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Mémoire, ô Mémoires!

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«La pratique de l'histoire enseigne la modestie et la nécessité d'un contrôle vigilant de la moindre de ses affirmations.» Charles-Robert AGERON

L'écriture de l'histoire passionne les Algériens qui demeurent quelque peu frustrés par leurs lacunes en la matière. Ils se sentent même désarmés par les dissonances à l'honneur lorsque le passé est interpellé, quand ils ne sont pas dangereusement déroutés par les discontinuités et les écrits venant de l'Hexagone où le Mouvement de Libération nationale est vidé de sa substance révolutionnaire lorsqu'il n'est pas réduit à des luttes fratricides. Les modestes chroniques que je commets en guise de contribution à ce devoir sacré de mémoire suscitent énormément de réactions et autant d'encouragements qui ne sont pas sans me galvaniser. Surtout par ces temps qui courent où la passion n'est pas sans engendrer la déraison. N'étant pas messaliste, bien que j'aie un très profond respect pour ce père du nationalisme révolutionnaire algérien, Novembriste de surcroît, particulièrement attaché à l'appel à la Révolution nationale tel que porté par Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M'hidi et Abane Ramdane, je ne fais que partager le fruit de mes recherches avec l'espoir toujours renouvelé de me corriger et/ou de me renforcer pour me rapprocher davantage de l'objectivité. Une fidèle lectrice du journal m'a fait part de sa grande satisfaction tout en m'invitant à quelques remises en question s'agissant du rôle joué par l'enfant terrible de Tlemcen dans la création de l'Etoile Nord-Africaine (ENA). Forte de ses convictions, elle rappellera à mon bon souvenir un colloque tenu au Centre culturel algérien de Paris autour, justement, de la naissance de l'ENA et ce, en présence de Charles-Robert Ageron, Zahir Ihaddaden, Abdelatif Benachenhou, André Nouschi, Mahfoud Kaddache, Slimane Chikh, Omar Carlier, Fouad Soufi et Kamel Bouguessa, pour ne citer que les plus connus. Ravie de me lire, Samira Bendaoui n'en pense pas moins, et elle n'a pas tort sur ce plan, que la vérité doit être dite pour l'intérêt des générations. De son point de vue, la manière dont l'histoire est restituée a engendré, dans notre pays, le sectarisme, le mensonge et créé des monstres. Faisant sienne une idée de Mohamed Harbi, elle me confie que l'écriture de l'histoire doit être appréhendée comme formulation de vérités partielles au moment où Charles-Robert Ageron soutient que «la pratique de l'histoire enseigne la modestie et la nécessité d'un contrôle vigilant de la moindre de ses affirmations». Est-ce pour cette raison que l'historien français, en quête de la genèse de la création de l'ENA, ait été amené à consulter les archives de la préfecture de police, du Service de liaison des originaires d'outre-mer, ainsi que celles du gouvernement général de l'Algérie et bien sûr des journaux de l'époque. Sans oublier les publications de Mahfoud Kaddache, Omar Carlier, Kamel Bouguessa, René Gallissot et Benjamin Stora, des auteurs et des chercheurs que nul ne peut ignorer. Au cours de cette conférence, Ageron a mis l'accent sur les apports de la critique historique qui auront permis, s'agissant des origines de l'ENA, d'écarter de nombreuses légendes et annoncé surtout que «l'Etoile Nord-Africaine n'est pas née en 1924 sur les ruines de l'Association de la fraternité islamique, comme rapporté par Mohammed Guenanèche, encore moins par l'émir Khaled, selon la thèse erronée de Belghoul». Pour l'historien français, «l'Etoile Nord-Africaine ne fut pas non plus fondée par Messali Hadj, quoi qu'en ait écrit El-Ouma pendant des années et quoique Messali ait affirmé dans ses mémoires...L'ensemble des archives consultées permet de restituer la création de l'Etoile à travers son congrès constitutif du 20 juin 1926 à Paris et son président élu le militant communiste, originaire de Relizane, Abdelkader Hadj Ali. Messali Hadj accèdera en février 1927 au poste de secrétaire général, puis rétrogradé, n'étant plus appointé au Parti communiste français, au poste de secrétaire adjoint. Fidèle en cela à sa volonté d'en découdre avec une écriture de l'histoire favorable au père du nationalisme révolutionnaire algérien Samira Bendaoui lancera un autre pavé dans la mare en portant à ma connaissance ce passage prêté à Charles-Robert Ageron: «On a beaucoup dit au PPA que Messali fut le premier à parler d'indépendance et de Constituante algérienne. C'est inexact. L'indépendance c'est Mahmoud Ben Lakehal qui l'avait revendiquée en Algérie en 1924. En France le mot d'ordre a été lancé dans une réunion publique de l'Etoile en janvier 1927. Le journal communiste d'Alger La lutte sociale l'avait revendiquée en 1926.» Au risque de déplaire à ma fidèle lectrice, je dirai que le premier nationaliste à avoir revendiqué la souveraineté nationale fut incontestablement l'émir Khaled, lorsqu'il provoqua en mai 1919 à Alger une réunion pour obtenir la signature d'une pétition en faveur de l'Indépendance nationale.

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