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L'enfant terrorisé est là, présent dans l'adulte qui vit et se remémore

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«Ce sont justement ces revendications indépendantistes que la caste coloniale a essayé d'annihiler les 1er et 8 mai 1945 ne se doutant pas un seul instant qu'il était possible, à un certain stade de l'humiliation et de la négation, d'opposer la violence révolutionnaire à toutes les formes d'oppression. La violence du colonisé devient, dès lors, le dernier recours. Elle est, souligne Slimane Chikh, l'acte ultime enfanté par l'échec de toutes les tentatives pacifiques inscrites dans le cadre légal imposé par la puissance coloniale.»

Dans l'émission Nadi et-Taraqi que je produisais naguère pour le compte de Canal Algérie, j'ai consacré un numéro spécial à l'acte génocidaire commis par la caste coloniale, le 8 mai 1945, à Sétif, Kheratta et Guelma. C'était du reste pour la première fois que l'on qualifiât cet acte de génocidaire. Et c'était pour cette raison, peut-être, que ce numéro ne passât point. Avec Mohammed Korso, Kamel Bouguessa et Redouane Ainad Tabet nous y évoquions le génocide dont a été victime tout un peuple. Battant en brèche l'idée d'actes isolés, nous n'avions pas manqué de poser alors la question de la responsabilité en dernière analyse. Plus démonstratif Redouane Ained Tabet, auteur du 8 mai 1945 le génocide, soutiendra même: «Si le sous-préfet de Sétif, Butterlin, a pu réquisitionner l'armée, autoriser puis réprimer la manifestation de Sétif, si celui de Guelma, Achiary, a pu organiser à l'avance les milices de colons pour se livrer aux multiples exécutions sommaires, extrajudiciaires, individuelles et collectives, qui a pu ordonner à la marine nationale et à l'aviation de guerre de bombarder, pendant plusieurs jours, des dizaines de mechtas et de douars sinon le pouvoir politique central à Alger et à Paris?» Dans L'Algérie en armes, Slimane Chikh explique on ne peut mieux la genèse d'un tel déferlement de violence et de l'acte génocidaire lui-même: «Cette attitude farouchement agressive puise sa force et sa légitimité dans le sentiment de représenter et de faire triompher les idéaux de l'Europe et de la grandeur française. En effet, la minorité française d'Algérie, se sentant en position d'infériorité vis-à-vis de la métropole, trouve une compensation dans l'exaltation d'un nationalisme français d'autant plus ardent qu'il est, pour une bonne partie d'entre elle, le fruit d'une fraîche acquisition.» Slimane Chikh fait certainement allusion ici à une partie importante de la minorité française en Algérie formée d'immigrants d'origine espagnole, italienne et maltaise devenus français par la grâce de la loi du 26 juin 1889, une communauté qui aura fait l'objet d'une intéressante étude que son auteur, le politologue Bruno Etienne, a intitulée Les problèmes juridiques des minorités européennes au Maghreb. Comme le souligne si bien Nora P. dans Les Français d'Algérie, la patrie surévaluée des exilés français s'est fondue avec la patrie imaginaire des naturalisés: «Cette image est devenue très vite le lieu commun de l'Europe indésirée.» Elle affirme dès lors, estime l'ancien ministre de la Communication et de la Culture, sa supériorité sur la communauté «indigène» auprès de qui elle a le sentiment de remplir une mission civilisatrice: «Son patriotisme autoritaire vis-à-vis de l'indigène lui tient lieu de justice. Son voeu le plus ardent est d'obtenir sa reconnaissance et son attachement sans contrepartie. Pour elle, le colonisé idéal serait l'oncle Tom, fidèle et affectueusement dévoué. Mais elle sait que ce rêve est impossible et elle demeure constamment sur le qui-vive en montrant ses armes et au besoin en s'en servant.»
(A suivre)

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