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DU GREXIT AU BREXIT

Pot de terre et pot de fer

Par
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David Cameron ou l'art de gagner sur toute la ligneDavid Cameron ou l'art de gagner sur toute la ligne

«Un mal qui répand la terreur, (...) Le Lion tint conseil, et dit: Mes chers amis, (...) Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons J'ai dévoré force moutons. Que m'avaient-ils fait? Nulle offense (...) Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi; (...)L'Ane vint à son tour et dit: J'ai souvenance Qu'en un pré de Moines passant, la faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue. Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.(...) Manger l'herbe d'autrui! quel crime abominable! Rien que la mort n'était capable D'expier son forfait Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.» Jean de la Fontaine (Les Animaux malades de la peste)

Cette fable est plus éloquente que cent discours, elle nous permet de mettre en perspective, la comédie humaine.
David Cameron a pu concrétiser une promesse de campagne, celle de donner la parole au peuple britannique pour son maintien ou non dans l'Union européenne. Il a pu concrétiser ce bras de fer qui a tourné à son avantage non pas au niveau de ce qu'il a pu arracher comme traitement de faveur, mais surtout la symbolique d'un peuple élu qui est le seul à décider de son destin contrairement aux autres. 450 millions de citoyens européens qui s'en remettent à leur édile pour parler à leur place à partir de Bruxelles avec des salaires et des avantages exceptionnels à des années-lumière, de la mal-vie des citoyens de l'Europe profonde qui ne comprennent pas qu'ils élisent un président à l'échelle nationale, mais que ce sont les technocrates de Bruxelles qui décident, surtout pour les petits comme la Grèce.

Qu'est-ce que le Brexit?
Le site suivant en donne la définition: «Le «Brexit» est une abréviation de «British Exit», évoquant l'hypothèse d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, faisant référence au «Grexit» évoqué durant l'été 2015 lors de la crise grecque. A la différence du «Grexit», où la mise à l'écart de la Grèce de la zone euro (et non de l'Union européenne) pouvait être envisagée comme une sanction envers le pays, il s'agirait dans le cadre du «Brexit» d'un départ volontaire de l'Union.» (1)
«Pour rappel: «Mardi 15 novembre 2015, le gouvernement britannique a présenté quatre grandes exigences au président du Conseil européen, Donald Tusk. Celles-ci concernent: David Cameron souhaite que les Européens qui s'installent au Royaume-Uni attendent quatre ans de présence sur le territoire avant de pouvoir toucher des allocations sociales. L'euro ne serait plus considéré comme la monnaie unique de l'Union européenne. Dès lors que l'Union européenne aurait plus d'une monnaie, toute politique décidée par les Etats membres de la zone euro ne serait qu'une option pour les autres Etats. Afin d'achever la construction du marché unique, le Royaume-Uni souhaite, d'une part, que la libre circulation des capitaux soit perfectionnée et, d'autre part, que la réglementation européenne pèse moins sur les entreprises.
Pour éviter de se diriger vers une union politique, David Cameron demande que soit ôtée des traités fondateurs la mention sur une «Union sans cesse plus étroite», et souhaite un renforcement des pouvoirs de contrôle des Parlements nationaux. L'article 50 du traité sur l'Union européenne (TUE) prévoit l'hypothèse d'une sortie d'un Etat membre de l'Union européenne. L'État qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. (...) Pour certains, la sortie du Royaume-Uni serait une catastrophe politique, pour d'autres, un épouvantail qui redonnerait foi dans l'Union européenne.» (1)

