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Omar Racim, le Vieil Alger spirituel et musical et les faux dévots

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Loin d'être dérangé par la manière dont la langue était restituée par le grand maître Mohammed Sfindja, cheikh Abdou considéra que non seulement le chanteur se distinguait par la maîtrise de son instrument et le respect de l'architecture mélodique, mieux il interprétait une musique de loin supérieure à celle égyptienne, tant par son authenticité que par sa beauté.

2e partie

Continuant sur sa lancée, le frère de Mohammed Racim situe le grand chantre de la musique classique algéroise Mohammed Sfindja dans cette même lignée. Il est vrai que de par son métier et la voix qu'il avait, l'ancien disciple de cheikh Mohammed Mnemèche ne pouvait qu'être sollicité, y compris par les gens du culte qui étaient, à l'époque, autant poètes que mélomanes, et même musiciens pour certains d'entre eux. Egrenant ses précieux souvenirs, Omar Racim fait part d'un témoignage particulièrement édifiant sur l'attitude fort heureuse de certains savants de l'Islam, parmi lesquels il est aisé de citer cheikh Mohammed Abdou, recteur de l'université d'al-Azhar.
Cela se passait en septembre 1903, à l'occasion de la visite de cheikh Abdou à Alger. Une visite à l'invitation de l'administration française qui était pourtant aux antipodes de ce à quoi le commun des mortels pourrait être amené à penser. Le vénérable recteur était venu pour prendre une fetwa invitant les jeunes Algériens à rejoindre l'armée coloniale. Le refus catégorique de cheikh Abdelhalim Bensmaïa justifié par un argumentaire consistant à dire que les jeunes de ce pays n'avaient pas à aller mourir pour une caste qui les colonise et les dépersonnalise n'empêchera pas pour autant les notables du Vieil Alger à organiser, chez l'un d'eux, un concert de musique classique algéroise, en l'honneur de l'invité de marque égyptien. Pendant que cheikh Mohammed Sfindja interprétait un morceau d'anthologie dont il avait lui seul le secret, un convive, Mohammed Kamel Belkhodja, crut intelligent de présenter ses excuses à la personnalité égyptienne, le chantre algérois malmenant la langue arabe classique. Loin d'être dérangé par la manière dont la langue était restituée, cheikh Abdou considéra que non seulement le chanteur se distinguait par la maîtrise de son instrument et le respect de l'architecture mélodique, mieux il interprétait une musique de loin supérieure à celle égyptienne, tant par son authenticité que par sa beauté. Il convient de souligner ici que l'école soufie algéroise était des plus florissantes et renfermait des personnalités dont la renommée dépassait les frontières nationales. Du reste, la Tariqa Tidjania lui doit énormément puisque son fondateur avait été formé dans la ville de Sidi Abderrahmane Et-Thaâlibi.
Cette ouverture d'esprit et sur l'Autre contribua à faire voler en éclats les faux-fuyants et à faire de la musique instrumentale, pourtant diabolisée par les faux dévots, un auxiliaire de la vie spirituelle. C'était la mort dans l'âme que l'un des plus prestigieux ténors d'Alger se remémorait cette merveilleuse période, les quelques figures d'artistes, de poètes, de chanteurs et de musiciens qui faisaient la notoriété de la ville de Sidi Abderrahmane at-Thaâlibî. Invoquant les souvenirs de vieil Algérois pour mieux étayer son argumentaire, Mahieddine Bachetarzi citait, par exemple, la grave crise vécue au XVIIe siècle par la musique classique algérienne. Constatant que celle-ci perdait de plus en plus de chanteurs musulmans très au fait du répertoire et que la plus grande partie du patrimoine se trouvait désormais entre les mains des chanteurs israélites, de nombreux mélomanes algérois s'empressèrent de lancer un véritable cri d'alarme. Devant cette véritable menace qui planait sur une musique lui tenant le plus à coeur, le muphti hanafite de l'époque, rapportent les mêmes sources, convia tous les moudjaouidine (lecteurs du Coran) à une réunion. Ils étaient une centaine, possédant de puissantes et jolies voix, connaissant en général tous les modes de notre musique et n'avaient nullement besoin d'un instrument pour distinguer un aâraq d'un zidane, un moual d'un djarka ou un sika d'un raml-maïa tant ils bénéficiaient tous d'une étonnante et solide culture musicale. Pour mémoire, mon père, le chahid et imam cheikh Tahar Meziani, était un grand mélomane qui fréquentait assidument la société musicale El Mossilia d'Alger et comptait parmi ses amis Mahieddine Bachetarzi, les frères Fekhardji, Mahieddine Lakehal, Hadj Mahfoud, Larbi et Dahmane Benachour sans oublier les frères Omar et Mohammed Racim, nos voisins de la rue du Chameau (devenue celle des Frères Racim) qui a vu naître Omar, Mohammed, Malika, Saliha et H'nifa Racim (mère de feu Ali Khodja) ainsi que votre chroniqueur obligé.

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