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Abdelmoumen Bentobbal, le malouf citadin au coeur

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«Sa prise en charge par Allaoua Bentobbal, sa proximité avec le chanteur Abdelhamid Benelbedjaoui, ses qualités vocales l'imposeront comme l'un des continuateurs de la tradition du malouf à Constantine. Après l'indépendance, son aura musicale en fait le principal repère d'un légitimisme citadin rétif aux évolutions que représente Mohamed Tahar Fergani.» Abdelmadjid MERDACI

(1er partie)

Un hommage particulièrement appuyé a été rendu par la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe» au rossignol de la chanson citadine constantinoise, je veux parler de mon ami le défunt Abdelmoumen Bentobbal. La dernière fois que je l'avais vu, c'était sur son insistance. Une insistance que je n'ai comprise que le jour de l'annonce de sa mort. Il tenait à me revoir, au sortir de l'hôpital, pour me témoigner sa solidarité et surtout son admiration pour les efforts titanesques accomplis au service de la culture citadine, en général et de la musique classique algérienne, en particulier. Il en était très fier, et il me l'avait rappelé ce jour-là, comblé d'aise qu'il était par la revanche prise par la citadinité sur certains fossoyeurs de la culture nationale. Je garde un souvenir impérissable de son somptueux sourire et de la sympathie qu'il m'a toujours témoignée jusqu'à sa mort intervenue à la suite d'un arrêt cardiaque, il y a de cela onze ans. Et c'était justement un homme de coeur, sorti tout droit d'un signifié cher à Jacques Salomé surtout lorsque ce psychosociologue nous suggère de prioriser le vécu du moment qui nous étreint ou nous transporte, au ressenti de l'instant qui éclate ou qui brille au présent, à l'expression d'une émotion qui dit à elle seule plus que cent discours. M'accusant de parti pris algéro-tlemcénien (je suis un Zianide d'Alger et fier de l'être), certains esprits chagrins auront essayé, mais en vain de le monter contre moi. Sans se départir de sa bonne éducation et de son sourire légendaire, il leur répondait ainsi: «El Bestandjia de Constantine, c'est grâce à Abdelhakim qu'elle a été créée et le procès-verbal de l'Assemblée générale déposé à la wilaya en fait toujours foi.» Inhumé au cimetière central de Constantine où une foule nombreuse l'avait accompagné jusqu'à sa dernière demeure, il aura fait l'unanimité autour de sa façon toute singulière de restituer la mélodie d'un patrimoine qui aura survécu tant à l'érosion des temps qu'à l'indifférence des clercs. Décédé à l'âge de 76 ans, Abdelmoumen Bentobbal est né à Constantine en 1928, dans une famille de musiciens. En 1933, il entre à l'association «Mouhibi El Fen» où il a pour compagnons Abdelkader Darsouni (honoré lui-aussi par cette manifestation) et d'autres musiciens qui deviendront de grands noms de la musique constantinoise. C'est justement au sein de cette association, me confiait-il, qu'il ira à la rencontre des idées nationalistes. Remarqué et vite pris en charge, il aura tout le loisir de mettre sa belle voix au service du chant patriotique porté, à l'époque, par le mouvement réformiste musulman. Contrairement aux idées reçues, les disciples de Cheikh Abdelhamid Ben Badis déploieront tous leurs efforts pour que la pratique du chant se développe et devienne partie intégrante du raffermissement de la personnalité nationale. Il ne pouvait en être autrement puisque c'est le chef de file de l'association des Ouléma en personne qui prendra son bâton de pèlerin pour se mettre au service de l'éducation artistique des jeunes, bousculant sur son passage toutes les oppositions d'un autre âge très promptes à jeter l'anathème sur la pratique du chant. Abdelmoumen Bentobbal évoquait avec une grande émotion ce pan important de la mémoire collective dans le cadre de «Nadi Et-Taraqi», une émission que je produisais et animais pour le compte de Canal Algérie: «C'est cette répression engagée contre le chant patriotique par la caste coloniale qui m'a renforcé dans ma détermination de redoubler d'ardeur et de travailler davantage ma voix pour mieux chanter ma condition et rejeter la culture de l'Autre.» La Seconde Guerre mondiale aura cependant raison d'un tel enthousiasme. Elle le chahutera avant de le reléguer à l'arrière-plan, la contradiction principale se situant dès lors entre les forces alliées et l'Allemagne nazie. Pas pour longtemps, puisque les tragiques événements du 8 Mai 1945 allaient exacerber les contradictions et donner naissance à un véritable mouvement insurrectionnel. C'est ainsi que les membres de «Mouhibi El Fen», plus tard «Echabab el-Fenni» présidée par un militant de la première heure, Brahim Amouchi, se retrouvent au sein de «Nedjma Kotbia», une société artistique fondée en 1947 par Abdelhamid Benelbedjaoui.
Abdelmoumen Bentobbal, qui a pris une place particulière dans le monde de la chanson constantinoise, est vite perçu comme le véritable héritier du cheikh Benelbedjaoui. Le sociologue Abdelmadjid Merdaci, auteur d'un précieux Dictionnaire des Musiques citadines de Constantine (Editions du champ libre), écrira que le défunt «est considéré comme la référence de la tradition esthétique et orthodoxe du malouf constantinois».

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