Qui sont les partisans du «Brexit»?
En fait, les Britanniques forts de leur insularité veulent les avantages de l'Europe en termes de marché, mais pas les inconvénients de la solidarité, sur les flux migratoires et les allocations pour les européens du deuxième collège qui travaillent au Royaume-Uni. Le débat qui dure depuis plus d'un an au sujet du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a révélé de nouvelles lignes de fractures politiques entre partisans et opposants au «Brexit». Conservateurs et travaillistes sont divisés sur la question. Alors que David Cameron est à Bruxelles pour tenter de négocier des gages qui lui permettront de défendre le maintien de son pays de l'UE, panorama des défenseurs du Brexit. (...) L'Ukip mène la campagne pour le «out» à travers le groupe Leave.eu, appuyé par divers mouvements eurosceptiques. (...) Le charismatique maire conservateur de Londres laisse planer le doute sur sa position en vue du référendum, alors que beaucoup espèrent le voir incarner le combat pour la sortie de l'UE.» (2)

Grexit, Brexit, deux standards
Le Royaume-Uni a réussi à imposer son agenda alors que le sommet devait porter sur la crise des réfugiés. De plus, la Grèce qui est le hot spot de l'Europe encaisse la majorité du choc des migrants: «Le Premier ministre grec Alexis Tsipras menace de ne pas signer l'accord sur le Brexit s'il n'obtient pas l'assurance que la frontière avec la Macédoine ne sera pas fermée avant le sommet UE-Turquie, prévu le 6 mars.(...)Personne ne doutait sérieusement, vendredi midi, qu'un accord ne serait pas trouvé dans les heures suivantes. «Tout le monde a envie de repasser aux vrais problèmes, de se consacrer à la crise grecque», répétaient les diplomates européens.» (3)
Comme l'écrit si bien Hubert Huerta de Médiapart: «Grexit, Brexit. Deux menaces de sortie pour l'Europe, mais deux ambiances très différentes. Dans les deux cas, des nations veulent contourner les règles. Dans les deux cas, elles ont dégainé un référendum. Mais là s'arrête la ressemblance. Tsipras était le diable, Cameron est un partenaire. Aux grands maux les grands remèdes, mais pas les mêmes potions. Pour les amis anglais, un sirop contre la toux, administré avec considération, et proposé modestement afin de n'humilier personne. Pour les camarades grecs, la potion punitive, à boire avant l'ultimatum.» (4)
Pierre Raterron va plus loin, il nous dit que la politique de la perfide Albion est toujours égoïste: «Souvenons-nous écrit-il. A Dublin, le 30 novembre 1979, Margaret Thatcher exigeait de l'Europe: «I want my money back!...» (Je veux récupérer mon argent), s'identifiant ainsi au Royaume britannique. Et ça a payé, Mrs Thatcher ayant obtenu nombre de concessions majeures. Trente-sept ans plus tard, David Cameron, fidèle à la tradition britannique, mais n'ayant pas le charisme de la Dame de fer, réclame au nom du peuple. Les conditions que Cameron met à sa résidence européenne «We want your money, first!...» (Nous voulons d'abord votre argent). Alors, bien sûr, pour préparer l'opinion, les milieux autorisés nous assurent que l'Europe fait front (...) Il n'empêche que dans la situation actuelle, il semble périlleux que la position «virile» de la Grande-Bretagne crée des émules chez les plus démunis, les plus dégoutés des postures politiciennes, les plus en attente d'un mieux-vivre, celles et ceux qui s'estiment les plus délaissés par l'État, que Madame Attrape-Tout excite, rameute et accueille à bras ouverts en leur promettant pour demain le bonheur et la prospérité.» (5)

