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Ya Didou!!!

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«Il était cela, Zinet, un immense sacrifice; il était sa propre crémation. Aujourd'hui, le CCA voudrait lui rendre hommage, mais là il ignore à qui? Au martyr de la générosité, au fou illuminé ou bien à cet homme splendide, mort pour avoir eu du talent dans un monde qui en était dépourvu?» Yasmina Khadra


(2e partie et fin)
Aujourd'hui, unanime, la presse nationale lui rend un vibrant hommage et les Algériens, sortis comme par enchantement de leur amnésie programmée, se rappellent. Tout cela à cause d'un film - ou plutôt grâce à un film - un seul, intitulé Tahia Ya Didou/Alger insolite. Une oeuvre pleine de vie, incomparable et enthousiasmante, accessible et dérangeante, une oeuvre d'une «anormalité» sublime, un film qui révolutionnera, en son temps, la représentation de la société algérienne par le cinéma.
A regarder une telle profusion de formes et de situations, vertigineuses par leur inventivité, il n'est point superflu de se poser la question de savoir comment Alger a-t-elle rendu Zinet possible? La réponse, Tahia Ya Didou la donne car ce film montre non seulement ce qui, à Alger, produit Zinet et permet son cinéma si fantastique, mais également, par une boucle savoureuse, comment Mohammed Zinet devient le créateur visionnaire de la capitale en crise. Aussi loin que l'on puisse remonter, cette façon flegmatique et ironique de traverser la ville, la vie, semble être le trait de caractère le plus immédiat de ce cinéaste.
Ses amis de la Cinémathèque algérienne et de la Fédération algérienne des ciné-clubs se souviennent, en effet, de l'extraordinaire nonchalance dont il faisait preuve, vis-à-vis de tout et notamment du cinéma, une forme de paresse que seuls les gens très intelligents et sensibles peuvent se permettre. Et si Tahia Ya Didou n'était qu'une succession de fondus enchaînés, Alger un port où les bateaux jettent l'ancre pour ne plus repartir? Et si ce film n'était qu'un rêve, l'idée d'une passion qui, comme se plaît à le souligner Tahar Benjelloun, aurait pour vertu de perpétuer l'énigme et de donner matière aux conteurs? Et si comme à Tanger, on serait libre d'inventer des histoires et de les attribuer à Alger, à une ´´citadinité´´ de plus en plus momifiée, une cité qui échappe à la main et au regard? Mohammed Zinet n'est plus physiquement parmi nous pour nous éclairer davantage sur les motivations profondes qui ont transformé un film de commande, de prestige, en une oeuvre lucide, dynamique, humaniste, en liaison étroite avec la réalité, la résurrection et la pérennité d'une ville plusieurs fois millénaire qui, longtemps squattée par un pouvoir hybride, a été vite transformée en un terreau de la barbarie et de la négation de l'Autre.
Quant à cet humour aussi ravageur qu'incessant, magistralement porté par Tahia Ya Didou, nul ne sait vraiment d'où il vient. Pourtant, il constitue, en grande partie, ce qui fait l'originalité et le charme de Mohammed Zinet. Et l'on se retrouve presque toujours à douter quelques secondes de la vraisemblance des situations décrites, tant il osait aller loin dans l'excès humoristique.
Ce n'est pas sans raison donc si Boudjemaâ Karèche, l'ancien directeur de la Cinémathèque algérienne, vous confie: «Depuis 45 ans, nous regardons Alger avec les yeux de Zinet. Et de Momo aussi déclamant son ode solaire: «Si j'avais à choisir parmi les étoiles pour te comparer, Mienne Casbah, le soleil lui-même ne saurait éclipser le Verbe que tu caches.
Aucun lieu sacré ni aucune capitale ne saurait réunir ce que, chaque matin, le lever du jour t'offre comme guirlande». Yasmina Khadra, alors directeur du Centre culturel algérien à Paris, exprimera de fort belle manière une immense gratitude à ce rêveur et dénonce les fossoyeurs de la culture nationale qui auront freiné et réduit au silence tant de souffle et tant de talent: «Il était cela, Zinet, un immense sacrifice; il était sa propre crémation. Aujourd'hui, le CCA voudrait lui rendre hommage, mais là il ignore à qui? Au martyr de la générosité, au fou illuminé ou bien à cet homme splendide, mort pour avoir eu du talent dans un monde qui en était dépourvu?».

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