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La Casbah hait les indifférents

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«Nous avons la sensibilité pour percevoir les souffrances du monde, l'intelligence pour les analyser, et l'imagination pour inventer les solutions politiques qui devront y mettre fin.»

L'initiative de Houria Bouhired, en cette fin du mois de Ramadhan, aussi louable qu'elle soit, ne doit pas faire perdre de vue que les problèmes liés à l'assainissement relèvent plutôt, et surtout, de la compétence des collectivités locales. Le mouvement associatif dédié au sauvetage d'une médina se doit d'avoir d'autres ambitions. Même si, ce qu'appelle l'architecte et urbaniste Abdelhalim Faïdi, le secteur de la Casbah d'Alger a subi une très importante dégradation au cours des dernières années au point où des quartiers entiers sont devenus de véritables décharges d'ordures à ciel ouvert.
A un moment où, s'indigne la même source, des constructions anarchiques et de très mauvaise facture fleurissent en plein coeur de la cité, pourtant classée patrimoine de l'humanité et les maisons, se soutenant les unes aux autres, tombent les unes après les autres, bien plus rapidement qu'on ne légifère ou qu'on ne débatte. «Comment l'Espagne a-t-elle pu réhabiliter toute la ville de Tolède, centre historique de l'Espagne, en seulement dix ans, alors que nous n'arrivons même pas à restaurer dans le même temps la citadelle de Bab jdid?», renchérit indigné Abdelhalim Faïdi qui constate, dans le même ordre d'idées, que le bilan est loin d'être brillant: «On semble encore confondre l'instrument et l'objet. Les débats tournent le plus souvent autour de «techniques de restauration». C'est de requalification urbaine et de restructuration qu'il faut parler concernant la vieille ville. C'est un sujet stratégique complexe qui ne peut être réduit à la question de la restauration des bâtisses, qui n'est qu'une ingénierie de détail. Le secteur en charge des biens culturels fait une grossière erreur d'échelle. La Casbah a besoin d'une politique d'urbanisme.» Les interrogations, pertinentes à bien des égards d'un architecte très au fait de sa partition, donnent raison à Antonio Gramsci surtout lorsque le militant et théoricien italien fustige les indifférents: «Je hais les indifférents, je pense que vivre, c'est résister. Il ne peut y avoir seulement des hommes, des étrangers à la cité. Un homme ne peut vivre véritablement sans être un citoyen et sans résister.
L'indifférence, c'est l'aboulie, le parasitisme, et la lâcheté, non la vie. C'est pourquoi je hais les indifférents.» Et ces indifférents ne se recrutent pas seulement au niveau des appareils idéologiques d'Etat, les enfants de la Casbah en font partie malgré le fait que certains d'entre eux occupent - ou occupèrent - des postes stratégiques.
Pour les analystes de Gramsci, les choses arrivent dans la vie, non pas tant parce qu'on les souhaite, mais parce que trop de gens abdiquent leur volonté: ils laissent faire, sorte de fatalisme ancré en chacun, une sorte d'absentéisme de la vie. Et pourtant, ces choses n'arrivent pas uniquement inopinément; certaines surgissent comme de nulle part, il est vrai, mais certaines ont été longuement muries, pensées, dans le noir de la vie politique, à l'abri des regards, par des gens qui eux, ont des intérêts, et des pouvoirs, et de l'argent: «Certaines personnes voient tout cela venir - des intellectuels par exemple - mais ils ne font qu'imaginer des solutions, réfléchies et pensées certes, mais qui restent infécondes parce que non rattachées à la vie réelle. Des solutions qui ne s'ancrent pas dans le réel parce qu'elles sont le produit de curiosités intellectuelles'' auxquelles ne s'attache aucun sens des responsabilités historiques et civiques.»
Antonio Gramsci est toujours d'actualité. Surtout si l'on s'en tient à la dernière sortie de quelques architectes qui se proposent de transporter l'antique médina sur «une charrette d'or» pour la faire disparaître de notre imaginaire au profit d'une alternative qui leur ressemble. Ce n'est donc pas sans raison si l'ancien président de la Fondation Casbah, Ali Mebtouche, parle plutôt de corbillard dans lequel certains esprits chagrins souhaiteraient transporter un espace emblématique qui joua, pourtant, un rôle de premier plan dans le jaillissement du Mouvement national. Après le sigle FLN, une strophe significative de Qassaman, c'est la Casbah, lieu de mémoire, que certains relais veulent voir disparaître... (A suivre)

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