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VERS UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE

Les piteuses rodomontades des vassaux de l'Empire

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Le conflit syrien peut dégénérer à tout instant en Guerre mondialeLe conflit syrien peut dégénérer à tout instant en Guerre mondiale

«Le président russe Vladimir Poutine ‘‘a décidé d'annuler'' sa visite à Paris prévue le 19 octobre, a annoncé le Kremlin, mais il y rencontrera François Hollande quand son homologue français ‘‘se sentira à l'aise'' pour cette entrevue. Le président a noté qu'il était prêt à se rendre à Paris à une date qui conviendra à (François) Hollande.»

Le monde est au bord du chaos qui s'est emparé de la Syrie depuis que les dirigeants occidentaux surfant sur la vague des printemps arabes ont décidé de s'occuper de la Syrie comme ils l'ont fait pour l'Irak, l'Afghanistan. On trouve toujours à la manoeuvre l'Empire qui dicte la norme et les vassaux qui font assaut d'allégeance pour être dans ses bons papiers. Ce qui arrive en Syrie est une tragédie. La Russie et la Chine échaudées par la résolution ayant amené la mort d'El Gueddafi ne laissent plus rien passer. La Russie s'est résolument placée du côté de la légalité et intervient à la demande du président syrien pour mettre de l'ordre. On aurait cru que le dernier accord russo-américain allait permettre un peu de répit, il n'en fut rien. Une bavure américaine a causé la mort de 80 soldats de l'armée syrienne et les convois furent attaqués. Le cessez-le-feu n'a pas tenu.
La France donne l'impression de faire une faveur à la Russie et que si Poutine vient il doit rendre des comptes comme l'a déclaré Jean-Marc Ayrault, lundi 10 octobre, que, s'il était reçu par l'Elysée, le président russe ne viendrait pas pour des«mondanités» mais pour parler de la crise syrienne et de la situation en Ukraine. «Soyons clairs lit-on dans la contribution suivante: Poutine n'a aucun besoin de rencontrer François Hollande, et n'en a peut-être pas envie, pour la bonne et simple raison que Hollande n'a aucune décision sur rien, même pas en matière de politique intérieure. Si Poutine vient à Paris le 19 octobre, c'est pour un évènement beaucoup plus important qu'une rencontre vide avec un dirigeant qui va lui parler de choses qu'il ne maîtrise pas. Il vient perpétuer des liens autrement plus profonds entre la France et la Russie, et se place sur une sphère historique qui semble échapper à François Hollande. (1)

