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Kaddour M'Hamsadji, la Casbah "ce Sour El-Ghozlâne de mon existence"

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Être né dans cette ville Auzia-Sour El-Ghouzlâne-Aumale-Soûr El-Ghouzlâne et dans une famille aux origines algéroises nettement marquées par l'histoire, c'est son meilleur argument de citoyen algérien contre la sécheresse du coeur et la pauvreté de l'esprit, vous confie-t-il, sans hésitation aucune.

(1re partie)
C'est Le Petit café de mon père qui le fit découvrir davantage encore dans un milieu littéraire notablement marqué par une fuite en avant. Sur le plan stylistique convient-il de souligner. En cela, je ne peux qu'être au diapason de ce qui a été révélé par mon ami Abdelali Merdaci lorsqu'il présente cet ouvrage comme une nouvelle expérience d'écriture littéraire qui résume une entrée en littérature par la voie la plus étroite, celle qu'il prend soin de désigner sous le vocable de «récits au passé»: «Cette plongée sans masque ni artifices dans le monde des souvenirs et des sensations, cette transcription sûre de la mémoire, constitue une démarche, pour ne pas évoquer ici un genre, peu courue dans la littérature algérienne, pleine d'audaces et de mérites. Audaces soulignées par la maîtrise d'un discours du «Moi» dont l'auteur sait surmonter les fragiles propensions à l'égotisme; mérites nombreux, entre autres, cette réappropriation et cette élévation à la dignité littéraire d'une authentique et surprenante cité d'Algérie, Soûr El-Ghouzlâne, aux pierres chargées d'histoire, aux âges qui défient le temps.» Une ville dont l'histoire pourtant particulièrement riche a été rattachée à la seule naissance de Jean-Claude Brialy...Un lieu de naissance que l'acteur, réalisateur et écrivain français revendique fièrement: «J'y ai passé les dix premières années de ma vie, dans le petit village d'Aumale, à Blida et à Bône. Les jours de fête, je découvrais Alger. Le dimanche, mon père nous amenait dans les gorges de la Chiffa, à la recherche, au détour d'un virage, du ruisseau des Singes. C'est en Algérie que j'ai fait mes premiers spectacles, rencontré mes premiers amis, c'est là-bas que je me suis découvert. J'ai quitté le pays en 1942, sans savoir que je l'emmenais avec moi, dans mon coeur.» Sour El-Ghouzlâne a engendré les mêmes réminiscences chez mon ami Kaddour M'Hamsadji, l'aîné avec qui je partage énormément de préoccupations mémorielles, un amour des plus insondables pour la Casbah éternelle, la culture citadine et la musique classique algéroise: «Je dois tout à mes parents et à ma ville natale: parler de moi, c'est parler de mes racines, et j'essaie de trouver en moi ce qui me protège contre ce qui me paraît étrange et qui n'hésite pas à me dénaturer. Dans mes écrits, je mets cette sorte de douce fatalité sans aucun regret; et j'éprouve davantage de jouissance lorsque dans ma mémoire jaillit une fulgurance, tel un envol spontané d'une mouette d'El-Qaçba, zemân, pour une randonnée au coeur de cette Cité-Mère de la grande histoire de notre pays unique, irremplaçable.» Être né dans cette ville Auzia-Sour El-Ghouzlâne-Aumale-Soûr El-Ghouzlâne et dans une famille aux origines algéroises nettement marquées par l'histoire, c'est son meilleur argument de citoyen algérien contre la sécheresse du coeur et la pauvreté de l'esprit, vous confie-t-il, sans hésitation aucune: «Je ne veux point douter encore que l'on soit assez rassasié de l'estime des autres si l'on ne l'est pas soi-même avant tout!» Ce retour à Soûr El-Ghouzlâne à travers l'ouvrage, il le place sous les signes du filial et de la piété. A la question de savoir en quoi l'écriture de la souvenance qui reste toujours un pari difficile et risqué sur le plan littéraire a été singulière dans Le Petit café de mon père, Kaddour M'Hamsadji vous répond ainsi: «Mes souvenirs anciens se sont constitués et fixés dans ma mémoire à mon insu et ont émergé à mon insu; il a suffi que je passe un beau jour devant le petit café de mon père que je n'avais pas revu depuis une trentaine d'années au moins. Tiens! Me suis-je dit, le petit café de mon père. Quel joli titre pour un livre!...» Subrepticement, des reflets de l'enfance ont jailli de sa mémoire, riches, fidèles, extraordinairement vivants...vous confiera-t-il: «D'emblée une écriture à caractère très personnel s'est imposée à moi ou, peut-être, l'ai-je moi-même prédéfinie? Peut-être... Tirer de mon inachevée expérience d'écrivain, un inhabituel procédé d'écriture? Pourquoi pas? Mais lequel? Et comment? Aussi, mon intention était-elle d'écrire librement «des récits au passé»; autrement dit, la narration est «en situation» tant qu'elle remplit la fonction de «rapport sur des faits concrets». Dans ses écrits, Kaddour M'Hamsadji demeure égal à lui-même. Qu'il transcrive Soûr El-Ghouzlâne ou la Casbah d'autrefois; il y a un équilibre sans regret, sans subordination non plus...: «Cette ressource humaine, que je crois avoir en moi, a été, est encore, du moins, je le suppose, une superbe excitation pour ne pas rater ma communication.»

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