à l'argumentaire d'Olivier Le Cour Grandmaison qui soutient que la conquête de l'Algérie fut «un projet cohérent de génocide» et faisant leurs les tendancieuses élucubrations de Daniel Lefeuvre et le contenu de son livre «Pour en finir avec la repentance coloniale», certains esprits chagrins semblent être victimes d'une fâcheuse cécité politique. A plus forte raison lorsqu'ils invitent tout un peuple à regarder vers un avenir incertain alors que des voix s'élèvent de l'autre côté de la rive pour vouer aux gémonies Jules Ferry, Victor Hugo, Alexis de Tocqueville et tous ceux qui soutiennent encore que la colonisation fut un acte civilisationnel et un bienfait pour les pays anciennement colonisés. Victimes s'il en est du somptueux sourire de Marianne, quelques dignitaires du système donnent même l'impression d'être en adéquation avec la thèse qui consiste à dire quel sens cela a-t-il de demander pardon pour des actes commis par d'autres dans le passé? En quoi est-on responsable d'actes perpétrés par des ascendants? Si la réponse à un tel questionnement est cet avenir auquel aspirent ces zélateurs de la négation d'une des constantes irréfragables de la Révolution nationale algérienne, il y a de quoi épiloguer sur la soudaine légèreté de la société politique algérienne. Un microcosme qui, faute d'ancrage populaire et de base militante, semble se complaire dans des raccourcis particulièrement dangereux. Alors que l'anti-repentance est une grille de lecture qui a été conçue pour repenser et construire une vision globale de l'Histoire de France, en gommant toutes ses aspérités, en laissant dans l'ombre la complexité des événements, les rapports de pouvoirs, les luttes sociales qui les ont forgés. Cela permet de ramener l'identité nationale à une essence, alors même qu'elle est en construction permanente, juge Nicolas Offenstadt du collectif d'historiens créé au moment de la polémique sur la loi du 23 février 2005, pour qui «l'anti-repentance s'inscrit dans le prolongement du discours sur le rôle positif de la colonisation». A l'évidence, les revendications du peuple algérien et de courants importants de la société française procèdent d'une démarche dont l'objectif cardinal consiste plus à émousser l'impact des discours de Nicholas Sarkozy conçus pour pousser ses compatriotes dans une attitude de dénégation de pans entiers de l'histoire qu'à demander à la France de battre sa coulpe. Au moment même où le président François Hollande a le mérite de reconnaître, même si c'est sur le bout des lèvres, quelques génocides imposés au peuple algérien, il est des courants qui s'insurgent au nom de l'historiographie pour parler de déclinisme et culpabiliser une France qu'ils jugent incapable de s'imposer, par conséquent, dans le concert des nations. C'est du moins l'avis de l'historien Dimitri Casali: «Notre histoire coloniale doit être remise dans son contexte. Toutes les puissances coloniales européennes ont eu des colonies, et toutes les grandes civilisations ont connu des périodes expansionnistes. Il y a pourtant, et c'est le cas uniquement chez nous, une stratégie de culpabilisation qui m'amène à dire que la France est malade de son histoire et de sa culture.» Répondre à cette demande d'une histoire partagée où chacun puisse se reconnaître contribue à l'apaisement et non à l'affrontement souligne, à juste titre, la politologue Françoise Vergès. En temps de vaches maigres, le vernis universaliste et démocratique se craquelle et fond comme neige au soleil mettant à nu les traits hideux de la modernité. Sachez, messieurs les révisionnistes, que la montée du fascisme en Occident n'est nullement un accident de l'histoire. Le tiraillement entre universalisme et repli nationaliste trouve ses origines en France dans la pensée d'un Tocqueville et d'un Renan d'un côté et celle d'un Gobineau de l'autre, estiment d'autres sources qui font remarquer, à juste titre, que c'est toujours au moment ou à la veille d'un projet expansionniste que la grande bourgeoisie pousse la population vers le repli identitaire en la dressant contre un épouvantail choisi selon l'intérêt du moment. Vous oubliez peut-être très vite que pendant les années vingt et trente, les partis populistes n'auraient jamais pu s'emparer du pouvoir en Europe, sans le soutien de la grande bourgeoisie financière industrielle. Celle-là même qui a plongé l'Algérie dans la décennie noire et continue à faire fuir, grâce à ses relais compradores, les investisseurs potentiels...pour les besoins d'une ultime estocade...

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