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SOMMET SUR LE NUCLÉAIRE

La diversion par Daesh et la Corée du Sud

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La menace terroriste est brandie à chaque foi que besoin estLa menace terroriste est brandie à chaque foi que besoin est

«Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère.» Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5

Les 30 et 31 mars, plusieurs dirigeants mondiaux se sont réunis à Washington autour de Barack Obama, le président des Etats-Unis, à l'occasion d'un Sommet international sur la sécurité nucléaire, le quatrième du genre depuis 2010, un an après son discours de Prague, en avril 2009, sur «un monde sans armes nucléaires». Le président américain avertissait que le risque d'une «attaque nucléaire» représentait «la menace la plus immédiate et la plus extrême pour la sécurité mondiale». Cette édition est marquée, entre autres, par la menace terroriste et djihadiste de prolifération de bombes sales. L'initiative américaine visait à mobiliser la communauté internationale réduite à 50 pays sur 192 pour mieux prévenir le vol ou l'acquisition de matériaux nucléaires, de même que le sabotage d'installations nucléaires. D'après des données de l'Aiea, quelque 2800 incidents relatifs à des trafics, possessions illégales ou pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années. Et selon des experts américains en non-prolifération, le stock mondial d'uranium hautement enrichi s'élevait à la fin 2014 à 1370 tonnes.

Un bilan mitigé
D'après le centre d'étude, Belfer Center, «des groupes terroristes comme l'EI peuvent mettre la main sur des matériaux nucléaires pour faire une bombe rudimentaire». Exagérant à outrance, le DG de l'Aiea, Yukiya Amano déclarait dans un entretien à l'AFP: «Le terrorisme se répand et la possibilité que des matériaux nucléaires soient employés ne peut pas être exclue.» De plus, la sécurité nucléaire est loin d'être assurée, lorsque selon l'agence d'information Reuters, 400 unités de matière nucléaire ont été portées disparues au cours de ces quatre dernières années, dont certaines ont été volées. De ce fait, la Maison-Blanche est préoccupée par les capacités des Européens à contrer les risques d'attaques sur leurs grandes villes... le président Obama a souligné le besoin d'augmenter la coopération transatlantique pour «identifier les attaques potentielles, couper le financement». D'après le journal la Croix «en six ans, des progrès substantiels ont été accomplis. Quatorze nations ont éliminé leurs stocks d'uranium hautement enrichi et de plutonium, des matériaux utilisés pour fabriquer les bombes atomiques. Le Japon a renvoyé ce mois-ci aux États-Unis de l'uranium et du plutonium permettant de fabriquer une quarantaine de bombes. De même, l'Ukraine s'est débarrassé, en mars 2012, de la totalité de son stock d'uranium hautement enrichi. (...) Les pays non dotés de l'arme nucléaire, mais détenteurs sur un site unique de matières fissiles susceptibles d'être utilisées pour la fabrication d'une «bombe sale» l'ont éliminé ou sécurisé. Pour assurer la poursuite de cet effort, le sommet doit adopter cinq «plans d'action» et confier le suivi à trois organisations internationales: l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea), l'ONU et Interpol». (1) Pourtant, le journal parle de faille. «Selon l'Aiea, quelque 2800 incidents relatifs à des trafics, possessions illégales ou pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années En dépit des succès» soulignent les auteurs d'un rapport sur la sécurité nucléaire, publié en mars 2014, par le Belfer Center for Sciences and International Affairs, «de sérieux dangers de vol et de terrorisme demeurent».(1)

