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Si Cherchell m'était contée

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Des antiquités considérées comme doublement étrangères, à plus forte raison lorsque leurs détracteurs mettent en avant le fait que celles-ci furent inventées, étudiées, inventoriées et exposées avec un intérêt prédominant pour les vestiges romains.

Il est une ville qui ne laisse point indifférent. Tant par sa position stratégique que par les vestiges qui s'y trouvent. Des vestiges particulièrement somptueux qui nous renseignent sur un passé, aussi paradoxal que cela puisse paraître, lourd de sens. Longtemps considérée par de nombreux auteurs comme étant l'une des plus importantes cités du littoral occidental de l'Afrique du Nord, Césarée de Mauritanie, Caesarea, ou si vous préférez Cherchell, doit sa marginalisation à ses réminiscences antiques, à son statut d'ancienne capitale du roi Numide Juba II. Le lancinant malentendu engendré par un tel statut ne pourrait être perçu que si l'on prenait en considération la position du citoyen algérien vis-à-vis de toute forme de représentation, à commencer par les antiquités. Des antiquités considérées comme doublement étrangères, à plus forte raison lorsque leurs détracteurs, souligne Abderrahmane Khlifa, mettent en avant le fait que celles-ci furent inventées, étudiées, inventoriées et exposées avec un intérêt prédominant pour les vestiges romains tant leur reconnaissance et leur conservation permettaient de justifier la présence française qui considérait ce nouveau territoire, par référence aux Romains, comme étant la terre de ses ancêtres. Depuis l'Indépendance nationale, rien ne semble ébranler dans leurs certitudes de nombreux Algériens qui ne se reconnaissent nullement dans des antiquités évoquant Phéniciens, Romains et Byzantins. Une dissonance de taille rend, par ailleurs, cette relation quelque peu problématique. Musulman convaincu, l'Algérien se trouve dans l'impossibilité de faire abstraction de sa religiosité, surtout lorsqu'il porte un regard sur les antiquités et que celles-ci appartiennent, à plus forte raison, à la période antéislamique, à la jahilia qui symbolise, on ne peut mieux selon son entendement, le temps de l'ignorance, des ténèbres, celui du règne des païens. Exhumer et glorifier les oeuvres antéislamiques, c'est occulter, sinon porter ombrage aux temps de la naissance de l'Islam et de ses premières splendeurs. Cherchell doit donc sa marginalisation à une interprétation dogmatique d'une religion connue pourtant pour sa tolérance. Sous le règne de Juba II cette ville, fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Phéniciens sous le nom d'Iol ou Jol, était conçue selon les principes de l'urbanisme hellénistico-romain. Ses statues de types hellénistiques d'une qualité exceptionnelle et les mosaïques de ses maisons, de ses temples et de ses monuments témoignent, encore de nos jours, du faste d'antan. D'abord intégrée au royaume de Numidie, rapporte Abderrahmane Khlifa, Iol passa sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 avant notre ère. La ville fut refondée en 25 av. J.-C. par Juba II, sous le nom de Césarée de Mauritanie et devient un centre de l'hellénisme en Afrique du Nord. À partir de 40 après J.-C. elle fut la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s'étend jusqu'à l'océan Atlantique. Acquis à l'Empire romain dont il fut un des inconditionnels serviteurs, Juba II sera secondé dans ses nombreuses tâches par sa compagne, Cléopâtre Séléné, fille de la reine d'Egypte et d'Antoine. Pour autant, cette allégeance n'a pas été sans provoquer l'ire des autochtones. Meurtrie par les guerres, Césarée connaîtra une importante saignée et les affres de la destruction. Avec l'avènement des Arabes, elle retrouvera sa ferveur, rassurée qu'elle devait être par le message de paix apporté au nom de l'Islam. De l'avis même de l'écrivain espagnol Blasco Ibanez, la conquête musulmane n'était pas une invasion imposée par les armes. Quelque peu galvanisés par la considération dont ils faisaient l'objet désormais, les autochtones allaitent se joindre à Tarik Ibn Ziyyad pour apporter leur contribution à la conquête de l'Andalousie, nous apprend le grand chantre de cette ville Kamel Bouchama. Les dynasties arabo-berbères redoublaient d'intelligence pour consolider davantage le climat de confiance au sein d'une cité soucieuse de retrouver ses repères pour mieux faire reculer la fatalité. Portés sur la défense territoriale et le développement des arts et des sciences, les Zianides contribueront d'une manière efficiente à restaurer dans ses droits historiques une cité qui en voulait beaucoup. La préservation du patrimoine historique, signe s'il en est de la splendeur et du rang occupé par Cesarée durant l'Antiquité, fut l'une des priorités. C'est sous le règne zianide, en effet, que l'Islam maghrébin évoluera d'une manière décisive. Le développement des arts et des sciences durant cette période va favoriser pleinement l'installation de nombreuses familles andalouses à Cherchell.

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