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HOLLANDE S'EN VA

Anaphore en 2012, sortie théâtrale en 2016

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Une autre victime du...chômageUne autre victime du...chômage

«Les Technocrates, c'est les mecs que, quand tu leur poses une question, une fois qu'ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t'as posée.» Coluche

Cette boutade de Coluche est là pour illustrer comment le citoyen lambda se fait embobiner par les sondages savants qui peuvent se contredire sans ciller. Ainsi, une surprise à la taille de ce qui se passe dans le monde, en contradiction totale avec les prévisions des boules de cristal des instituts de sondage dont on s'aperçoit qu'ils se trompent régulièrement. Leurs sondages n'ayant, selon toute vraisemblance, non pas qu'ils ne respectent pas les règles de la statistique, mais comme on sait, on peut tout faire dire à des sondages surtout si les questions sont posées avec un arrière-plan qui doit amener le sondé à répondre dans le sens voulu. Malgré cela nous avons eu le Brexit, nous avons eu l'élection de Trump, nous avons eu l'élection dans la primaire de droite en France, de Fillon, chef de file d'une droite, avec la mentalité des croisades. Le dernier jeu de massacre a été la sortie spectaculaire de Hollande qui a réussi à tromper tout le monde. Plus malin que tous les autres, Hollande quitte un navire de la gauche qui coule, conseillé, le dit-on, par Ségolène sa compagne de 30 ans et ses enfants. Derrière le pseudo «renoncement» de Hollande il y a peut-être une forte odeur de coup d'État de palais, soft en apparence, mais d'une extrême brutalité dans son aboutissement.

La non-candidature de Hollande était-elle prévisible?
Apparemment pas! Hollande a toujours lié son éventuel second mandat à l'inversion de la courbe du chômage. De plus, dans son discours de Valmy, on pouvait comprendre qu'il allait annoncer sa candidature. Lors d'une interview le 18 juin 2015, Alimuddin Usmani a interviewé Alain Soral qui avait prédit que Hollande ne se représenterait pas et il nous apprend que la combine des primaires est de couper la route à Marine Le Pen qui n'aura pas de chance s'il y avait une gauche unie, nous l' écoutons: «Oui, mais je pense qu'il ne se représentera pas. Il suffit de regarder les sondages qui disent que les gens de gauche veulent Valls à des proportions de 45 contre 14. Hollande c'est 'one shot'', c'est le mec qui a été élu par défaut, parce que les gens voulaient virer Sarkozy (...) Les gens voulaient sanctionner Sarkozy; maintenant en France on ne vote plus pour, on vote contre. Hollande a un bilan catastrophique, je ne vois pas pourquoi il se représenterait. Se représenter c'est prendre le risque que Marine soit au deuxième tour. (...) À gauche comme à droite, ils sont de toute façon tous dans une logique de primaire, comme aux États-Unis, pour éviter justement la multiplication des petits candidats qui pourraient amener un candidat du Front national au deuxième tour avec moins de 20% des voix. Le but maintenant c'est que le seuil qualificatif soit à 27 ou à 28%, c'est pour cela qu'il y a des primaires. (...)Tout est fait pour qu'il n'y ait plus de petits candidats. Les 500 signatures sont révélées au public. S'il y a des primaires à gauche et à droite, il y aura peu de candidats dissidents. Du temps de Le Pen père, il avait accédé au deuxième tour avec 16,86%.» (1)

Bilan d'un quinquennat de catastrophe
Si un léger mieux se fait effectivement sentir, écrit Marc Landré, depuis quelques mois tant sur l'emploi que sur le chômage, il est insuffisant pour effacer le début catastrophique du quinquennat pour les Français qui ont voulu croire. Effectivement, en cette fin 2016, à quelques encablures de la présidentielle de 2017, «(...) ça va mieux» pour reprendre la formule du président de la République. L'emploi, comme le chômage, est bien orienté et ne l'a même jamais été autant. (...) Côté pile, la France a créé 210 000 emplois sur les six derniers trimestres et le nombre de chômeurs a déjà reculé de 107 700 sur un an donnant réalité à l'inversion de la courbe annoncée par Hollande (...) Côté face, seuls 30 200 emplois ont été créés depuis le début du quinquennat. (...) Donc, si l'inversion de la courbe du chômage -annoncée dès le mois de juillet 2012 pour la fin 2013- a bien fini par se réaliser, elle est arrivée bien trop tardivement et n'efface pas le bilan que laissera le président à son successeur. Et c'est cette ardoise, les 600 000 chômeurs... Une ardoise, il ne faut pas l'oublier, que Manuel Valls devra toutefois assumer à sa place s'il se déclare, comme il a prévu de le faire, candidat à la succession de François Hollande.» (2)