Quel est l'apport des Britanniques?
Beaucoup considèrent que les Britanniques sont des enfants gâtés de l'Union, qui bénéficient déjà de quatre exceptions notables. Le Royaume-Uni n'appartient pas à l'espace de libre circulation Schengen ni à l'union économique et monétaire. Il n'a pas ratifié la Charte des droits fondamentaux de l'UE, et, en juillet 2013, a exercé la possibilité que lui offre le traité de Lisbonne de se retirer de 133 instruments de coopération dans le domaine de la police et de la justice pénale (il en a finalement retenu une trentaine). Londres bénéficie aussi d'un traitement particulier concernant sa contribution au budget de l'Union, un «rabais», en vigueur depuis 1984, au motif que le Royaume-Uni bénéficie moins que d'autres pays de la politique agricole commune. «Beaucoup de collègues pensent: les Britanniques n'ont jamais cessé de critiquer l'Union, malgré tous les efforts qu'on a faits pour eux. S'ils veulent partir, qu'ils partent!», résume un fonctionnaire européen». (6)
Le Huffington post s'interroge sur l'apport du Royaume-Uni: «(...) Mais nos voisins britanniques méritent-ils tant de sacrifices? Depuis leur entrée dans l'Union européenne en 1973, ils se sont surtout distingués par leur volonté d'y participer le moins possible. Les symboles ne manquent pas, qu'il s'agisse du refus de la monnaie unique, ou de l'obsession de la Première ministre Margaret Thatcher pour réduire sa contribution au budget européen, de 1979 à 1984. Pourtant, l'apport de la Grande-Bretagne à l'Union européenne mérite que l'on s'y arrête. Même sa capacité à contrarier Bruxelles est plus précieuse qu'il n'y paraît... Malgré la ristourne négociée par Margaret Thatcher (5 milliards d'euros en 2014), le Royaume-Uni reste un contributeur majeur au budget de l'Union européenne. Avec 17 milliards d'euros en 2013, il est le quatrième contributeur, derrière l'Allemagne, la France et l'Italie.(..) Une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union renforcerait donc l'autorité de l'Allemagne sur le continent. La France ne pourrait sans doute pas compter sur des pays comme l'Espagne et l'Italie, plutôt mal en point, pour jouer le rôle d'allié diplomatique de poids.Il y a la place de New-York, celle de Hong-Kong, et celle de Londres. Mais en cas de Brexit, plusieurs banques de la City ont déjà fait savoir qu'elles pourraient quitter le pays.» (7)

Brexit ou Brexeat? Le syndrome de Trafalgar
Comme toujours à Bruxelles lit-on sous la plume de Robert Chausendon de Médiapart et, selon la si jolie formule voltairienne, on va «peser des oeufs de mouches dans des balances en toiles d'araignées», tout en laissant bien entendu de côté les choses importantes. (...) La principale conclusion qu'on peut tirer de ce remue-ménage européano-britannique à Bruxelles est d'ordre lexical car, ici comme ailleurs, il faut donner la priorité aux mots. Dans l'histoire lexicale récente, le «Brexit» a succédé au «grexit». La formation était du même genre, mais le modeste «grexit» n'avait pas droit en général à la majuscule initiale dont on pare volontiers le «Brexit», sans doute pour amadouer Monsieur Cameron dont l'arrogance est fort éloignée de la modeste réserve d'un Tsipras (...)» (8)
«Grexit ou Grexeat?». En revanche, contrairement à ce que l'on pourrait penser «exeat» est un mot bien français et il figure même, lui, dans le Trésor de la langue française lui! La preuve: Autorisation donnée à un instituteur par l'inspecteur d'Académie de demander un poste dans un autre département. (...) Ce «Brexeat» pourrait s'interpréter de façons diverses et variées, du Net «Que les Rosbifs sortent de l'euro! Ou de l'UE!, ou du familier «Qu'ils aillent donc se faire voir chez les Grecs ou n'importe où ailleurs!», jusqu'au courtois: «Que les sujets de Sa Gracieuse Majesté veuillent bien se donner la peine de sortir de l'UE!» ou même «avoir l'extrême obligeance de se barrer!». (8)

