Vladimir Poutine: celui qu'on n'attendait plus

«La principale tâche pour nous tous qui défendons la paix, c'est de se serrer les coudes. Sans quoi nous sommes perdus. Une Russie affaiblie constitue un immense danger pour la cause de la paix et pour l'inviolabilité de notre empire. Nous avons besoin d'une Russie forte, très forte.» Wiston Churchill

Il est pour le moins curieux que j'entame la présente chronique en associant Vladimir Poutine, président de la Russie, au titre d'un film américain des années 1950, Celui qu'on n'attendait plus, du cinéaste John Springsteen. C'est le hasard de l'histoire, me diriez-vous et vous n'auriez pas tort. Même s'il va falloir payer quelques droits d'auteur à Belaïd Abdeslam qui, soit dit en passant, est une de mes sources puisque je lui emprunte si souvent le titre de son livre. En parlant de sources, il faut dire qu'elles doivent géner quelque part des quidams en mal d'inspiration alors qu'elles sont mises en scène dans le but d'injecter une certaine musicalité à des signifiés qui n'échappent pas à la morosité ambiante. Mais tel n'est pas le propos d'aujourd'hui puisque, fidèle en cela à Ibn Hazm, à son somptueux Collier de la colombe et à sa mise en garde contre la proximité, je reviens à l'argumentaire que je compte développer autour de celui qui, s'il est permis de paraphraser Vincent Jauvert, aurait berné Obama: «Quelle naïveté! Comment Barack Obama a-t-il pu se laisser berner à ce point par Poutine en Syrie? Pourquoi ses services de renseignement, pourtant si richement dotés, ont-ils été si aveugles des intentions et des capacités réelles des Russes dans la région? La débâcle américaine en Syrie laisse pantois.» Catastrophé, ce confrère de l'Hexagone semble l'être assurément, mais cela ne l'empêche pas pour autant d'enfoncer le clou, de jeter de l'huile sur le feu pour toucher les Etats-uniens dans leur amour-propre et provoquer par la même occasion la réaction escomptée. Abasourdi par une stratégie des plus géniales, le bloc occidental ne s'est réveillé qu'au moment où le matériel et les conseillers militaires russes investissaient en force les environs de Lattaquié et les avions bombardaient, à la demande de la Syrie, les positions des terroristes ayant investi illégalement un pays souverain. Quel spectacle affligeant que celui proposé par Laurent Fabius et quelques dirigeants du Vieux Continent, outrageusement relayés par une presse aux ordres des milieux américano-sionistes: «A la surprise générale (et après avoir averti Washington une heure avant seulement), les Russes ont commencé à bombarder en Syrie. Pas Daesh, mais les alliés syriens des Occidentaux, et plus précisément les rebelles qui avancent péniblement vers Damas et menacent de renverser le régime de Bachar.»
Comme si Daesh et El Qaîda n'étaient pas des incarnations du capitalo-impérialisme occidental... Poutine me rappelle quelque part Matt Ballot, le personnage central du film Celui qu'on n'attendait plus. D'où la relation initiale qui est loin d'être fortuite, l'acteur, tout comme Vladimir, étant connu pour être un bagareur et un adepte par trop zélé de Bacchus. Après douze ans d'absence, Matt Ballot revient dans sa région tout comme la Russie qui renoue avec ses marques, une mission qui n'est pas sans assurer un équilibre juste dans le cadre des relations internationales. Devenu égal à lui-même, Matt veut s'établir auprès des siens. La population accepte mal son retour. Comme les forces hégémoniques occidentales qui s'acharnent sur Poutine refusant à la Russie, ce grand frère des peuples opprimés, le retour aux affaires. Un retour tant revendiqué par les juifs, les chrétiens, les musulmans et les laïcs de la région qui souhaitent ardemment que cesse à jamais la sale guerre menée par les forces hégémoniques occidentales contre les musulmans. Le monde occidental devrait s'en tenir à la sagesse de Churchill: «La principale tâche pour nous tous qui défendons la paix, c'est de se serrer les coudes. Sans quoi nous sommes perdus. Une Russie affaiblie constitue un immense danger pour la cause de la paix et pour l'inviolabilité de notre Empire. Nous avons besoin d'une Russie forte, très forte...» Quels liens relient entre eux le krach boursier (2008) - la guerre civile en Ukraine (2012) - la guerre contre l'État islamique (2014) - «L'esprit de Charlie du 11 janvier» (2015) et les présentes menaces de guerre russo-atlantique? De l'avis de Robert Bibeau, c'est assurément l'impérialisme en crise systémique mondialisée et globalisée...
Désormais, les patriotes de la région ne doivent plus se sentir seuls...