La politique étrangère de la France sous le règne de la gauche
Dans quel état laissera-t-il la France? Après s'être occupé à faire des guerres sans lendemain et des ingérences au nom des prétendues luttes contre le terrorisme réussissant même à mobiliser la droite toujours forte avec les faibles, son quinquennat se termine dans le chaos. Epaulé par Laurent Fabius qui le moins que l'on puisse dire n'est pas un ami des Arabes.
René Naba en parle: «L'esbroufe aura été son mode opératoire. De même que le mépris et la morgue, ses deux plus implacables ennemis. En trois ans de parade au Quai d'Orsay, Laurent Fabius aura poussé les travers français à leurs expressions les plus extrêmes. Donné toute la mesure de ses faux talents, un mélange de malveillance, de bonne conscience, d'outrecuidance, de morgue et de mauvaise foi (...)» (3)

Les rodomontades pour punir la Syrie
Toujours fidèle au discours des races supérieures qui sont là pour dicter la norme et pour punir, Hollande piaffait d'impatience pour aller en découdre en Syrie. Laché par Obama et David Cameron, il mangea son chapeau en faisant marche arrière d'autant que Assad l'attendait de pied ferme:«Caramélisé écrit Naba, sur le plan international par la défection de ses deux alliés atlantistes, les États-Unis et le Royaume-Uni, en contre-pied de l'aîné corrézien passé à la postérité pour sa gestuelle gaulliste de Chirac d'Irak, le cadet socialiste de Tulle, à dix ans de distance, s'est laissé happer par la tourmente d'un «anus horribilis», Scipion l'Africain du Mali, en janvier 2013, Général Flamby en Syrie, à l'automne de la même année, une performance qui sonnait prématurément son crépuscule diplomatique. (...) En fait, Laurent Fabius avait été déjà carbonisé en direct par ses amis américains incommodés par son rôle de «bad cop» tant dans les négociations sur le nucléaire iranien que sur un éventuel règlement politique en Syrie. (...) Bachar Al-Assad «ne mérite pas d'être sur terre». (...) Le plus capé des socialistes, réputé pour ses somnolences dans les forums internationaux, passera ainsi dans l'histoire comme «le petit télégraphiste des Israéliens dans les négociations sur le nucléaire iranien». (3)