La comédie diplomatique qui repose sur du vent
Caroline Galactéros, docteur en sciences politiques, dans une analyse sans concession fait le procès de la diplomatie de la France et des rodomontades des dirigeants: «La décision de Poutine de ne pas venir à Paris -suite aux atermoiements et au mépris de Hollande qui s'interrogeait dans une émission de variétés s'il doit le recevoir ou pas -n'est que la suite logique d'un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde... Elle écrit:
«Accusant avec l'ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies demandant l'arrêt des combats et des bombardements sur l'est de la ville (dont elle feint de croire qu'il n'est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l'acheminement de l'aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. Que dire de cette initiative, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l'Otan, appellent ouvertement de leurs voeux?
Caroline Galactéros poursuit: «Une gesticulation habile, mais dangereuse qui n'a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s'affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? (...) Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un veto russe (...) L'évidence crève l'écran.» «L'Occident» ne mène pas la guerre contre l'islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l'entraîne. DAESH, dont la barbarie spectaculaire des modes d'action sert d'épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l'avalanche de djihadistes sunnites d'obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d'ailleurs pas plus que nous l'Etat islamique, mais s'acharnent sur le régime syrien. Et l'Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d'être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l'Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.»
Elle aborde ensuite la reconfiguration du monde et met en évidence les errements de la diplomatie française combattant les sunnites au Mali, les aidant en Syrie: «(...) Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l'équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin (...) Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad...tout en prétendant profiter du marché iranien entrouvert....et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (...) L'exigence américaine - reprise à son compte par Paris - d'une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est 'pour raisons humanitaires'' aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu'Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d'obus sur la partie ouest de la ville et d'empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l'Etat syrien dans le cadre d'une négociation ultime. Qui a d'ailleurs fait échouer le cessez-le-feu signé le 9 septembre dernier à Genève?
Les groupes terroristes qui n'en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l'Etat Islamique. Encore un accord de dupes.» (2)
«Par dogmatisme conclut-elle, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s'est en plus retourné contre nous dès l'été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas. Un camouflet d'autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des Affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que 'Bachar el Assad ne méritait pas d'être sur terre'' et, en décembre 2012, 'qu'Al Nosra faisait du bon boulot(...) N'en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n'est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou (...) Nous combattons l'Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique. Pour Moscou, au contraire, il n'existe pas 'd'islamistes modérés''; (...) Au moment où il est d'une extrême urgence de se parler enfin à coeur ouvert, de dire la vérité, le président de la République française s'interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l'animateur Yann Barthes sur TMC, sur l'opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre! 'P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non...'' La réponse de Moscou à cette insulte ne s'est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l'impuissance politique.» (2)
La France n'est pas la seule à faire ce que l'Empire demande: Michael Fallon, secrétaire d'Etat britannique à la Défense, qui a accusé la Russie de prolonger la guerre en Syrie et d'être responsable de la situation à Alep. Ce qui fait réagir le ministère russe de la Défense: «Au lieu de se plonger dans le flou des réflexions sur la responsabilité de la Russie sur la situation en Syrie et à Alep, en particulier, il ferait mieux de se rendre compte de ce qui est fait par le Royaume-Uni dans ce malheureux pays.» (3)
Pourquoi la Russie est haïe?: «L'impopularité de la Russie en Europe nordique et orientale a quelque chose d'horrible, mais elle est facile à comprendre. Elle ne repose pas sur le passé ou sur d'anciens contentieux territoriaux ou historiques; simplement sur le fait que peu à peu Washington remplace les élites européennes par des élites hostiles au service de Wall Street et du Pentagone. Cela donne les Young leaders en France ou carrément des citoyens nord-américains formatés mentalement à l'université de Georgetown. L'Europe du Sud, moins portée sur l'anglais et l'Amérique, est justement moins hostile à la Russie, et moins contrôlée par la CIA. On oubliera Barroso passé du Portugal à Goldman Sachs.» (4)

