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L'Emir Abdelkader, ce soufi de l'écriture

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«Beaucoup ignoraient que l'Emir avait donné, pendant des années, un enseignement spirituel dans la Mosquée des Omeyyades et que cet enseignement avait été mis par écrit dans un ouvrage aujourd'hui publié à Beyrouth en trois volumes sous le titre de Kitâb el mawaqif ou Le livre des Haltes.» Mgr Henri Teissier archevêque émérite d'Alger

Ayant suivi dimanche soir avec délectation, semble-t-il, une émission consacrée par Escales méditerranéennes à la Tariqa Tidjania, le Dr Hikmet Sari-Ali a cru utile de rappeler à mon bon souvenir un de ses derniers écrits intitulé Anthologie des Mawaqifs de l'Emir Abdelkader. Ce livre, se plaît-il à dire, est le fruit d'une expérience qu'il a vécue, en pleine tragédie algérienne. Mandé par la Fondation Emir Abdelkader de traduire les Mawaqifs, il s'exécutera de fort belle manière, avec détermination surtout à un moment où les valeurs fondatrices de son pays connaissaient une véritable descente aux enfers. Un acte courageux que voici, surtout qu'il avait, à son corps défendant, mis en scène une triade à l'effet de restaurer dans ses droits légitimes une nation qui ne voulait pas mourir, encore moins céder sous le poids de l'intolérance et de son corollaire la fitna. La zaouïa comme société, l'Emir comme symbole et l'université comme espace de réflexion seront conçus comme des axes structurants en mesure de servir de base idéologique et cultuelle au tout-sécuritaire. A un moment où la mosquée donnait l'impression d'être, telle une autruche, en complète rupture avec la réalité concrète. Plus qu'un livre académique, c'est à un véritable témoignage que l'auteur nous convie. Pour Mgr Henri Teissier, l'auteur de la préface du livre, ce travail présente aussi le caractère d'avoir été préparé et présenté dans le cadre d'une «kheloua» qui se rassemble chaque vendredi, à l'initiative de Sidi Mohammed Baghli, dans la petite mosquée du derb de Tlemcen où Sidi Senoussi se retrouvait pour certains de ses enseignements et ses temps personnels de «retraite». Pour l'archevêque émérite d'Alger, la sollicitation du Dr Hikmet Sari-Ali l'honore grandement, surtout qu'il appartient à une autre tradition religieuse: «Sa demande apporte la preuve que la recherche de Dieu dépasse toutes les frontières que les hommes ou l'histoire ont pu mettre entre eux. Il rejoint par ce geste les positions de l'Emir Abdelkader.» Au-delà de la somptueuse dimension spirituelle telle que portée par l'Emir Abdelkader, ce qui a le plus contribué à la réalisation d'un tel ouvrage est le fait que le grand résistant fonctionne comme une sorte d'archétype de l'Algérien. Pour l'auteur, tout le monde se reporte à lui car il est le dernier modèle d'une Ecole algérienne dont la chaîne de transmission a été malheureusement rompue: «L'Emir Abdelkader a réussi en fait, de par la spiritualité que transmettait l'Ecole algérienne, à faire la synthèse des différents éléments de notre identité. Pour l'amazighité, l'Emir appartient à la noblesse. Il est, en effet, le descendant du Prophète (Qsssl). Or, les chorfa venus en Algérie avec Moulay Idriss al-Akbar se sont alliés par mariage avec les grandes tribus berbères. En ce qui concerne l'arabité, c'est une affaire de langue, comme a dit le Prophète (Qsssl) et non pas une affaire de sang ou de filiation.» La même source estime que l'Islamité est en fait l'élément sacré qui va transcender, en Algérie, toutes les différences de races ou de langues: «L'Emir est aussi et surtout un grand Maître soufi de la confrérie Qâdiriyya. Il est considéré comme celui qui atteint, à son époque, l'apogée de la sainteté: la polarité. Or le soufisme est le couronnement d'une voie qui commence par l'Islam, passe par la foi pour finir dans l'apothéose de la perfection spirituelle. Grâce à ce livre publié par Thala Editions, le Dr Hikmet Sari-Ali démontre, à l'évidence, que la dimension cultuelle peut jouer un rôle déterminant dans le recul des idées surannées, en complète rupture avec l'enseignement divin. De l'Emir Abdelkader au 1er Novembre 1954, la cohérence des attributs de cette culture a permis, dès les débuts de la colonisation, de résister quinze années de manière éclatante avant de chasser la caste coloniale à l'issue du cycle de domination. Si la culture de la résistance puise ses sources dans les valeurs spirituelles comme celles du soufisme et des tariqâs qui ont assuré l'intérim de la nationalité, comme disait Jacques Berque, l'Etat algérien mis en place par l'Emir était d'essence moderne et universelle, un Etat fondé sur la responsabilité des différents acteurs sociaux et politiques. L'Histoire de l'Algérie est riche de ces uléma et maîtres soufis, comme Abdelkader figure emblématique, qui ont à chaque fois assumé leur devoir et organisé la résistance.

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