L'amour et l'allégeance pour Israël
On se souvient que le gouvernement Ayrault avait satisfait les Français d'Israël, De plus, le tropisme socialiste à l'égard d'Israël est connu: la France, écrit Eyal Sivan de Rue 89, est gagnée par le sionisme. Quels que soient en effet, les gouvernants en France, ils ont une peur panique de déplaire à Israël au point d'en rajouter pour être dans les bons papiers des leaders israéliens à qui rien ne peut être refusé. En juin 2012 Hollande donne sa bénédiction à Netanyahou dans l'assassinat des Ghazouis: «Israël qui détient la bombe atomique a le droit de se défendre contre les tire-boulettes.» Parlant de François Hollande René Naba ajoute (...) Accueilli en grande pompe par Benyamin Netanyahou, dès son atterrissage à Tel-Aviv, François Hollande entendait visiblement faire honneur au «tapis rouge» Au point de le clamer, en hébreu dans le texte: «Je resterai toujours un ami d'Israël.» Une déclaration qu'aucun des présidents français navait osé faire auparavant, pas même Nicolas Sarkozy, qui passait jusqu'à présent comme le plus philo-sioniste (...) «Parmi les grands perdants de la mondialisation, parmi les grands perdants de l'Européanisation», selon l'expression de Marcel Gauchet, la France de François Hollande figure aussi parmi les grands perdants en Syrie et, indice patent de la déflagration mentale des socialistes français, les meilleurs alliés des Saoudiens et néoconservateurs américains, des néoconservateurs israéliens». (3)
Pour René Naba (...) la relève est désormais pleinement assurée par Manuel Valls, un sarkozyste de gauche, (...) Manuel Valls, lié de son propre aveu, «de manière éternelle à la communauté juive et à Israël», stigmatise le boycott d'Israël, mais non la phagocytose de la Palestine ou sa rétention des recettes d'exportation des produits de Cisjordanie. (...) L'homme qui avait mené deux batailles au Mali et en Syrie, a renoncé à livrer bataille sur le plan intérieur pour défendre son bilan. Pour un foudre de guerre sur la scène internationale, qui avait eu le plus grand mal à se retenir de bombarder la Syrie en 2013, ce renoncement a retenti comme une capitulation en rase campagne. Une implosion en plein vol.«L'Homme d'Etat de l'année 2016» aura eu un triomphe météorique, Engagé sur deux théâtres d'opérations extérieurs (Syrie-Mali) et sur le front intérieur du chômage, ce vaudeville consternant a plombé durablement sa mandature présidentielle et sinistré le Parti socialiste, faisant du socialo-motoriste, le plus impopulaire président de la Ve République.. Sur fond d'un paysage dévasté par une considérable destruction de l'emploi industriel, de l'ordre de 1,4 million d'emplois en 25 ans, - 407 usines fermées en deux ans, 190 usines en 2015 et 217 en 2014, l'armée française est désormais équipée d'armes allemandes et de rangers allemands (...) Plutôt que d'initier une politique de la demande et de la relance de la consommation par l'augmentation du pouvoir d'achat, l'ennemi de la haute finance s'est révélé un zélé passeur de plats du grand patronat. En 2015 et 2016, les entreprises françaises ont été les plus gros payeurs de dividendes d'Europe sur fond de casse sociale.» (3)
A n'en point douter, la politique extérieure de la France sera plus que jamais imprévisible. Les terroristes d'Alep rendent les armes et le porte-avions français, Charles de Gaulle, rentre au bercail. Entre Hollande qui a perdu le feu sacré, et un Vals qui se pose en sauveur. Les terroristes se rendent. Assad est toujours en poste 200.000 morts plus tard des millions de réfugiés, 35 milliards de dollars de dégât voilà le solde de tout compte de trois dirigeants occidentaux qui ont les mains pleines de sang. L'Histoire jugera.

La trahison des valeurs de la gauche
Pour expliquer la débâcle de la gauche, René Naba procède à l'archéologie de la trahison de la gauche, sa certitude de dicter la norme et de punir les récalcitrants: «De François Mitterrand à Lionel Jospin, à Harlem Désir et Jean Christophe Cambadélis, en passant par le socialo-motoriste Hollande, le charisme du leadership socialiste s'est considérablement dégradé. Le PS souffre d'absence de clarté dans son positionnement. D'une locomotive. (...) Dans sa démarche vis-à-vis de la Syrie, François Hollande, nous a chuchoté le quotidien Le Monde (...), est hanté par le précédent de la Tchécoslovaquie et le sort des Sudètes (1938) qu'Hitler absorba sans crier gare (...) Le premier drame du XXIe siècle est non la Syrie, comme le soutient François Hollande, mais l'Irak tant par son antériorité que par son ampleur. L'Irak où s'est refusé à s'enliser Jacques Chirac et non la Syrie où se sont laissés embourber Nicolas Sarkozy et François Hollande, deux philo-sionistes atlantistes patentés. (...) Quatre millions dexilés, sans la moindre assistance humanitaire. De l'uranium appauvri, arme de destruction massive prohibée par le droit international, abondamment utilisé contre biens et personnes par «le plus vieil allié de la France» et son nouveau partenaire dans l'équipée syrienne. (...) De l'expédition de Suez contre Nasser, en 1956, ordonnée par Guy Mollet, aux ratonnades d'Alger par Robert Lacoste (1955-1958), au caillassage de Lionel Jospin à Bir Zeit pour avoir traité de «terroriste» le Hezbollah libanais, l'unique formation politico-militaire du Monde arabe à avoir infligé un double revers militaire à Israël (2000-2006)». (3)

