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La Casbah hait les indifférents

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«Je hais les indifférents. Je pense que vivre, c'est résister. Il ne peut y avoir seulement des hommes, des étrangers à la cité. Un homme ne peut vivre véritablement sans être un citoyen et sans résister. L'indifférence, c'est l'aboulie, le parasitisme et la lâcheté, non la vie. C'est pourquoi je hais les indifférents.» Antonio GRAMSCI

Elle est unique. Elle ne connaît pas sa pareille. Aucune autre cité n'a, à la fois, cette orientation, cette position, ce climat, cette précise architecture, souligne, émerveillé, André Ravereau. Pour Hassan Ibn Mohammed al-Wazzan, appelé plus communément Léon l'Africain, elle était grande et faisait dans les 4000 feux: «Ses murailles sont splendides et extrêmement fortes, alors qu'elle possède de belles maisons et des marchés bien ordonnés dans lesquels chaque profession a son emplacement particulier.» Et dire que certains esprits chagrins continuent à lier sa naissance au génie ottoman, alors qu'elle fut reconstruite par la dynastie des Zianides à la suite du tremblement de terre du 03 janvier 1365.
Lorsqu'à l'issue de la 15ème session du Comité du patrimoine mondial tenue sous l'égide de l'Unesco à Carthage, il a été décidé d'inscrire la Casbah d'Alger sur la liste du patrimoine universel, l'Algérie venait, on s'en doute, de remporter une éclatante victoire sur l'acculturation et l'indifférence des clercs. Ceux-là mêmes qui ont vite fait d'oublier qu'oeuvrer pour le sauvetage d'une cité plusieurs fois millénaire, c'est aussi s'impliquer irréversiblement pour la pérennité de Bab El Djied à Tlemcen, de Sidi El Houari à Oran, des médinas de Dellys, Cherchell, Mostaganem, Constantine, Béni-Izguen à Ghardaïa, des ksour de Timimoun sans oublier Médéa, Miliana, Béjaïa ou la place d'Armes de Annaba. Mais que de recul enregistré depuis cette date historique à l'instigation de la culture de l'oubli et de la haine de la citadinité! Le choix des mots est loin d'être fortuit tant le tissu de nos mémoires et celui de nos villes ont subi des mutilations atroces.
Que d'indifférence à l'égard d'un haut fait civilisationnel et culturel réduit à sa plus simple expression par la bêtise des uns et la barbarie des autres! C'est assurément sur la base de cette négation qu'immédiatement après la colonisation, soutient le sociologue Rachid Sidi Boumedine, on taille, on perce, on coupe sans souci, dans un tissu qui n'est devenu qu'obstacle physique à un projet de société qui s'impose et impose ses règles. Alors que les difficultés qui, jusqu'ici, se sont opposées à un démarrage réel de cette opération demeurent, et il ne faut ni les surestimer ni les mépriser souligne la même source, l'imbrication des statuts des habitants, la complexité des problèmes techniques demandent un traitement fin, mais ne posent aucun problème insurmontable.
En séparant artificiellement les différents aspects, tels que la «rentabilité» économique, le financement, les problèmes juridiques, le relogement d'une partie des habitants, la préservation ou la reconstitution des structures originales, on en arrive à les opposer en éléments antinomiques et contradictoires martèle la même source: «Pourtant, a-t-on jamais analysé notre politique sanitaire en termes de rentabilité?
A-t-on jamais reculé devant le défi du désert ou de la transsaharienne sous ce critère, ou bien, ou bien n'en avons-nous pas bien fini avec l'idée inconsciente que la Casbah est un îlot hors de notre temps, hors de notre espace, et que ceux qui l'habitent sont d'étranges étrangers?» Pour les organes spécialisés de l'Unesco «une fois la réhabilitation terminée - malgré les destructions dues à l'époque coloniale mais aussi à la mauvaise conservation de l'ancien tissu urbain - la Casbah apparaîtrait comme un extraordinaire exemple de ville historique maghrébine avec les particularités propres au site naturel et à l'Histoire de la ville.
La Casbah d'Alger conserve de très intéressantes habitations traditionnelles arabo-méditerranéennes où le mode de vie ancestral arabe et les habitudes musulmanes se sont harmonisés à d'autres traditions architecturales.»
(A suivre)

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