Qu'est-ce qu'une bombe sale?
Une bombe sale désigne principalement la bombe radiologique, mais elle désigne également tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (Nrbc pour nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Ces diverses armes, réalisables sans une importante infrastructure industrielle, sont génériquement dénommées Engin explosif improvisé (EEI). La bombe radiologique est une bombe conventionnelle, entourée de matériaux radioactifs destinés à être répandus en poussière lors de l'explosion. Cette explosion a donc l'intensité thermique et mécanique d'une bombe conventionnelle, mais dissémine autour d'elle des éléments radioactifs qui auront des effets à long terme. Le but principal n'est donc pas de détruire, mais de contaminer une zone géographique et les personnes présentes en son sein par des radiations directes (premier effet) et l'ingestion et l'inhalation de matériaux radioactifs.» (2) «En raison de leur radioactivité et de leur large diffusion pour des emplois scientifiques, techniques ou médicaux, les différents radioisotopes utilisés sont relativement faciles à trouver, et permettent de considérer l'arme comme un EEI. Ce sont notamment les:cobalt 60, strontium 90, césium plutonium 238, radium 226. Ces éléments sont plus faciles à trouver que les matériaux fissiles pour armes atomiques, plus étroitement surveillés. Selon des experts, la fabrication et l'utilisation de ces EEI, qu'ils soient de nature atomique, biologique ou chimique, ne peuvent être empêchées avec certitude.» (2)
«Le dispositif est conçu de sorte que lors de l'explosion, il pulvérise et dissémine la substance toxique, et non pas pour que l'onde de choc permette une destruction maximale. L'explosion d'un EEI radiologique peut avoir les divers effets suivants: la décontamination d'une région, principalement dans une grande ville, serait longue et coûteuse. Un autre problème serait la panique probable de la population civile dès qu'elle aurait connaissance de la nature de cette attaque. La raison en serait, pour les experts, le flou dans l'esprit du public de la frontière entre la bombe A et la bombe sale.» (2) «En fait, il y aura une prolifération de la radioactivité un peu comme ce qui se passe encore de nos jours à proximité des centres des 13 essais nucléaires français au Sahara (Reggane, Beryl les niveaux de contamination obtenus avec les matériaux radioactifs les plus répandus, amènent à une radioactivité qui ne serait sans doute pas suffisante pour provoquer des maladies graves, voire des décès. Le risque de cancer à plus ou moins long terme est en principe augmenté par les radiations, quelle que soit la dose. Comme il est peu probable qu'un EEI radiologique terroriste provoque beaucoup de décès, beaucoup ne considèrent pas que ce soit une arme de destruction massive. L'explosion d'une bombe nucléaire est le résultat de la fission nucléaire (pour les bombes A) ou de la fusion thermonucléaire (pour les bombes H). La fabrication d'un EEI radiologique est donc plus simple. Le plus compliqué est de trouver et de manipuler les éléments radioactifs qui entourent l'explosif, des déchets nucléaires par exemple.» (2) «Un exemple extrême serait le cas où une organisation terroriste possèderait une source très fortement radioactive, par exemple, un générateur thermique au strontium 90, possédant la capacité intrinsèque de créer un incident comparable à l'accident de Tchernobyl. Un blindage efficace de la source la rendrait de fait pratiquement impossible à transporter, et diminuerait considérablement son rendement à l'explosion. Cependant, le cas de l'attentat-suicide évacue le problème de protection du porteur.» (2)

