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ADONIS: un hommage standing à l'Algérie

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«Seuls les Algériens ont vraiment combattu! Les Arabes n'ont jamais eu une histoire de lutte digne de ce nom. Le seul pays qui a vraiment fait la révolution, c'est l'Algérie! Tous les autres pays, de la Syrie à l'Irak en passant par le Liban, ont obtenu leur indépendance sur un plateau d'argent.»

«Seuls les Algériens ont vraiment combattu!», tel a été, en substance, le point d'orgue d'une déclaration faite par le grand poète arabe Adonis à une chaîne de télévision égyptienne. Se confiant à la chaîne CBC Ali Ahmed Saïd, c'est son vrai nom, a renouvelé ses réserves vis-à-vis du Monde arabe et son affirmation sentencieuse consistant à soutenir que les Arabes n'ont jamais eu une histoire de lutte digne de ce nom: «Le seul pays qui a vraiment fait la révolution, c'est l'Algérie! Tous les autres pays, de la Syrie à l'Irak en passant par le Liban, ont obtenu leur indépendance sur un plateau d'argent.» Cette façon de présenter les choses a totalement désarçonné la présentatrice égyptienne qui mit du temps pour retrouver ses esprits et répliquer que des révolutions contre l'occupation ont bel et bien eu lieu aussi bien en Libye, en Irak qu'en Egypte contre l'occupant britannique. Adonis ne transigera pas pour autant, en répétant, sûr de lui, que «seuls les Algériens ont vraiment combattu». «Il ne faut pas nous mentir à nous-mêmes, renchérit-il. Les Arabes n'ont guère lutté, y compris pour leur indépendance.» «Nous avons, certes, organisé des manifestations au Liban, en Syrie et un peu partout, mais le vrai combat révolutionnaire, tel qu'on l'a connu en Algérie, n'a jamais existé dans nos pays», a-t-il insisté. L'attitude sans équivoque de ce poète émérite est loin d'être une simple vue de l'esprit. Offusqué et quelque peu dérouté par la réalité concrète de notre région, il vous confie clairement qu'il ne comprend pas ce qui se passe aujourd'hui dans le Monde arabe: «Je ne saurai expliquer cette situation que par l'hypothèse suivante: dans le Monde arabe, avec toutes ses ressources et le potentiel de l'individu arabe, notamment à l'étranger, on trouve de grands penseurs, des scientifiques, de grands ingénieurs et médecins. L'Arabe n'est pas moins intelligent, pas moins brillant que les autres. Il peut réussir, mais pas dans sa société. Je n'ai rien contre les individus; je n'en ai que contre les institutions et les régimes.» Il n'est pas loin de considérer que les Arabes sont en voie d'extinction, pour des raisons évidentes, convient-il de souligner, où l'absence de créativité et d'innovation frappe cruellement les esprits. «Sommes-nous près de nous éteindre ou sommes-nous déjà éteints», questionne-t-il? Sa réponse est instantanée, sans ambages: «Nous sommes éteints. Ce n'est pas la quantité qui manque. Nous avons des masses d'individus, mais un peuple s'éteint quand il perd son énergie créatrice, le pouvoir d'améliorer et de changer le monde. Les grands Sumériens se sont éteints, de même que les grands Grecs, de même que les Pharaons. Le signe le plus clair de cette extinction est que nous, intellectuels, continuons de réfléchir dans le cadre de cette extinction. C'est notre véritable crise intellectuelle. Nous appréhendons le monde avec des idées révolues, dans un cadre dépassé.» Pour Adonis, l'élite arabe doit se détacher complètement du nationalisme inhibiteur, de cette apathie, de cette servilité vis-à-vis des pouvoirs dominants. Il lui faut envisager une nouvelle identité arabe, une nouvelle culture, une nouvelle société arabe: «Aujourd'hui, la parole est considérée comme un crime. L'histoire n'a rien connu de semblable: dans la société arabe actuelle, vous dites un mot, et c'est comme si vous commettiez un crime. La parole et l'opinion sont considérées comme des crimes. C'est inconcevable.» Ce ras-le-bol contre les pouvoirs dominants arabes ne l'autorise pas pour autant à recourir au grand écart, à s'aligner sur les thèses des forces hégémoniques occidentales: «Tout d'abord, je suis contre toute ingérence dans les affaires arabes. Si les Arabes sont incompétents, au point de ne pouvoir être démocrates par eux-mêmes, ils ne le deviendront pas grâce aux autres. Si nous voulons devenir démocrates, nous devons prendre les devants. Mais les conditions n'existent pas dans la société arabe, et ne pourront exister que si la religion est réinterprétée correctement et comprise comme une expérience spirituelle personnelle qu'il convient de respecter. Toutes les affaires relatives aux affaires de la Cité et des individus doivent être réglées par le droit et les individus eux-mêmes.»

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