Miguel de Cervantès l'auteur de Don Quichotte était musulman

Miguel de Cervantès l'auteur de Don Quichotte était musulman «En fait, le texte de la Topographie ne laisse aucune place au doute: son auteur s'est converti à l'Islam, comme en témoignent les ´´discussions´´ avec les savants musulmans, sa connaissance des piliers de l'Islam, ses visites guidées de mosquées ou d'autres détails, un ensemble d'activités impossibles pour un chrétien à Alger au XVIe siècle.» Fred Romano(1re partie)

Les mystères entourant la détention de Miguel de Cervantès à Alger sont innombrables, à commencer par sa propre survie. Dans un des numéros d'Escales méditerranéennes que j'ai consacré à ce sujet, je n'ai pas manqué, en effet, de poser la question de savoir comment était-il possible qu'un esclave manchot, invalide de surcroît, ait pu y survivre? Les esclaves chrétiens préférés des pirates étaient soit de robustes gaillards que l'on mettait aux rames, soit des adolescents adoptés comme mignons, soit encore des nourrices aux seins gorgés de lait.
Les autres étaient traités comme du bétail, nous apprend Fred Morano dans une pertinente et passionnante présentation de la réédition de Topographie et Histoire générale d'Alger dont le véritable auteur est Miguel de Cervantès et non Diego de Haedo.
Cependant, souligne la même source, Cervantès reçut un traitement de faveur, les pirates ayant trouvé sur lui, lors de sa détention, les lettres de Don Juan d'Autriche le recommandant pour son courage héroïque, lors de la bataille de Lépante: «Par conséquent, les pirates demandèrent une rançon exorbitante, de cinq mille doublons (ce qui rend compte de la corruption associée à ce type de lettre en Espagne) absolument hors de portée des recours économiques de la famille de Cervantès.
Néanmoins, son dernier maître, le roi d'Alger Hassan Pacha le Vénitien, le laissa partir pour seulement cinq cent doublons, alors que le destin du manchego était déjà écrit, en tant que cadeau d'exception pour le Grand Vizir, présidant le diwan des Pachas à Istanbul.» Actrice, journaliste et écrivaine française, Fred Morano a signé à la fois la présentation et la traduction de cette oeuvre monumentale. Connue en France pour avoir été la compagne du célèbre humoriste Coluche, elle vous confie d'une manière sibylline qu'il était quasiment impossible à Cervantès d'avouer être l'auteur du livre en question parce que surveillé par l'Inquisition et risquant la mort sur le bûcher pour être «retombé dans l'erreur».
En fait, le texte de la Topographie ne laisse aucune place au doute: «Son auteur s'est converti à l'Islam, comme en témoignent leurs ´´discussions´´ avec les ouléma ou les savants musulmans, sa connaissance des piliers de l'Islam, ses visites guidées de mosquées ou d'autres détails, un ensemble d'activités impossibles pour un chrétien à Alger au XVIe siècle.» Miguel de Cervantès a passé cinq ans à Alger comme esclave manchot et tenté de séchapper à quatre reprises: «Dans le royaume des pirates, une évasion était punie d'une mort terrible, empalé sur la plage ou accroché sur le mur ou sur le bûcher, la seule façon d'y échapper étant la conversion à l'Islam.» Est-ce pour cette raison, s'interroge la même source, que Cervantès nous dit, de la bouche de Don Quichotte lui-même, que l'auteur de Les Aventures de Don Quichotte est Sidi Ahmed Ben Djeli: «Je pense qu'il voulait laisser constance de son nom de converti tout en avouant combien son séjour en Alger avait nourri son imagination féconde.
Considérons l'immense courage de l'écrivain: la qualité d'esclave invalide étant proche de celle d'un mort, il a réussi, dans ces terribles conditions de vie, à écrire une encyclopédie sur ses ravisseurs, autre circonstance exceptionnelle dans la littérature mondiale, qui n'a pas été répétée. Mieux encore, l'un de ses ravisseurs, un lecteur musulman anonyme antérieur à 1735 -pour l'espagnol employé- a corrigé le texte à la main, une autre circonstance exceptionnelle et sans précédent dans la littérature mondiale, qui définit le niveau d'intimité et de complicité entre l'esclave et certains de ses maîtres.»
De l'avis de Fred Morano, Miguel de Cervantès, esclave manchot à Alger, a inventé le journalisme au XVIe siècle, mêlant témoignages et expériences de vie personnelles. Le livre se termine sur Istanbul, où Cervantès était destiné à devenir un jouet pour les hauts dignitaires turcs avant que son dernier maître, Hassan Pacha le Vénitien, roi d'Alger, ait soudainement changé d'opinion et finalement l'ait renvoyé en Espagne, pour seulement un dixième de la rançon initialement exigée.
Une autre énigme non résolue qui, cependant, nous permet aujourd'hui de nous délecter de Les Aventures de Don Quichotte et maintenant de Topographie et Histoire Générale d'Alger. (A suivre)