Candidature de Manuel Valls: le candidat du sionisme
Comme l'écrit Alain Soral cité plus haut Valls a été choisi par le Crif, qui est effectivement la convergence de tout ça. C'est donc la haute finance internationale qui décide et les médias, ce qui veut dire la même chose. Les partis, ça n'existe plus. Ils le savent eux-mêmes car ils sont vidés de leur base militante. Le PS perd 30% de ses adhérents tous les deux ans et c'est pareil pour l'UMP. Il y a une énorme hémorragie. Ce n'est donc pas là que ça se joue.
Selon toute vraisemblance, le terrain est préparé pour que Valls sorte vainqueur de la primaire de la gauche c'est pour cela que le premier secrétaire du Parti socialiste fait le forcing pour demander aux socialistes de toute obédience d'accepter la primaire. Il se murmure maintenant que Manuel Valls va déclarer sa candidature à la primaire du Parti socialiste. Pourtant, les bilans de Manuel Valls et de François Hollande sont bien difficilement dissociables et une primaire qui opposerait Arnaud Montebourg et Manuel Valls serait sans aucun doute tout aussi fratricide pour le Parti socialiste.» (1)
La décision historique du chef de l'Etat de ne pas se présenter à l'élection présidentielle ouvre une période d'incertitude à gauche. C'est la saison des testaments politiques. Cette décision est tout à la fois l'aveu d'un terrible échec, car après cinq années au pouvoir, François Hollande est dans l'incapacité de se représenter, faute de popularité auprès des Français, de soutiens dans sa majorité et de crédibilité dans sa pratique du pouvoir. Un saut dans l'inconnu enfin, car s'ouvre à gauche une grande période d'incertitude, durant laquelle le Premier ministre, Manuel Valls, est pressenti pour prendre la relève, sans que cela s'impose comme une évidence. Tous les regards se tournent logiquement vers le Premier ministre. Depuis la sortie du livre Un président ne devrait pas dire ça... l'homme est persuadé qu'il fera un meilleur candidat face à la droite et à l'extrême droite que son aîné. (...) Après avoir écarté le voisin du dessus, Manuel Valls va donc devoir se méfier des ambitions qui se manifestent dans les étages inférieurs. Car certains à gauche verraient bien la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, reprendre le flambeau de 2007. La ligne de départ est pourtant déjà bien garnie (...) Pour Manuel Valls, le coup de pouce - ou de boutoir - pourrait bien venir... de l'Elysée. Pour Manuel Valls, c'est à double tranchant. La bénédiction présidentielle lui donnerait une légitimité. Mais elle rappellerait également son immense responsabilité dans le bilan de ce quinquennat.» (4)
La France aura un deuxième émigré cette fois-ci de la première génération comme président. A moins que l'extrémiste de droite, présentable qu'est Fillon, raflera la mise. Il y aura alors un bras de fer entre le courant sioniste et les relais du Crif qui misent sur Valls et l'Eglise et ses croisés qui préfèrent Fillon. Hollande a été élu sur un malentendu, celui du rejet de Sarkozy. Son anaphore de 2012 tout comme sa sortie théâtrale seront les seuls viatiques qu'il laissera.

1.http://www.egaliteetreconciliation.fr/Juillet-2015-Alain-Soral-annonce-la-non-candidature-de-Hollande-et-la-deroute-de-Sarkozy-42880.html
2.http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/2016/12/02/29001-20161202ARTFIG00092-pourquoi-le-bilan-catastrophique-de-hollande-sur-le-chomage-l-a-oblige-a-ne-pas-se-representer.php
3. René Naba http://www.mondialisation.ca/francois-hollande-la-capitulation-en-rase-campagne-du-foudre-de-guerre-de-syrie/5559997
4.http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/02/la-defection-de-francois-hollande-va-t-elle-profiter-a-manuel valls_5041910_4854003.html#aEbyAk7XAJFHT2Al.99

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