L'absence déterminante de la Russie
Curieusement, le président russe Vladimir Poutine, à la tête d'une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d'Iran et de Corée du Nord, sont absents. Le conseiller adjoint de la Sécurité nationale de la Maison-Blanche Ben Rhodes a annoncé que la Russie «s'est isolée des discussions» sur la sécurité nucléaire. Le ministère des Affaires étrangères russe a qualifié cette réaction de «politisée». «Les propos de cette teneur sont étranges, même du point de vue formel. Le Sommet de Washington ne réunit qu'un peu plus de 50 pays. Tous les autres ne sont pas invités, bien que nombre d'entre eux possèdent des sites et du matériel nucléaire... Si la Russie est isolée, c'est avec 150 autres pays du monde. La seule différence est que Moscou a reçu une invitation», a précisé le diplomate russe Mikhaïl Oulianov. En ce qui concerne la sécurité nucléaire, question au coeur du sommet, le diplomate rappelle que la Russie et les Etats-Unis coopèrent en la matière dans le cadre de l'Initiative globale pour combattre le terrorisme nucléaire (Gicnt), qui réunit aujourd'hui 85 Etats et vise à renforcer les capacités nationales et internationales de lutte contre la menace liée au terrorisme nucléaire. «Les réactions américaines ne sont pas objectives. Elles sont dictées plutôt par les émotions que par l'état de choses réel. Washington est apparemment blessé par le refus de la Russie, un des leaders dans le domaine du nucléaire civil, d'accepter l'invitation au sommet tenu dans la capitale américaine», a indiqué le diplomate.(3)
«Kevin Kamps, expert en sûreté nucléaire, estime que cette réunion aura peu d'impact sur l'amélioration de la situation dans ce domaine. Absence d'acteurs clés La menace de terreur nucléaire fait partie des sujets les plus importants du sommet. Néanmoins, la question de savoir si une réelle percée peut être atteinte à la réunion étant donné que des joueurs clés du nucléaire, tels que la Russie, l'Iran et la Corée du Nord n'y sont pas présents. Conviée à la réunion, la Russie a choisi de décliner l'invitation, expliquant que la raison de cette décision était liée à «un important déficit d'interaction lors de l'étude préalable des questions et des sujets abordés pendant le sommet», mettant ainsi en doute son utilité, a indiqué le Kremlin. En plein milieu de ce sommet que les médias d'État nord-coréens ont qualifié d'effort «absurde» pour empêcher Pyongyang d'avoir «un accès légitime aux armes nucléaires», la Corée du Nord a tiré vendredi un nouveau missile de courte portée.» (4)

Les promesses de Washington non tenues
Pour Kevin Kemps expert en sureté nucléaire: «Le sommet est un test pour le président Barack Obama et sa stratégie de non-prolifération nucléaire. Quand le président américain a annoncé la création d'une réunion annuelle il y a quelques années, il était convaincu qu'elle porterait ses fruits. «Je déclare solennellement et avec conviction, l'engagement des Etats-Unis à la recherche de la paix et de la sécurité, pour un monde sans armes nucléaires», avait-il annoncé à Prague en 2009, en proposant de relancer les efforts contre la prolifération de l'atome. Malgré ses discours consacrés à la dénucléarisation du monde, Barack Obama n'a pas appliqué ces beaux principes à lui-même. Au contraire, de nombreux missiles nucléaires B61, créés dans les années 1960, ont été déployés sur les bases américaines d'Allemagne, de Belgique, d'Italie, de Turquie et des Pays-Bas, ce qui selon Moscou, pourrait augmenter le risque qu'une arme nucléaire soit un jour utilisée. En outre, en juillet 2015, les Etats-Unis ont testé la bombe nucléaire B61-12, sans ogive, sur le site de Tonopah, dans le Nevada.» (4)

La position de la Chine: elle répondra aux provocations en mer de Chine
«Le président Xi et moi-même sommes déterminés à obtenir une dénucléarisation de la péninsule coréenne et la pleine application des sanctions de l'ONU», a martelé M.Obama aux côtés de son invité. Voilà pour la galerie. La réalité est plus sombre, les Chinois sont excédés par le containment américain véritable rouleau compresseur pour isoler la Chine.
«Xi Jinping écrit Kevin Kemps l'a prévenu que la Chine comptait protéger sa souveraineté dans les eaux disputées de la mer de Chine. 'La Chine va vigoureusement protéger sa souveraineté et ses droits afférents en mer de Chine'', a-t-il fait savoir, cité par l'agence d'information Xinhua. Tout en admettant que Pékin «respecte et préserve la liberté de navigation et de survol à laquelle d'autres pays ont droit en vertu du droit international», le dirigeant chinois a souligné que la Chine «n'accepterait pas la liberté de navigation comme excuse pour saper les intérêts nationaux de la Chine et sa sécurité». Washington a pris des mesures pour contrer l'influence grandissante de la Chine dans la région et a augmenté la fréquence de ses patrouilles navales en mer de Chine dans le cadre d'exercices de «liberté de navigation» près des archipels disputés.