L'accord: une implosion inéluctable de l'Union européenne
Les 28 dirigeants de l'Union européenne se sont accordés sur un compromis «renouvelant le pacte» du Royaume-Uni avec l'Europe. Un accord que le Premier ministre David Cameron juge suffisant pour recommander le maintien de son pays dans l'Union européenne lors d'un prochain référendum. Mais que contient-il? David Cameron s'est assuré d'une exemption pour le Royaume-Uni sur «l'Union toujours plus étroite», Le «carton rouge» est présent sous condition d'une alliance de 55% des votes alloués aux Parlements nationaux. Sur le principe de subsidiarité, Cameron a indiqué qu'il prévoyait de prendre de nouvelles mesures pour protéger la souveraineté britannique. Le dirigeant britannique ne voulait pas voir le statut du Royaume-Uni handicapé par le fait que le pays n'utilise pas l'euro. Ce qu'il a obtenu, Cameron revendique avoir obtenu des protections pour la City contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, estimant que l'UE reconnaissait «pour la première fois» qu'elle avait plusieurs monnaies.(9)
Déjà les mécontentements se font jour. Certains dénoncent le favoritisme et avancent la nécessité de consulter tous les peuples européens sur le maintien ou non dans l'Europe.
Après avoir obtenu à Bruxelles, lit-on sur l'Express, le «statut spécial» qu'il réclamait pour le Royaume-Uni, David Cameron s'attelle au plus dur: convaincre les Britanniques de voter en faveur du maintien dans l'UE lors d'un référendum. David Cameron doit faire face à un puissant courant eurosceptique dans son propre parti et les noms du ministre du Travail Iain Duncan Smith et de la secrétaire d'Etat à l'Emploi Priti Patel circulent comme d'autres potentiels partisans d'un Brexit.» (10)
Le chantage du Premier ministre anglais a payé. Les conséquences seraient désastreuses. Curieusement on menaçait la Grèce de l'exclure si elle n'acceptait pas d'entrer dans le rang et d'être entre les fourches caudines de la troïka. C'est le contraire avec le Royaume-Uni que l'on supplie de rester lui qui est tourné vers le large, qui n'a pas la contrainte de l'euro, qui demande en échange beaucoup de passe-droits au nom de son insularité. Pour l'histoire, De Gaulle s'était opposé à l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun, sans doute se souvenait-il de la façon humiliante dont Churchill l'avait traité lors de la Seconde Guerre mondiale, ne l'informant du département que quelques jours avant partant du fait qu'il n'avait pas à compter sur les maquisards. S'agissant de l'Europe, il est hors de doute que les divergences qui étaient gérables à 6 et dans une certaine mesure à 15, sont devenues ingérables à 27. C'est comme si on voulait un gouvernement mondial avec des vécus différents. Avoir perdu son rang économique, l'Europe a perdu ce qui lui restait de son magistère moral pour n'avoir pas pu s'imposer au plan des principes qu'elle bafoue allègrement quand il s'agit des intouchables. Dans les guerres actuelles, elle s'occupe de l'intendance sur ordre de l'Empire.

1. http://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-le-brexit.html
2.Qui sont les partisans du «Brexit»?Le Monde.fr 19.02.2016
3.http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/19/brexit-l-union-europeenne-suspendue-a-un-accord-avec-londres_4868090_3214.html
4.Huertashttps://www.mediapart.fr/journal/international/180216/grexit-brexit-deux-standards
5Pierre Raterron Https://blogs.mediapart.fr /pierre-raterron/blog/200216/1979-margaret-thatcher-i-want-my-money-back-2016-david-cameron-we-want-your-money-first
6. http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/17/pourquoi-bruxelles-en-veut-a-londres_4866606_3214.html
7.http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/19/brexit-europe-royaume-uni-city-politique_n_9271176.html
8https://blogs.mediapart.fr/robert-chaudenson/blog/190216/brexit-ou-brexeat-le-syndrome-de-trafalgar19 févr. 2016
9http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-ce-que-contient-l-accord-obtenu-par-cameron-avec-l-union-europeenne_1765945.html
10.http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-un-referendum-sur-l-appartenance-du-royaume-uni-a-l-ue-le-23-juin_1765943.html

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