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Dits et non-dits dans les Mémoires (2e partie et fin)

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«Quatre ans après le déclenchement de la guerre, les actions menées par le MNA suscitent de réelles sources d'inquiétude pour les dirigeants de l'ALN. L'emprise du MNA auprès des populations dans différentes régions rurales du piémont de l'Atlas saharien est prise au sérieux et oblige l'ALN à prendre les mesures qui s'imposent.» Ouanassa SIARI TENGOUR

La réhabilitation dans ses droits historiques de Messali Hadj a été considérée dans la chronique d'hier comme un fait sans précédent en Algérie tant le discrédit frappait tout ce qui entourait ce père du nationalisme révolutionnaire algérien. Mais la programmation d'une autre rencontre sur Messali par un universitaire de Batna est frappée d'interdit, à la suite de l'opposition exprimée par les anciens moudjahidine de la région de l'Aurès. Le rappel de Ouanassa Siari Tengour a le mérite de replacer dans leur contexte véritable les publications que nous devons aux militants-acteurs de la cause nationale dont le souci premier consistait à proposer de nouveaux éclairages sur ce qu'appelle Abderrezak Bouhara «une tranche de l'histoire de notre pays en livrant le maximum d'éléments d'information et en me libérant... de l'autocensure qui pèse sur de nombreux cadres de ma génération». Au-delà des motivations des uns et des autres, souligne l'auteure et universitaire, «une telle mise en scène de la mémoire est doublement significative dans la mesure où elle quitte les rivages de la tradition orale pour adopter la forme écrite d'une part, avant de convoquer la force des images et la preuve des sources originales pour donner plus de visibilité et de vérité à une réalité révolue». Ce qui amène la même source à poser la question de savoir à quelles conséquences, à quelles perspectives cette abondance de Mémoires peut-elle entraîner du point de vue de la pratique de l'histoire au présent? Le premier constat qui peut être fait en la matière se traduit par une sorte d'effilochement du consensus national où la version d'une histoire construite sur un unanimisme absolu est battue en brèche: «La première remarque qui s'impose est que la version officielle de cet unanimisme reposait sur une conception de l'histoire qui devait tout au rôle de la collectivité unie dans un même élan et mobilisée pour un seul objectif. Le spectre de la division des rangs que l'on impute à la crise du PPA-MTLD à la veille de 1954 a contribué à forger une «communauté de destin» devant laquelle les individus et leurs initiatives doivent s'effacer.» Dans un tel contexte, estime Ouanassa Siari Tengour, la prise de parole par des acteurs d'hier est essentielle. Elle donne libre cours aux divisions internes qui n'ont pas manqué d'agiter les structures dirigeantes de la Révolution algérienne: «Et ce sont précisément ces divergences qui ouvrent de nouvelles possibilités à l'écriture de l'histoire. En ce sens, la révélation publique des déchirements internes, survenus dans les rangs du FLN-ALN entre 1954-1962 ouvre la voie à une autre histoire sociale de l'Algérie. L'existence de l'opposition FLN-MNA, à l'origine d'une véritable «guerre dans la guerre» fait remarquer la même source, n'est pas traitée dans les ouvrages d'histoire officielle. Seuls quelques écrits l'ont reconnue tout en proposant des lectures susceptibles de faciliter l'analyse des motivations auxquelles obéissaient les uns et les autres. Toutefois, il y a lieu de faire remarquer que le cinéma a courageusement abordé cette problématique. Bien avant Hors-la-loi de Rachid Bouchareb et La guerre secrète du FLN en France de Malek Bensmaïl (2010), Okacha Touita s'attaquait dans son premier long métrage Les sacrifiés, et ce dès 1982, à la guerre interne que se sont livrés sur le territoire français le FLN et le MNA. Dans ses Mémoires, nous apprend la même source, Ali Kafi met entre parenthèses «l'oubli de réserve» observé jusque-là et évoque dans plusieurs passages la position de Messali vis-à-vis du FLN et l'existence de maquis du MNA éparpillés dans plusieurs points du territoire algérien: «En annexe, il rajoute le rapport envoyé par le colonel Amirouche de la wilaya III et lui-même au ministre des Forces armées du GPRA où ils dressent un bilan sans complaisance du rapport de forces entre le MNA et le FLN. Quatre ans après le déclenchement de la guerre, les actions menées par le MNA suscitent de réelles sources d'inquiétude pour les dirigeants de l'ALN. L'emprise du MNA auprès des populations dans différentes régions rurales du piémont de l'Atlas saharien est prise au sérieux et oblige l'ALN à prendre les mesures qui s'imposent.» Mais, fait remarquer à juste titre Ouanassa Siari Tengour, cette violence entre groupes politiques différenciés n'est pas la seule à avoir troublé la société algérienne entrée en guerre contre la présence coloniale française: «Au fil de l'évolution de la guerre, des luttes intestines se multiplient et enveniment le climat social dans les propres rangs du FLN. Diverses interférences opposent cadres et subalternes, citadins et ruraux, auxquelles vont se greffer d'autres paramètres comme l'appartenance à tel groupe, à telle région.»

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