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Les chahids Chafik et Youcef Melzi (2e partie et fin)

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«J'ai le souvenir d'une période particulièrement douloureuse, en mars 1957, en pleine période de la ‘‘bataille d'Alger'' où j'ai eu à défendre trois affaires en une semaine, dans lesquelles il a été prononcé, au total, neuf condamnations à mort...» Maître Nicole DREYFUS

Dans un témoignage datant de 2006, l'avocate Nicole Dreyfus se remémore: «J'ai le souvenir d'une période douloureuse, en mars 1957, en pleine période de la «bataille d'Alger» où, mandatée par Pierre Stibbe, j'ai eu à défendre devant le tribunal militaire siégeant dans la cour d'assises d'Alger trois affaires en une semaine, dans lesquelles il a été prononcé, au total, neuf condamnations à mort. L'un des procès concernait une quinzaine de prévenus, tous militants indépendantistes et qui n'étaient accusés d'aucun attentat. Trois d'entre eux ont été condamnés à mort, dont les frères Chafik, Mohamed et Salah Melzi que je défendais, bien que les inculpations qui pesaient sur eux ne méritent pas, aux termes du Code pénal, la peine capitale. Signe de la manière dont une grande partie des Européens d'Algérie considéraient notre travail d'avocat, Le Journal d'Alger a publié en première page de son numéro, annonçant le verdict, une caricature me représentant aux côtés de ces trois frères condamnés à mort. Le Journal d'Alger du 14 mars 1957 fait état de huées, de sifflets et de vociférations du public qui interrompt la plaidoirie, de ses applaudissements aux propos du président du tribunal militaire.» Aux ordres de la caste coloniale, la presse de l'époque contribuait pour beaucoup à enfoncer le clou et à aiguiser les sentiments racistes des populations européennes: «L'avocate, Me Nicole Dreyfus, les défendait. Elle souligne la dignité d'attitude'' des 16 accusés qu'elle défend. C'est au nom de la fraternité humaine qu'elle entend prendre la parole. Ses clients sont des hommes courageux qui reconnaissent leurs responsabilités, elle rend hommage à l'attitude fière et humaine des accusés qui, pour la plupart, ont reconnu l'aspect moral de leur organisation politique.» Les avocats ayant terminé leurs plaidoiries, le président du tribunal demande une ultime fois aux accusés s'ils ont quelque chose à ajouter. C'est alors que Chafik Melzi déclare: «Messali nous a appris que l'indépendance ne se donne pas, ne s'achète pas, elle s'arrache. Je suis près à mourir pour que vive ma patrie.» Quant à Brik Amar, il dit: «J'ai lutté, je lutterai, et si on me relâche, je lutterai jusqu'à la dernière goutte de mon sang», se souvient Allel Melzi dont la famille, qui représentait la fine fleur de la société citadine algéroise, avait tant donné à la cause nationale. Certains contacts périodiques liés au mouvement insurrectionnel avaient pour cadre de prédilection la propriété des Melzi sise à Hydra.
Un véritable domaine de plusieurs hectares que les militants de l'OS et du FLN avaient privilégié pour la grotte souterraine qui s'y trouvait, idéale pour cacher armes et engins explosifs artisanaux et un tunnel de plusieurs kilomètres que les militants de la cause nationale empruntaient. Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M'hidi, Didouche Mourad, Mostefa Benboulaïd, Rabah Bitat, Larbi Tébessi et Hadj Belkacem Zinaï dit El Beidaoui fréquentaient assidûment cet espace aux possibilités insoupçonnables. Bien avant le déclenchement de la Révolution nationale, rapportent Salah et Allel Melzi, citant leur frère Mohammed, condamné à mort lui-aussi, décédé il y a quelques années: «Notre maison d'El Biar servait de refuge aux militants de l'OS. Je faisais partie d'un groupe de choc chargé d'opérer dans le centre d'Alger et dans les environs d'El Biar. A cette époque, nous n'avions pas d'armes et encore moins d'explosifs. C'était difficile, bien sûr, mais rien ne pouvait avoir raison de notre détermination...» Pendant plusieurs années, un commando de 16 fidaïs, composé de Chafik, Mohammed, Salah et Allel Melzi, Ali Diaf, Ali Toumi, Ahmed Slimani, Louanes Melouah, Hamou Guelti, Abdelkader Laroussi, Ahmed Zegli, Lounis Khodja, Rezki Medjira, Amar Brik et Aïssa Chadouli mènera, à El Biar et ses environs, la vie dure à la soldatesque coloniale grâce à plusieurs attentats, jusqu'à l'incarcération et la condamnation à mort, pour les uns et aux travaux forcés, pour les autres.
Seul Allel Melzi a réussi à fuir pour rejoindre les maquis kabyles. Il sera arrêté 18 mois plus tard à son domicile où il était gravement malade. A son retour d'Alsace et face à la situation dramatique ayant frappé ses frères, Youcef Melzi, le cinquième du nombre, ne tardera pas à rejoindre le maquis. A l'ouest du pays plus précisément où le commando parachutiste déserteur dont il faisait partie sera pris en charge par Abdelhamid Boussouf. Youcef sera versé au Malg avant de tomber au champ d'honneur quelques mois après, à la frontière ouest de l'Algérie... Certainement avec le même sourire indélébile qu'arbora Chafik Melzi au moment où le couperet impitoyable de la guillotine lui trancha la tête. Une tête belle et pleine de cet idéal révolutionnaire à l'origine de la libération de tout un peuple du joug colonial...

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