Peut-on éviter une troisième guerre mondiale?
Pour Thierry Meyssan, le conflit syrien peut dégénérer à tout instant en Guerre mondiale. Les États-Unis ne sont plus en mesure de tenir leurs engagements, comme on l'a vu avec l'accord de l'Aïd, mais ne veulent pas pour autant abandonner leur objectif (empêcher le développement de la Chine et de la Russie afin de maintenir un ordre mondial unipolaire). Moscou et Pékin, de leur côté, estiment être désormais en position de force. Nous approchons du moment clé de renversement de l'ordre mondial ou de la Guerre nucléaire. Jamais Moscou n'a cru à la sincérité de Washington. Pourtant, depuis le 30 juin 2012, il n'a cessé d'enchaîner les accords, jamais tenus. Washington a alors rendu public des extraits choisis d'une discussion entre John Kerry et des représentants de l'opposition de salon syrienne, prétendument enregistrée «à son insu», le 22 septembre à New York [2 Washington renonce à la guerre, mais rien ne change vraiment sur le terrain. Elle se poursuit sous l'unique responsabilité de ses vassaux. (5)
«Les médias font état d'une très vive altercation entre le Président russe, Vladimir Poutine et son homologue français, François Hollande autour de la Syrie. Le contact téléphonique entre les deux hommes a tourné à une passe d'armes verbale, avec en toile de fond un approfondissement des divergences de part et d'autre. (...) En réponse à Hollande qui demandait l'arrêt des frappes aériennes russes contre les positions des terroristes d'Al-Qaïda et de l'ASL à Alep, Poutine aurait fulminé:» Vous n'avez plus aucun autre choix, si ce n'est le fait d'abattre les avions russes et là vous allez déclencher une nouvelle guerre mondiale. Si la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis veulent la guerre, ils l'auront»» (6)
Encore une fois les vassaux vont intervenir sur ordre de l'Empire: «Pour Washington écrit Thiery Meyssan, il est désormais clair que la République arabe syrienne ne tombera pas et qu'il ne sera pas possible de juger et de condamner sans preuves le président Bachar el-Assad. Cette mise en scène s'inscrit dans le conditionnement des Occidentaux, «défenseurs du Bien face aux cruels Syriens.» La France, successivement porte-parole des intérêts turcs, puis qataris, puis saoudiens et aujourd'hui israéliens, espère donc juger les 120 dirigeants syriens (déjà condamnés sur le papier) devant la Cour pénale internationale... par contumace. Le 10 octobre, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu'il avait demandé à un groupe de juristes de trouver un moyen pour saisir la CPI malgré l'opposition prévisible du Conseil de sécurité. Il semble que Washington se prépare à accepter la fin du monde unipolaire. Dans ce cas, les accusations les plus farfelues et plus terrifiantes contre la Syrie serviront à noircir l'image du camp russe.» (7)
On pense aussi comme scenario de fuite en avant à des attaques sous fausse bannière. Après l'échec de la diplomatie américaine: «La frustration du secrétaire d'État John Kerry, engendrée par l'échec de la diplomatie américaine, est apparue clairement lors d'une réunion avec un groupe de civils syriens, la semaine dernière, où il défendait les efforts des États-Unis pour mettre fin à la guerre civile de cinq ans en Syrie, selon un enregistrement audio de CNN. (...) Le Parlement russe a ratifié un accord avec la Syrie au sujet du stationnement, sans limites précises, des forces russes en Syrie. (...) 82 soldats syriens sont morts et plusieurs autres ont été blessés. La frappe a permis à l'EI d'avancer vers la ville assiégée de Deir Ezzor. Ce n'était pas une«erreur» comme les États-Unis l'ont prétendu. La Russie défendra ses forces en Syrie et elle défendra la souveraineté de la Syrie. Elle n'est pas seule. Une frégate chinoise vient d'arriver dans le port syrien de Tartous. Toute attaque contre les forces russes ou syriennes serait illégale La Russie a bien raison d'avertir des conséquences éventuelles d'une violation. Il n'y a rien de 'belliqueux'' là-dedans.» (8)
Se pose alors, la question de l'après-Assad et évalue les possibilités toutes aussi tragiques les unes que les autres pour le peuple syrien En clair après -300.000 morts des dizaines de milliards de dégâts 6 millions de déplacés plus tard - on reviendrait à une situation d'un chaos avec une barbarie d'Etat: «Si Assad, 'bourreau de son propre peuple'' selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte-t-on le remplacer? Jean-Marc Eyraut a la solution: «La Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services» «A qui sera livrée la Syrie! conclut Caroline Galactéros, 'utile'' ou pas, une fois que DAESH en aura été progressivement 'exfiltré'' vers d'autres macabres 'territoires de jeu'', en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d'Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudos 'modérés'' qui encombrent les couloirs des négociations en trompe-l'oeil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom - Fateh al Sham -, ou un mixte de tous ces rebelles - apprentis démocrates férus de liberté (...) Croit-on sérieusement que l'on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, Ne comprend-on pas qu'ils vont mettre le pays en coupe réglée.» 2) Rien à ajouter. Paix et empathie pour ce peuple qui n'arrête pas de souffrir.

1.http://reseauinternational.net/recevra-ou-ne-recevra-pas-poutine-la-pitoyable-mise-en-scene-de-hollande/#J2FsOCXdchA6F73H.99
2. http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/10/11/31002-20161011ARTFIG00146-caroline-galacteros-la-decision-de-vladimir-poutine-humilie-la-diplomatie-francaise.php
3.https://fr.sputniknews.com/international/201610101028123934-accusations-reponse/
4.http://reseauinternational.net/les-raisons-cachees-de-la-russophobie-en-europe/#5QvcqpWKRYPhpzLo.99
5.http://reseauinternational.net/lepreuve-de-force/#lYe9iZ30JAcPXfgT.99
6.http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i15874-syrie_le_clash_hollande_poutine!
7.Thierry Meyssan http://www.voltairenet.org/article193601.html
8.http://lesakerfrancophone.fr/syrie-les-etats-unis-preparent-ils-une-attaque-aerienne-sous-fausse-banniere

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