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La Casbah hait les indifférents

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«Une énorme crise spirituelle a été provoquée, des besoins inouïs sont apparus. Il est urgent de faire de l'ordre en nous-mêmes. Les occasions d'échanger nos points de vue sont innombrables, profitons-en. Ils représentent des sollicitations, des occasions de penser, pour creuser en moi, pour retrouver en moi les raisons profondes de mon être, de ma participation à la vie du monde.» Antonio GRAMSCI

La réflexion du penseur italien se décline comme une démarche à emprunter à l'effet de rapprocher tous les avis autour d'un débat fondateur. Si Ali Mebtouche voit à travers le projet de société proposé par les architectes de la «charrette d'or» une sorte de félonie, un corbillard. Ce n'est pas sans raison puisque toutes les prescriptions édictées au chevet de la Casbah agonisante n'ont jamais connu un début de concrétisation, dominées qu'elles ont toujours été par l'égocentrisme et une vision bureaucratique. A ceux qui veulent aller vite en besogne au mépris parfois de l'impératif humain, d'un passé témoin de notre rayonnement, je conseille vivement de découvrir ou de redécouvrir, c'est selon, la somptueuse évocation de Mostefa Lacheraf sur la médina d'Alger des années vingt à travers sa vie traditionnelle, une esthétique, une façon d'être, sinon de penser: «Dans ce double domaine, et strictement là, Alger était alors, par maints aspects, et en dehors de la ville européenne, ce qu'il avait été, à peu près, un siècle auparavant. L'architecture, le mobilier, la décoration des maisons, les parures, le costume féminin et parfois celui des hommes âgés et des enfants, la table, les réjouissances, la musique et les mille petits riens de l'organisation domestique, l'atmosphère générale de certains marchés de la Casbah et le style même de certains métiers et professions: «Une civilisation entière cantonnée sur les hauts de la cité et notamment dans les cours intérieures, les patios, les ruelles, résistait comme un dernier carré sur le champ de bataille de la défaite.» Tournant le dos aux esprits chagrins, le commun des mortels ne peut être que d'accord avec l'auteur Des Noms et des lieux surtout lorsqu'il souligne que la mise en cage de la société globale algéroise ne laissait apparaître aucun signe de décadence sordide, tellement le décor, le cadre artistique, les habitudes, les soins accordés à la vie matérielle de tous les jours, aux arts mineurs, au travail et aux loisirs, constituaient une somme homogène de faits culturels à peine anachronique et non sans charme ni vigueur. A ce qui vient d'être décrit par Mostefa Lacheraf, Ali Mebtouche renchérit avec de merveilleux fragments poétiques dédiés par Momo, l'enfant terrible de la Casbah, à l'une des plus belles cités du monde:
«Mienne Casbah:
Dis-moi pourquoi ton coeur palpite la vie avec ce que je respire,
Et pourquoi dans ton éblouissant regard je sens le mien s'attendrir?
Dis-moi pourquoi ma peau s'habille avec le souffle qui passe sur tes terrasses, et pourquoi ce souffle lèche les lambeaux de la vérité accrochée à tes pans?
(...)
T'a-t-on dit Mienne Casbah, que le centre de la vie, c'est là où le coeur surnage?
T'a-t-on dit que l'île verte c'est toi?
T'a-t-on dit que la montagne à la crête neigeuse c'est aussi toi?
T'a-t-on dit que le trésor permanent est un rubis caché dans le coeur de celui qui croit?
Celui qui croit, Mienne Casbah, ne voit que par toi!»
En s'en prenant à la vision techniciste des architectes de la «charrette d'or», Ali Mebtouche, l'actuel président d'honneur de la Fondation Casbah, interpelle les enfants diplômés de ce pays, à avoir plus d'égard pour leur patrimoine, à faire preuve de dignité salvatrice. Et il n'a pas tort. Tout système doit, avant tout, satisfaire à notre besoin de nous redécouvrir et de nous reconstruire nous-mêmes sur l'arrière-fond que constitue l'acquis culturel de l'humanité. Cette totalisation n'exclut pas une vision plurielle. Loin s'en faut! Elle postule, bien au contraire, la mobilisation de tous les Algériens autour d'actions concrètes au service exclusif du sauvetage et de la restauration du patrimoine national, et une coopération de toutes les identités culturelles du monde. L'ire des uns et les griefs des autres prennent leur véritable sens ici en ce qu'ils manifestent de la part d'une culture particulière l'une de ses légitimes persévérances sur quoi peuvent se bâtir des solidarités de l'avenir.

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