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Ya Didou!!!

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Mohammed Zinet n'aura pas eu raison des zélateurs de la culture de l'exclusion et de l'oubli qui a valu à des auteurs de la trempe de Kateb Yacine ou Mouloud Mammeri d'être des «étrangers» en leur propre pays. Une attitude momificatrice qui n'aura pas épargné leur grand contemporain Mohamed Dib.


(1re partie)
Une opération de restauration et de préservation de La Nuit a peur du soleil de Mustapha Badie et de Tahya Ya Didou de Mohammed Zinet est en cours sur la base d'un partenariat entre le ministère de la Culture et l'Union européenne. Un événement, convient-il de souligner, qui honore ses initiateurs. A plus forte raison lorsque le pays, semble-t-il, ne disposerait plus des négatifs. Je vois d'ici la joie de Merzak Allouache, alias Omar Gatlato qui, il n'y a pas si longtemps, déplorait non sans amertume le sort réservé à l'unique long métrage de Mohammed Zinet: «Il est urgent et impératif de retrouver le négatif et le restaurer. Faire exister une copie neuve de Tahia Ya Didou sera le meilleur hommage qu'on puisse rendre au cinéaste.»
Une des personnalités parmi les plus marquantes et attachantes du cinéma et du théâtre algériens, décédé à Paris comme assassiné par l'indifférence des commis de l'idéologie dominante, Mohammed Zinet me commentait avec un sourire ironique, et bon enfant, la façon dont la télévision algérienne voulait, en terre française et au sortir de l'hôpital où il était venu se réfugier de l'ingratitude, s'accaparer les moindres secondes de sa convalescence et de sa vie privée. Le temps d'une émission... Les promoteurs de cette initiative, louable à bien des égards, ne pouvaient comprendre la finesse de cet irascible citadin, enfant de la Casbah de surcroît, prématurément ravi à son peuple et aux siens par cette nouvelle forme de terrorisme qu'est l'indifférence des clercs. Aigri, Mohammed Zinet l'était certainement un peu dans son exil parisien avec pour seule patrie, cependant, la disponibilité et le profond respect de sa femme et de son unique héritier. Surpris, Mohammed Zinet l'était indiscutablement. Mais comment ne pas l'être dans le cas de cet ancien officier de l'ALN qui aura consacré l'essentiel de sa vie à briser les chaînes de la négation et à libérer l'âme d'un peuple frondeur à souhait. Il y a encore un mois, ce cinéaste émérite était virtuellement effacé de la mémoire collective par le simple fait de la bêtise humaine, par l'incompétence de quelques clercs qui, sévissant le plus souvent au niveau de certains médias, l'avaient donné comme mort et ce, bien avant l'annonce de la nouvelle fatidique...
Bien avant moi, Marcel Jouhandeau, auteur français de romans et de récits autobiographiques dans lesquels l'allégorie mystique alterne avec la description minutieuse de la vie quotidienne, soutenait que la mémoire est un beau palais où l'on n'entre pas facilement. Pourtant, malgré plus d'une décennie passée à lutter contre la mort et autant d'années caractérisées par la négation et l'ingratitude, la mise à mort de Mohammed Zinet n'aura pas eu raison des zélateurs de la culture de l'exclusion et de l'oubli qui a valu à des auteurs de la trempe de Kateb Yacine ou Mouloud Mammeri d'être des «étrangers» en leur propre pays. Une attitude momificatrice qui n'aura pas épargné leur grand contemporain Mohamed Dib. Un écrivain qui, pour ainsi dire, les mots à la main, avait combattu pour la patrie, en fut quitte, l'indépendance retrouvée, pour l'amère désillusion de celui qui dut se résoudre à partir. Avec mon ami Djamel-Eddine Merdaci, je peux témoigner que jamais l'on n'entendit Dib et Zinet tenir à l'endroit de leur pays des propos désobligeants: ils tinrent dans la plus grande indifférence les princes qui nous gouvernèrent, eux que leur histoire personnelle, et l'histoire a fortiori, plaçaient en droit d'exercer un devoir critique. Curieuse destinée que celle de Mohammed Zinet, cet enfant chéri de la Casbah d'Alger, qui est rappelé par la volonté divine à un moment où le monde entier, à l'exception de notre pays, célèbre avec autant de faste que de fierté le centenaire de la naissance du cinématographe. A un moment surtout où le cinéma algérien se meurt et où l'on reproduit, non sans vergogne, le triomphalisme démagogique et les raisons à l'origine pourtant de la déliquescence de la société algérienne.
(A suivre)

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