La réalité du Sommet et de ses retombées
«Nous venons de voir que les deux principaux autres leaders d'un monde multipolaire sont traités comme quantités négligeables. Un peu comme les vassaux de l'Empire, ces Freeriders qui resteront dans les imaginaires. Pour Kevin Kamps, expert en matière de sûreté atomique, «le sommet n'apportera pas beaucoup de réponses concernant l'amélioration de la situation dans le domaine, puisque la question des armes nucléaires ne sera pas évoquée lors de cette réunion, ni même le cas des centrales: «Malheureusement, l'administration Obama est très à l'aise avec le statu quo, avec l'énergie nucléaire aux Etats-Unis, la sécurité de ces installations, ou plutôt le manque de celle-ci», a-t-il expliqué dans une interview à RT. (4)
L'expert a trouvé incroyable qu'une des plus importantes initiatives liées à ce sommet de sécurité soit le transport de liquides hautement radioactifs du Canada aux Etats-Unis. «C'est une livraison sans précédent de liquides hautement radioactifs, cela représente un très grand risque, mais cela n'aboutit à rien. Ces déchets nucléaires pourraient tout aussi bien rester en sécurité au Canada», a-t-il précisé. Kevin Kamps a également évoqué le cas du transport en haute mer de plutonium japonais, pouvant être utilisé pour fabriquer des bombes sales, qui est susceptible d'être pris d'assaut. «Cela n'a pas de sens. Il ne s'agit que d'une action de relations publiques, dont ils espèrent pouvoir retirer un certain crédit lors du sommet.» (4)
A ce bilan en demi-teinte, la campagne présidentielle américaine a apporté son lot de surprises, venues des prises de position iconoclastes du favori à la primaire républicaine Donald Trump. Ce dernier s'est dit, en effet, favorable, lors d'une rencontre avec le New York Times le 25 mars, à ce que la Corée du Sud et le Japon développent leur propre arsenal nucléaire pour se défendre contre la Corée du Nord.
Ce cinquième sommet est le dernier d'Obama de mon point de vue. Le terme Bombe est un non-évènement car il entretient dans l'imaginaire des gens une peur irrationnelle par analogie avec la bombe atomique classique. Depuis l'explosion de la première bombe atomique lancée sur un pays qui avait arrêté les combats (le Japon), l'homme a inventé des bombes beaucoup plus terrifiantes, il suffit de se souvenir toutes les bombes utilisées à titre expérimental sur les théâtres du Moyen-Orient où sont des morts par centaines de milliers. Plusieurs essais de la part de groupes militants pour se procurer des matériaux radioactifs, éventuellement dans le but de fabriquer des EEI, mais aucun n'a abouti à une explosion La probabilité de mettre en oeuvre une bombe sale et qu'elle fasse des dégâts est minime, mais il s'agit de protéger des hommes et des femmes qui ont le privilège d'être nés du bon côté de l'Histoire. Pourtant, l'humanité est une. Nous avons tous une Lucy en héritage qui a pris son essor quelque part dans la corne de l'Afrique il y a de cela quelques millions d'années.

1.http://www.la-croix.com/Monde/Quatrieme-sommet-sur-la-securite-nucleaire-a-Washington-2016-03-31-1200750192
2. Bombe sale Encyclopédie Wikipédia
3. Mikhaïl Oulianov: https://fr.sputniknews. com/international/201603311023821258-sommet-nucleaire-washington-russie-sisole/
4.https://francais.rt.com/international/18393-sommet-washington-nucleaire-chine-russie

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