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CUBA, CUBA, CUBA SI!

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«Evidemment, ils préfèrent se plonger dans l'histoire. L'imminence du quotidien contemporain effraie. C'est un fait, pendant très longtemps, les Noirs n'ont eu droit de cité sur l'écran qu'en incarnant des personnages de l'époque coloniale ou comme danseurs et chanteurs. Il était assez difficile d'occulter leur participation à la culture du peuple et le cinéma cubain s'est toujours servi de leur musique.» Odette CASAMAYOR

1re partie

C'est au Festival du cinéma africain de Milan que j'ai été amené à assister à un hommage des plus significatifs à la cinématographie cubaine, ou plus exactement, air du temps oblige, au côté le plus africain de son métissage. Pour Alessandra Speciale, l'une des plus attachantes directrices artistiques avec Annamaria Gallone de cette manifestation, l'initiative en question traduit, on ne peut mieux, le souci des organisateurs de poursuivre leur voyage à travers le cinéma de la diaspora africaine dans le monde, et en particulier dans le continent américain avec, cette fois-ci, la culture africaine dans le cinéma cubain. La même source n'est pas loin de penser que la société cubaine aurait fait preuve, à ce propos, de beaucoup d'amnésie. Au lieu de clamer son africanité, en effet, celle-ci mettrait en avant le concept d'une identité cubaine vue sous le seul angle d'un creuset d'éléments de diverses origines. Le riche programme arrêté par le comité d'organisation n'en a pas moins permis aux nombreux cinéphiles de découvrir ou de revoir, c'est selon, des oeuvres aussi marquantes que belles, dont certaines ont été signées par des cinéastes de renommée mondiale, comme Santiago Alvarez, Tomas Gutierrez Aléa, Sergio Giral ou Humberto Solas.
Traduisant dans les faits les préoccupations des promoteurs du festival en matière de ré-appropriation d'une spécificité africaine s'exprimant le plus souvent à travers la critique sociale, la musique et la danse, les films vidéos de Gloria Rolando, Rigoberto Lopez, Octavio Cortazar ou Giorgio de Finis n'ont pas manqué de susciter une très grande attention. Attention vite doublée d'un intérêt certain qui peut s'expliquer par le fait que les cinéastes de l'île de la Liberté n'ont abordé ce sujet qu'à travers la recréation cinématographique de l'esclavage.
Pour Odette Casamayor, cela ne pouvait être autrement: «Evidemment, ils préfèrent se plonger dans l'histoire. L'imminence du quotidien contemporain effraie. C'est un fait, pendant très longtemps, les Noirs n'ont eu droit de cité sur l'écran qu'en incarnant des personnages de l'époque coloniale ou comme danseurs et chanteurs. Il était assez difficile d'occulter leur participation à la culture du peuple et le cinéma cubain s'est toujours servi de leur musique.» William Tanifeani estime, pour sa part, que le mode de stigmatisation /négation du Cubain d'ascendance africaine s'est aussi traduit par son exclusion symbolique des référents constitutifs d'une nation en devenir: «Les personnages du négrito (archétype du théâtre bufo passé au cinéma) et de la mulata (désirée et/ou destinée aux amours malheureuses) assez courant dans le champ de représentation visuelle, ont longtemps servi à tenir à distance l'image valorisante des Noirs et à avaliser le primat du modèle normatif de l'idéal type blanc hérité de la plantation.»
Aussi, fait remarquer la même source, son évacuation comme figure historique - dans l'espace normé de la société cubaine de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle - ne cadrait que trop bien avec la prescription idéologique et les contingences politiques du moment. Hormis quelques allusions dans des films comme Siboney (1939) de Juan Orol, Cecilia Valdes (1949) de Jaime Sant Andrews, l'amnésie relative à la période esclavagiste fut de rigueur.
Ambrosio Fornet estime, pour sa part, que durant toute la période de la formation de la nation cubaine, l'esclave - à moins qu'il ne se fasse cimarron - était l'antihéros par excellence.

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