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Mahieddine Bachetarzi, le Vieil Alger spirituel et musical et les faux dévots

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«La religion est la grande inspiratrice de leurs actes, de leur âme, de leurs qualités... C'est par elle, pour elle qu'ils sont bons, braves, attendris, fidèles, car ils semblent n'être rien par eux-mêmes, n'avoir aucune qualité qui ne leur soit inspirée ou commandée par leur foi. Nous ne découvrons guère la nature spontanée ou primitive de l'Arabe sans qu'elle ait été, pour ainsi dire, recréée par sa croyance, par le Coran, par l'enseignement de Mohammed (QSSSL). Jamais aucune autre religion ne s'est incarnée ainsi en des êtres.» Guy de Maupassant

Comme précédemment souligné, le rôle de la mosquée dans le sauvetage du patrimoine musical classique algérois a été déterminant en cette période du XVIIème siècle marquée, on s'en doute, par une grave crise sociale. Dans le but de trouver un moyen qui consolida la musique et lui assura une large diffusion, nous apprend la même source, le muphti suggéra à son assistance d'adapter le plus souvent possible les airs des noubas aux paroles des cantiques qu'ils psalmodiaient dans les mosquées. Prenant l'exemple d'un cantique qu'on récitait lors de la prière des «taraouih» durant les veillées du mois de Ramadhan, le muphti leur chanta Soubhan Allah wa bi hamdihi, Soubhan Allah El Aâdhim sur l'air de Khademli saâdi. Le Ramadhan suivant, cette initiative, fort appréciée par tous les fidèles et les mélomanes, était donnée en exemple aux autres mosquées et chacun des «moudjaouidine» s'ingéniait à adapter les airs de son choix. Devant le retentissant succès de cette louable et décisive option, l'idée fit son petit bonhomme de chemin et atteignit les mosquées de Blida, de Médéa et de Miliana. La même source rapporte que comme ils s'étaient déjà occupés des «quassidate» de l'Imam Ali, cheikh Al-Bossaïri, Abd El Hay El Halabi, Ibnou Murcia, Oum Hani El Bikri, Mohammed Salah Ibn El Khatib, Sidi Boumédiène ech-Chouaïb, Sidi Abderrahmane at-Thaâlibi et Chems Eddine Ibn Djabir dont la «quassida» Fi Koulli Fatihatine lil quaouli mouaâtabara fut une des premières à être chantée à la mosquée Sidi Abderrahmane at-Thaâlibî à l'occasion du Mawlid en-nabaoui, les «moudjaouidine» ne savaient plus quelle «quassida» adapter. A l'initiative des cheïkhs Sidi Ammar, Sidi Ben Ali, Menguellati, et de Mohamed Ben Chahed, tous muphtis d'Alger, ainsi que des cheïkhs El Mazouni, El Aroussi, Ben Merzoug et de bien d'autres, les «moudjaouidine», appelés par la suite «quessadine», allaient être en possession d'un inestimable répertoire de «mouloudiate» composées essentiellement par des poètes algériens, presque tous musicologues ou musiciens, et faire tâche d'huile au pays de Sidi Rached. Encore jeune, se plaisait à confier Mahieddine Bachetarzi, il eut souvent le plaisir, entre 1914 et 1924, d'assister au mausolée de Sidi Abderrahmane et-Thaâlibî et à Sidi M'hamed à la venue, à l'occasion de la célébration du Mawlid en-nabaoui, de «quessadine» de Constantine avec, à leur tête, cheïkh Abdelhamid Ben Badis, notamment en 1921 et en 1924. Des dates révélatrices du degré élevé de tolérance affiché par les hommes du culte de la ville de Sidi Rached régulièrement représentée à Alger par une chorale placée sous la direction artistique des cheikhs Mustapha Bachetarzi et Mahmoud. Il convient de signaler, à ce propos, que la mosquée algérienne avait de solides traditions en la matière. A Tlemcen et Constantine comme à Alger au temps du Grand Muphti Boukandoura pour lequel Mahieddine Bachetarzi avait une profonde reconnaissance: «Je lui dois quelque part toute ma carrière. C'était un érudit, un musicien de talent et un parfait interprète du chant sacré. Il dirigeait la chorale des «qessadine» où il réunissait les plus belles voix. La mienne lui avait semblé particulièrement digne d'être retenue. Il me confia à de remarquables professeurs parmi lesquels il est aisé de citer les cheikhs Mohammed Benkobtane et Benchaouch sans oublier Mohammed Lakehal.» Contrairement aux idées reçues, des preuves sont données ici sur le fait avéré qu'il n'y a donc point d'incompatibilité entre la pratique religieuse et la fascination exercée sur le commun des mortels par les,activités artistiques, en général et les arts lyriques, en particulier. En d'autres termes, le rôle joué par la mosquée algéroise tant malékite que hanéfite était loin d'être le fruit d'une quelconque hérésie. Il était, bien au contraire, le reflet lumineux d'une religion où la tolérance et le respect de l'Autre étaient loin d'être de vains mots. C'est Roger Garaudy qui soulignait qu'en Islam, tous les arts mènent à la mosquée, et la mosquée à la prière: «La mosquée, prière de pierre, centre de rayonnement de toutes les activités de la communauté musulmane, est le point de convergence de tous les arts.»

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