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La passion selon Isabelle Eberhardt (2e partie et fin)

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«Tout d'abord El-Oued me fut une révélation de beauté visuelle et de mystère profond, la prise de possession de mon être errant et inquiet, par un aspect de la terre que je n'avais pas soupçonné.» Isabelle EBERHARDT

De quoi donner la chair de poule à votre chroniqueur quelque peu déstabilisé par cette voix mystérieuse qui, tout en donnant l'impression de sortir de la bouche même de la diplomate helvétique, n'en restait pas moins un son qui venait de l'au-delà...Un son tellement familier que je fus pris d'un malaise qu'un bon montage de l'émission aura vite transformé en ellipse. Pourtant, le secret était bien gardé. J'avais pris toutes les précautions imaginables pour que le souvenir de son séjour algérois ne soit consigné nulle part. J'aurai tout fait, manipulé les gens pour qu'ils ne se souviennent que de son passage à El Oued, de ses idylle et mariage avec le spahi originaire de cette région...Je ne voulais pas qu'à travers ce témoignage aussi émouvant, étonnant qu'inattendu, elle retrace notre cheminement, avoue entrelacs et doutes, rende compte des résultats éclatants et de la puissance de notre amour...La voix était chaude et envoûtante, cristalline serai-je tenté de renchérir: «Je ne suis qu'une originale, une rêveuse qui veut vivre loin du monde, vivre de la vie libre et nomade, pour essayer ensuite de dire ce qu'elle a vu et peut-être communiquer à quelques-uns le frisson mélancolique et charmé qu'elle ressent en face des splendeurs tristes du Sahara.» Dans cette région troublée du Sahara algérien, où des tribus résistent encore à l'avancée coloniale, au début du XXe siècle. L'auteur emmène son lecteur des deux côtés d'une frontière indécise avec le Maroc, dans les camps bédouins, dans les cafés maures fréquentés par les légionnaires... et lui dévoile, de l'intérieur, la vie d'une petite cité théocratique. «Mais, s'exclamera une des invités suisses de l'émission présente sur le plateau, ça ne peut être qu'Isabelle! Ce que nous venons d'entendre, me rappelle le contenu de son dernier texte retrouvé après plusieurs jours de fouille dans la boue de l'inondation d'Aïn Sefra où l'auteure a péri le 21 octobre 1904. Je me rappelle très bien cet énoncé que j'ai découvert un siècle après.» Lire Isabelle Eberhardt un siècle après sa mort, c'est se retrouver en phase avec l'actualité de la confrontation «Orient-Occident». Parmi les hommes et les femmes de lettres qui ont contribué à ces échanges entre nations et religions que tout oppose et qui ont travaillé à leur rapprochement et leur réconciliation, souligne Leïla-Louise Hadouche-Dris, il y a cette auteure hors du commun: «Femme d'une seule vision, cette jeune écrivaine qui a pris l'Algérie pour terre d'adoption n'a cessé de décrier les excès de la colonisation et de l'indifférence de la Métropole, tout en travaillant sous une forme directe à l'Union de l'Orient et de l'Occident, des musulmans et des chrétiens, de la société du nord de l'Afrique avec la civilisation française.» Cette façon de procéder, incomprise à souhait, n'avait pas manqué d'envelopper Isabelle dans quelques zones d'ombre qui amenèrent certains milieux à jeter le doute quant à la rigidité de sa position face au colonialisme et à la cataloguer d'espionne à la solde du général Lyautey, cet apôtre d'une colonisation où la dimension humaine serait préservée. A ce moment précis du débat et à l'instant même où je m'apprêtais à redonner la parole à Mme Muriel Berset-Kohen, l'énigmatique voix retentit plus nette que jamais pour m'inviter à rétablir certaines vérités: «Ces gens-là se trompent. Le contexte de l'époque en appelait-il à une rupture radicale? Les données de l'analyse, tu les as Abdelhakim. J'adore ta façon de sérier les problématiques et de situer les enjeux. Et puis, je sais que tu as eu entre les mains quelques-uns de mes écrits d'importance en relation avec la question.» Elle n'a pas tort Isabelle. J'ai parcouru des yeux des écrits qu'elle a dédiés à l'Algérie. J'ai intérêt à me les remémorer pour reprendre la direction des opérations, malmené que je suis par cette situation et par son regard furtif et pudique que je ressentais pleinement et curieusement, depuis l'entame de l'émission...De nombreux passages des Journaliers et certaines nouvelles expriment, en effet, un désengagement tranché vis-à-vis de la politique coloniale et de ses effets néfastes sur les populations locales. Ce qui ne l'empêche pas pour autant, en désespoir de cause certainement, de pencher un tant soit peu en faveur d'une colonisation profitable aux Algériens. Pourquoi voudrait-on lui en faire le reproche alors que jusqu'aux années quarante, les partis réformistes aspiraient à accéder au seul stade de l'assimilation? L'attachement viscéral d'Isabelle Eberhardt à l'Algérie et son engagement en faveur des populations locales, souligne l'universitaire Leïla-Louise Haddouche-Dris, vont transformer sa vie et nourrir son écriture. Ecrite entre 1899 et 1900, Yasmina est sans doute l'un de ses textes, pour ne pas dire le seul qui exprime parfaitement la conception eberhardtienne sur la coexistence des Français et des Algériens, des musulmans et des chrétiens. Ironie de l'histoire: c'est à cette époque que l'auteure fait la rencontre de Slimène Ehnni, ce jeune spahi qu'elle épousera...

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