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Abdelmoumen Bentobbal, le malouf citadin au coeur

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«Sa prise en charge par Allaoua Bentobbal, sa proximité avec le chanteur Abdelhamid Benelbedjaoui, ses qualités vocales l'imposeront comme l'un des continuateurs de la tradition du malouf à Constantine. Après l'indépendance, son aura musicale en fait le principal repère d'un légitimisme citadin rétif aux évolutions que représente Mohamed Tahar Fergani.» Abdelmadjid Merdaci

Suite et fin
Une tradition brillamment portée, durant les années 1940, par Mohammed Derdour, homme de grande culture moderne, fondateur et président de l'association «Le lever de l'aurore». Toutefois, Abdelmoumen Bentobbal se réclamera plus de la lignée artistique des cousins Ahmed et Abdelkrim Bestandji que d'autres chantres de l'époque comme Hamou Fergani, Baba Abid, Si Hassouna Belkhodja, Belamri, Ben Kartoussa, Abdelkader Toumi, Omar Chakleb ou Raymond. Dans l'émission «Nadi Et-Taraqi» que je produisais et animais pour le compte de Canal Algérie, il me le réaffirmera avec force, attribuant le plus souvent son répertoire, et jusqu'à sa manière de pratiquer sa muse préférée, aux illustres maîtres de l'école constantinoise. Il tenait tant à manifester sa reconnaissance à Abdelkrim Bestandji et à lui rendre un témoignage de respect national susceptible de perpétuer sa mémoire. C'est pour cette raison que la création de la société musicale El Fakhardjia d'Alger, en hommage à Mohammed et Abderezzak Fakhardji, le toucha énormément et lui permit de caresser l'espoir d'en faire autant pour les cousins Bestandji. L'idée fit son bonhomme de chemin et, à l'occasion du Festival national du malouf de Constantine, un exemplaire du statut d'El Fakhardjia lui fut remis par mes soins. Et c'est dans ces conditions que vit le jour, en 1983, l'association El Bestandjia à l'instigation de Abdelmoumen Bentobbal, Abdelmadjid Merdaci, de nombreux musiciens de l'antique Cirta et de moi-même. Ce qui n'était pas peu de chose à une époque où le mouvement associatif, en la matière, était réduit à sa plus simple expression. Un état de fait outrageusement encouragé par le nombrilisme et le règne sans partage de petits orchestres et de cheikhs qui renvoyaient aux calendes grecques la remise du témoin aux nouvelles générations. Une révolution, convient-il de souligner, accueillie très favorablement par les vieilles familles citadines acceptant de plus en plus mal le fait que la formation de jeunes pousses, à l'honneur tant à Tlemcen, l'ancienne capitale des Zianides, qu'à Alger où la dimension civilisationnelle et historique de la Casbah imprégnait toutes les initiatives, ne soit pas à l'honneur à Constantine. L'expérience initiée par Abdelmoumen Bentobbal et ses amis allait faire tache d'huile et battre en brèche l'hégémonisme des cheikhs. De nombreuses associations virent le jour à l'image de celles créées par Hadj Mohamed Tahar Fergani et de bien d'autres. La vie musicale allait connaître de merveilleux moments galvanisés une fois l'an par le magnifique Festival national du malouf qu'animait le disciple de Abdelkrim Bestandji. Abdelmoumen Bentobbal était de tous les concerts, y compris ceux prolongeant, tard dans la nuit à la cité universitaire des filles, les soirées officielles abritées par le Théâtre régional de Constantine. Aux côtés de Darsouni, un autre chantre qui s'était mis très tôt au service de la propagation du malouf au conservatoire municipal de Constantine, il sillonnait les territoires des trois écoles pour écouter et sélectionner les meilleures associations devant prendre part à l'heureux événement. Durant toute sa vie, le maître a toujours préféré chanter à l'occasion de fêtes familiales, de celles de ses amis et participer à quelques festivals, que d'entamer une carrière professionnelle et d'enregistrer des disques. Les seuls qu'il enregistra avec une grande fierté sont des CD et ce, grâce à la sollicitude de l'Office national des droits d'auteur (Onda) et de Hakim Taoussar, son directeur général de l'époque. Sa dernière apparition sur scène remonte à février 2003, date à laquelle il donnera le meilleur de lui-même à Paris, lors d'un tour de chant programmé dans le cadre de «L'année de l'Algérie en France.» Un concert qui aura charmé et transporté l'assistance jusque-là irriguée par les sempiternelles soirées animées par Hadj Mohamed Tahar Fergani, Hamdi Bennani ou, à un degré moindre, Dib Layachi. Irascible citadin, particulièrement scrupuleux et quelque peu ébranlé par une éducation loin d'être en adéquation avec les fausses valeurs érigées en idéologie dominante, il était d'une timidité et d'une affabilité des plus insondables. Sur ce plan, il me rappelait énormément Abderezzak Fakhardji qu'il respectait profondément et pour lequel, malgré un état de santé précaire, il fit le déplacement d'Alger à l'effet de prendre part à l'hommage que la société musicale El Fakhardjia, dont je fus fondateur et premier secrétaire général, rendait à titre posthume à son maître et premier président, en juin 2003 au Palais de la culture.

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