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CUBA, CUBA, CUBA SI!

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«On tenait pour évident que la figure emblématique de l'histoire de Cuba était celle du nambi des guerres d'indépendance et du combattant anti-impérialiste. Le paradoxe de cette invocation exclusive de figures emblématiques de combattants est qu'elle participait tacitement au tri d'une mémoire qui a scrupuleusement esquivé jusqu'alors les tourments de la période esclavagiste.» Ambrosio FORNET

2e partie

Il faudra attendre le milieu des années 1970 pour voir s'afficher - sous l'impulsion de Tomas Gutierrez Aléa et de Sergio Giral - une volonté de s'affranchir du silence et du tabou. Si le processus de la révolution de 1959 a relativement réhabilité l'examen dans l'espace public de certaines réalités niées pendant des années et libéré des forces et ressources qui se sont traduites dans certains travaux d'historiens et d'anthropologues notamment, le champ cinématographique restait curieusement à l'écart, fait remarquer William Tanifeani. Commentant cette même période, Ambrosio Fornet fera remarquer, non sans pertinence: «On tenait pour évident que la figure emblématique de l'histoire de Cuba était celle du nambi des guerres d'indépendance et du combattant anti-impérialiste. Le paradoxe de cette invocation exclusive de figures emblématiques de combattants est qu'elle participait tacitement au tri d'une mémoire qui a scrupuleusement esquivé jusqu'alors les tourments de la période esclavagiste.»
A l'évidence, le cinéma cubain mérite autre chose que des rejets dépités et des discussions sommaires. Après la victoire de Fidel Castro et ses camarades, fait remarquer Paulo Antonio Paranagua, la fiction, assez imprégnée d'ailleurs d'une dimension documentaire, était au diapason d'une vaste ébullition culturelle et idéologique, au centre d'une révolution qui cherchait alors une voie originale, au-delà des dogmes.
Plutôt que des héros positifs en marbre, tels que suggérés par certaines assertions soulignées ici même, les protagonistes des meilleurs films cubains exprimaient les contradictions et les doutes d'une telle recherche. L'exemple le plus abouti reste celui de Mémoires du sous-développement de Tomas Gutierrez Aléa (1968). Un film que de nombreux cinéphiles algériens connaissent fort bien grâce à sa diffusion par le Musée du cinéma et la Fédération algérienne des ciné-clubs durant les années 1970.
Film décapant, brillant, ont souligné de nombreux confrères, Mémoires du sous-développement est aussi novateur par son langage que courageux par son propos. Il représente le point fort d'une production filmique insérée dans une culture se donnant pour but le maintien d'une pensée critique et d'une réflexion autonome, au sein du processus révolutionnaire.
Pour Paulo Antonio Paranagua, le film s'adresse à l'intelligence (mais pas forcément aux seuls intellectuels) et à la sensibilité. Il suscite et compte même sur une participation du spectateur à la réflexion ébauchée par le film, sur une réaction active face à ces images et arguments: «Il est à la hauteur des grands moments du nouveau cinéma latino-américain.» Une autre réussite du cinéma de cette phase de la révolution cubaine prenait à bras-le-corps une question d'actualité, sans simplification ni idéalisation, souligne la même source: «L'émancipation des femmes est au coeur de Lucia, de Humberto Solas (1969). Ce film lyrique, grandiose et maîtrisé, est composé de trois épisodes, qui abordent chacun la participation de personnages féminins à la lutte révolutionnaire, durant différentes époques de l'histoire cubaine.»
Lucia est remarquable par sa manière de relier dialectiquement le passé et le présent. Humberto Solas, de l'avis même de nombreux critiques de cinéma, confère avec talent un ton et un style particuliers à chacun des épisodes, tout en dégageant d'une Lucia à l'autre la permanence de certains traits de la condition féminine.
(A suivre)

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