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Aux antipodes des raccourcis empruntés

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D'une part, les Ouléma appelant au retour aux sources de l'Islam purifié des preux ancêtres, de l'autre, les adeptes du soufisme reprochant à leur réformisme un Islam qui regarde du côté de l'Orient...

La réappropriation de pans importants de la mémoire collective continue de susciter un intérêt certain au sein de la société algérienne. La preuve en est donnée à travers le territoire national où le mouvement associatif brille par sa constance et sa détermination à se réapproprier des pans importants de son identité historique nationale. Pas plus tard qu'hier, j'ai été interpellé par le petit-fils de cheikh El-Okbi sur la chronique consacrée à Messali Hadj. Ce fut l'occasion pour nous de parler des contextes dans lesquels se fondent toutes les prises de position et évolutions militantes. Il a été question aussi d'un espace nous tenant à coeur tous les deux, unilatéralement squatté par l'actuelle association des Ouléma, je veux parler de Nadi Et-Taraqi ou le Cercle du progrès fondé en mars 1927 par la bourgeoisie citadine algéroise et non, comme malhonnêtement rapporté par quelques historiens, par l'association chère à cheikh Abdelhamid Ben Badis dont la création, au siège de ce cercle, interviendra quelques années plus tard, en juillet 1931 à la Basse-Casbah plus précisément. D'ailleurs, c'est le descendant de cheikh El Okbi qui rappellera à mon bon souvenir la conférence que j'ai donnée au Café littéraire Mohammed Boudia de la Fondation Casbah, à l'occasion de la célébration du 81ème anniversaire de la création de l'Association des Ouléma et d'un hommage appuyé à cheikh Omar Smaïl, l'un de ses principaux initiateurs. Je n'y avais pas omis de mettre l'accent sur la nécessité d'en découdre avec les idées reçues, de proposer un éclairage nouveau sur la genèse et les raisons objectives à l'origine des idées fondatrices de l'Association des Ouléma. Un avènement qui est loin d'être un effet du hasard. Bien au contraire, il procède d'une démarche en adéquation avec la réalité objective d'un peuple qui aspirait, dès les lendemains de la Première Guerre mondiale, à l'émancipation plurielle. Un mouvement qui aura été, avec le projet de société de l'émir Khaled, de Messali Hadj, le Mouloudia club d'Alger, le Théâtre populaire algérien et de nombreuses associations culturelles comme Nadi Et-Taraqi, une des plus prestigieuses écoles du nationalisme algérien. Baliseur du désert autant qu'insatiable pourfendeur des idées reçues, j'avais insisté sur le fait que la création de l'Association ne procède nullement de raisons exogènes tant elle est intervenue aux antipodes des raccourcis empruntés par certains auteurs nationaux et de l'Hexagone qui tendent à faire la part belle aux influences levantines. Ce sont les imams soufis d'Alger qui en seront les précurseurs, dès les lendemains de l'invasion coloniale, lorsqu'ils prendront les armes pour diriger la résistance. Un acte de refus que reprendra le petit-fils de l'Emir Abdelkader dans un programme politique dominé par le rejet, au nom de l'Islam, de la politique d'assimilation. C'est dans ce refus que se situe, sur le plan politique, l'origine du nationalisme algérien, l'opinion publique lui donnant un caractère plus général, le considérant comme un rejet de la domination étrangère. J'avais profité de cette évolution des choses pour attribuer la création de l'Association des Ouléma à l'aile mystique du mouvement religieux algérien avec à sa tête Omar Smaïl et Mouloud Hafiz qui étaient parmi les membres les plus influents du comité d'organisation de l'assemblée générale constitutive. Pour étayer cette révélation, j'avais fait référence à un élément irréfragable, à une reconnaissance écrite de cheikh Abdelhamid Ibn Badis plus précisément, médiatisée à l'époque par le journal Al Chihab, et à son discours d'investiture, du 7 mai 1931, en qualité de président de l'Association des Ouléma. Pour mémoire, et les historiens ne le disent pas, cheikh Abdelhamid Ibn Badis n'avait pas pris part à cette assemblée générale et c'est un mystique, Omar Smaïl, qui le proposera à ce poste. Ceci souligné, j'en avais profité pour mettre l'accent ensuite sur la diabolisation des adeptes du soufisme par l'aile wahhabite de l'Association, une attitude marquée par l'intolérance et le dogmatisme qui aboutira à une scission lourde de sens. D'une part, les Ouléma appelant au retour aux sources de l'Islam purifié des preux ancêtres, de l'autre, les adeptes du soufisme (regroupés désormais au sein de l'Association Ahl Sounna oual djamaâ ou Les Gens de la Sounna et de la communauté) reprochant à leur réformisme un Islam qui regarde du côté de l'Orient, s'écartant ainsi «des voies d'un Islam authentique tel que pratiqué, depuis des siècles, au Maghreb et en Occident musulman». Les contradictions entre les deux tendances atteindront leur paroxysme lorsque l'administration coloniale accorde, en application de la loi de 1905 sur la séparation de l'église de l'Etat, la gestion des lieux du culte en Algérie à l'Association des Ouléma. Sont-ce ces raisons qui ont poussé certain historiens à ignorer dangereusement jusqu'à l'existence de Ahl Sounna oual djamaâ, association dissoute par l'administration coloniale aux lendemains des tragiques événements des 1er et 8 mai 1945?

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