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La passion selon Isabelle Eberhardt (1ere Partie)

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«J'ai ressenti à Sidi-Abderrahmane, à l'ombre antique de cette mosquée sainte de l'Islam, des émotions ineffables au son de la voix haute et forte de l'imam psalmodiant ces vieilles paroles de la foi musulmane en cette belle langue arabe...» Isabelle EBERHARDT

Mon téléphone se mit à vibrer aux environs de quatre heures du matin comme pour rappeler à mon bon souvenir la prière d'El Fedjr, particulièrement difficile à honorer par l'insomniaque que je suis. Je l'avoue. Sinon qui pouvait m'appeler à cette heure indue? Vous comprendriez aisément, qu'en pareil cas, toutes les supputations traversent à vive allure votre esprit, à commencer par une très mauvaise nouvelle... «Que t'arrive-t-il Abdelhakim? Qu'as-tu fait malheureux? Pourquoi m'avoir torturé toute une nuit?» Telles sont les premières paroles à peine intelligibles que j'aie pu recevoir, arraché brutalement que je fus à un sommeil du reste difficilement négocié. «Pourquoi Isabelle Eberhardt maintenant, en ce moment précis où des musulmans s'aplatissent pour arracher la bénédiction des forces contraires alors qu'à peine convertie à l'Islam, elle avait tourné le dos à l'Occident pour fusionner avec un peuple dominé et meurtri?» Comme je ne le suivais pas, groggy que j'étais, il m'apprit qu'il venait de voir, en fin de soirée,
l'émission consacrée à cette merveilleuse créature sur la chaîne D'zaïr TV. Une rediffusion d'Escales méditerranéennes en quelque sorte dont je n'étais même pas au courant. Ma mère, une fan inconditionnelle de mon émission, risque de me le faire payer cher. Surtout qu'elle avait grandement apprécié le numéro consacré, par le producteur et animateur que je suis, à la magnifique chevauchée, de Genève à Alger et de la ville de sidi Abderrahmane à El Oued, de cette femme qui n'avait pas manqué, en son temps, de défrayer la chronique. Un vibrant hommage à une grande dame d'origine européenne dont la passion pour l'Islam et le peuple algérien était des plus insondables. Ce témoignage de considération à Isabelle Eberhardt devenait inéluctable dès lors que deux femmes, Mmes Muriel Berset-Kohen, ambassadrice de Suisse en Algérie et Zaphira Yacef, présidente de la fondation du même nom, en avaient décidé ainsi. Et la lumière fut grâce à un ensemble de détails sur la vie, mais aussi sur l'oeuvre de cette femme d'exception qui a toujours préféré l'authenticité au faste, l'amour de Dieu à celui des choses. La fascination qu'exerceront sur elle l'Islam et l'Algérie allait lui permettre de devenir très vite un témoin imparable de la réalité algérienne. Ses écrits, irrigués par la dure réalité imposée par la caste coloniale à tout un peuple dont elle épousa très vite souffrances, luttes et aspirations, interviennent en complète rupture avec l'orientalisme de l'époque. Ce fut pour moi l'occasion rêvée, fidèle en cela à Jallal Ud Dîne Rumî, de parler de l'illumination soudaine qui lui permit de rejoindre la confrérie des Kadriyas dont l'univers mystique laissait voir que la foi islamique permettait au désir de subsister dans l'infini, comme l'Amour. Ma référence au soufisme est loin d'être fortuite. Si les compagnons de hasard d'Isabelle Eberhardt devinèrent que sous la capuche blanche du grand burnous se dissimulait une jeune femme, il est certain qu'ils ne le laissèrent point voir. C'est sa volonté de cheminer dans la voie de l'Islam soufi qui avait retenu en premier lieu leur attention, bien plus que son travestissement ou ses assuétudes, soulignera un des invités de l'émission. Nous sommes bien loin des sentences rédhibitoires du critique littéraire Roger Caillois soutenant que «le goût du déguisement, c'est le besoin d'échapper à soi-même et de devenir un autre, de se faire passer pour un autre, de se croire un autre... tout en n'y croyant d'ailleurs pas.» Au moment où je fixais le regard de SE l'ambassadrice de Suisse pour l'inviter à prendre la parole, une voix s'éleva dans la salle Jénina de l'hôtel El Djazaïr comme pour me signifier: «Rappelle-toi Abdelhakim. Tous les matins, à l'heure où le soleil se levait, je venais m'asseoir sous le porche de la zaouïa Sidi-Abderrahmane, à Alger, au coeur de ta merveilleuse Casbah. J'ai ressenti là, à l'ombre antique de cette mosquée sainte de l'Islam, des émotions ineffables au son de la voix haute et forte de l'imam psalmodiant ces vieilles paroles de la foi musulmane en cette belle langue arabe, sonore et virile, musicale et puissante comme le vent du désert où elle est née...» Pris au dépourvu, je l'avoue franchement, et rattrapé par l'histoire que je suis...Je ne m'attendais nullement à cette soudaine intrusion, à ce qu'elle étale au grand jour notre somptueuse relation immortalisée par un amour fusionnel que seuls les adeptes de l'illumination soudaine sont en mesure de comprendre...Fidèles en cela à Jallal Ud Dîne Rumî déclamant: «La femme est ce sentier lumineux qui guide nos pas vers le Paradis...» (A Suivre)

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