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Sur les traces d'une Apache et d'un tramway nommé désir

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Un été en Louisiane n'irait pas pour me déplaire. Je garde de merveilleux souvenirs de mon séjour à La Nouvelle-Orléans en 1996, date à laquelle j'ai été sur les traces de Louis Armstrong en empruntant le plus normalement du monde Un tramway nommé désir tel qu'esquissé par Tennessee Williams, adapté à l'écran par Elia Kazan et magistralement porté par Vivien Leigh et Marlon Brando. C'est d'ailleurs non loin de ce berceau du jazz, de l'autre côté de la rive du majestueux Mississipi que je fus agréablement surpris de découvrir une ville portant le nom d'Alger, je veux parler d'Algiers-point qui fut fondée par un capitaine espagnol défait en 1541 par les Algérois... Un véritable coup de foudre, croyez-moi mes amis, le même que j'ai eu, le 4 juillet 1996, dans l'Etat de l'Iowa au moment où je foulai, pour la première fois, le sol d'El-Kader. La ville qui porte, depuis 1846, le nom du grand résistant algérien et où j'ai fait une rencontre pour la vie, avec un peuple qui n'a rien à voir avec ce que donnent à voir de lui sa représentation par l'image et les visées hégémoniques du complexe militaro-industriel américain dont les méfaits en Afghanistan, en Irak, en Syrie et en Libye sont toujours commis au nom de la pax americana. Que voulez-vous mes amis? Il est des moments où rien ne va plus. A plus forte raison pour un mari idéal pris en chasse, c'est le cas de le dire, par une jeune Apache, portant curieusement autant qu'élégamment des talons aiguilles sortis tout droit d'un film de l'Espagnol Pedro Almodovar. Je l'ai rencontrée à San Francisco où elle donnait, tenez-vous bien, des cours de français à une belle créature blonde qu'elle me présenta d'ailleurs, sans sourciller et sans une once de jalousie. Mais le somptueux regard ténébreux et la longue et abondante chevelure glissant sur une peau satinée - le Bon Dieu devait être bien inspiré - lui conféraient une attitude zen et une confiance en elle des plus déroutantes. Dans une ville, San Francisco, où le relief me rappelait manifestement Alger la Blanche, je ne pouvais échapper à son intérêt sans partage. Lorsque nous nous quittâmes à l'issue de mon séjour aux Etats-Unis, ce fut vraiment difficile, et pour les deux. Elle m'avait même promis de me faire une surprise un jour, celle de débarquer inopinément à la rédaction du quotidien El Watan où j'exerçais à l'époque. Mais en vain...Jusqu'à ce lundi, soit dix-neuf ans après, date à laquelle elle décida de prendre attache avec moi pour me demander de médiatiser le sort que la haute finance se proposait de réserver à son peuple. Le gouvernement américain s'apprête à laisser une compagnie minière anglo-australienne saccager un splendide site naturel sacré pour le peuple apache et ce depuis des siècles. L'inexorable horloge du destin ne semblait pas avoir de prise sur Eva (qui fut aussi le prénom de la fille de Geronimo) tant elle était restée étonnamment belle et intrépide à l'image des Indiens de notre enfance. Des Apaches plus précisément dont le sort reste toujours livré à la félonie des «BufalloBush», du pouvoir de l'argent, surtout depuis la disparition de l'emblématique guerrier. L'importance culturelle et la beauté du lieu lui ont assuré, martèle-t-elle fougueuse et déterminée, le statut de site protégé depuis soixante ans. Les tentatives répétées d'ouvrir le terrain à l'exploitation minière ont toujours échoué face au Congrès. Il aura fallu la complicité de deux sénateurs de l'Arizona - dont les liens financiers avec des entreprises minières sont avérés - pour surmonter l'obstacle du Congrès grâce à l'inclusion de leur texte dans une loi, tenez-vous bien, de défense nationale...Mais c'était compter sans la mobilisation et la détermination du peuple apache soutenu, en la circonstance, par un puissant mouvement de solidarité international. De l'avis d'Eva, cela commence à porter ses fruits et le Congrès américain envisage même de s'opposer au scandaleux projet.
Les chefs apaches vont rencontrer les législateurs: «Si nous sommes suffisamment nombreux à rejoindre leur appel courageux, me confie-t-elle, nos voix cumulées leur donneront la force de sauver l'héritage, et enverront un message aux gouvernements du monde: les terres et cultures indigènes ne sont pas à vendre.»
Comme la terre algérienne, renchérira-t-elle, puisque l'autre objet de son appel était lié à ce qui était arrivé à Aïn Defla, à la main étrangère et aux dangers qui guettent mon pays de toujours. Alors que certains «esprits magnétophones» continuent à courber l'échine et à stigmatiser toute référence aux manoeuvres étrangères. La duplicité de l'impérialisme est de notoriété publique, me confie-t-elle: «En 2010, le nom Geronimo'' a été pris comme nom de code par les États-Unis pour désigner Oussama Ben Laden. L'annonce a été faite juste après l'opération militaire héliportée qui a entraîné sa mort à Abbottabad, au Pakistan, le 2 mai 2011. Le message Geronimo-EKIA, contraction de Geronimo, Enemy Killed in Action («Geronimo, ennemi tué au combat») a servi au commando des Navy Seals pour aviser la Maison-Blanche du succès de l'opération.» Ce nom d'emprunt a suscité, on s'en doute, la colère des communautés indiennes. La passion d'Eva ne s'est pas effilochée. Loin s'en faut! En cela, elle ne ressemble nullement à son homonyme mis en scène par Joseph Losey. Une Française qui a décidé d'être le prototype de la courtisane moderne, une séductrice qui s'interdit d'aimer et ne veut pas qu'on l'aime...

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