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PALESTINE -ISRAËL

Deux Etats utopiques ou un Etat de tous ses citoyens

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utopique que les Palestiniens et les Israéliens puissent vivre ensembleutopique que les Palestiniens et les Israéliens puissent vivre ensemble

«Nous ne pardonnerons jamais aux Arabes de nous obliger à les tuer et de transformer nos enfants en assassins.» Golda Meïr, Premier ministre d'Israël

Pour la première fois depuis l´année 1980, le Conseil de sécurité des Nations unies a pu adopter, le 23 décembre 2016, une résolution condamnant en des termes extrêmement fermes, les implantations israéliennes en territoire palestinien. Les projets de résolution sur celles-ci présentés pendant ces dernières décennies étaient systématiquement l´objet d´un veto nord-américain, permettant ainsi aux autorités israéliennes, en toute impunité, de continuer la construction de nouvelles implantations et de procéder à la destruction de maisons habitées par des familles palestiniennes, tant en Cisjordanie que dans les quartiers de Jérusalem-Est. Pour rappel, l'irresponsable ONU a proposé le plan de partage, a admis l'État d'Israël fondé sur une conquête militaire en 1949, et attend 2012 pour conférer à la Palestine le statut anecdotique d'«Etat non-membre»... Israël aura bafoué au total 10 résolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003) et 1850 (2008) votées par le Conseil de sécurité sans compter plusieurs dizaines qui ne virent pas le jour à cause du veto américain.

Que va faire Netanyahu?
«Après avoir rappelé 10 ambassadeurs et promis des sanctions à tout le monde. Israël va faire comme à l'accoutumée c'est-à-dire ´´s'asseoir ´´ sur cette résolution et attend le 20 janvier que son ami Donald soit aux commandes pour enterrer cette résolution. Si désagréable qu'elle soit pour Netanyahu qui veut donner des leçons au monde, la résolution 2334 du Conseil de sécurité peut l'aider à resserrer les rangs dans sa majorité, il n'est pas impossible que les partisans d'une annexion de la Cisjordanie par Israël s'en trouvent renforcés. Ainsi, on apprend qu'après la construction de 1500 logements en 2016, la mairie a annoncé qu'elle délivrerait plusieurs centaines de permis de construire supplémentaires en réaction au vote par l'ONU d'une résolution condamnant la colonisation. Selon le quotidien Haaretz, qui annonce le chiffre de 618 appartements dans des quartiers juifs situés dans la zone orientale de la ville, notamment dans les quartiers de Pisgat Zz'ev, Ramat Shlomo et Ramot. Le journal Israel Hayom relaie également l'information selon laquelle le nombre total de constructions qui pourraient être autorisées pourrait s'élever à plus de 5 000.» (1)

Analyse de la résolution 2334
Dans ce qui suit nous allons proposer deux analyses, celles de Nicolas Boeglin professeur de droit au Costa Rica et l'autre de Norman Finkiekstein juif israélien qui milite pour la paix. Pour Nicolas Boeglin les dernières résolutions du Conseil de sécurité condamnant ces actions israéliennes datent de l´année 1980. La première fois que l´administration du président Barack Obama a fait usage de son droit de veto en la matière fut lors de la séance du 18 février 2011: le projet de résolution S/2011/24 contenait dans son dispositif deux paragraphes (1 et 2) condamnant fermement les implantations israéliennes. La lecture de l´acte de la séance du Conseil de sécurité S/PV/6484 indique le résultat suivant du vote (14 votes pour et un contre (Etats-Unis). Dans un rapport récent daté du 29 décembre 2016, on lit que durant l´année 2016, plus de mille maisons de familles palestiniennes ont été démolies ou saisies: «Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) des Nations unies a annoncé jeudi que 1 089 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont été démolies ou saisies par les autorités israéliennes durant l'année 2016. Concernant les chiffres de cette colonisation et ses effets pendant plus de 35 ans, lors d´une séance spéciale organisée au mois d´ ´octobre 2016 devant les membres du Conseil de sécurité (l´activiste nord-américaine/israélienne Lara Friedman de l´ONG Americans for Peace Now (APN), entité soeur de l´ONG israélienne Peace Now (voir site officiel), déclara haut et fort que: «Il y a 33 ans l'Autorité palestinienne et Israël ont signé les accords d'Oslo.Les colons étaient au nombre de 116.000. A la fin de 2015, ils sont près de 390.000. A Jérusalem-Est, en 1993 la population de Juifs Israéliens était d'environ 146.000. Elle est actuellement supérieure à 210.000. Ceci n'a pu se faire qu'avec les encouragements et l'aide du gouvernement israélien.»(2)
La résolution 2334: «Réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n'a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l'instauration d'une paix globale, juste et durable: ´´Condamnant toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, notamment la construction et l'expansion de colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes.»
«On peut dire poursuit le professeur de droit, que ce texte est historique, dans la mesure où l´application du droit international en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est réaffirmé par le Conseil de sécurité: depuis de trop longues décennies, une impunité totale était garantie aux autorités israéliennes, en raison d´un veto américain placé en mode automatique sur tout projet de résolution condamnant cette colonisation. L´adoption de cette résolution se doit à l´abstention des Etats-Unis, qui cette fois, ont renoncé à faire usage de leur droit de veto, et le résultat final du vote est de 14 votes pour et une abstention (Etats-Unis).» (2)

Les colonies israéliennes constituent un crime de guerre
Finkelstein dont une partie de sa famille a été décimée par les nazis, Israélien bien connu pour ses positions justes et pour avoir le business de la shoah dans un ouvrage retentissant: «L'industrie de l'holocauste» écrit à propos de ce miracle du vote de la résolution: «(...) Et textuellement, je la compterais comme une victoire. Pour les raisons suivantes. Le texte commence par réaffirmer explicitement le principe de «l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force.» C'est un fait important pour la raison suivante. Lorsque cette déclaration a été inscrite dans le préambule de la résolution 242 des Nations unies [en novembre 1967], Israël a farouchement protesté contre l'inclusion de ce principe, reconnaissant qu'il anticipait une révision territoriale, ce qui signifiait qu'Israël allait devoir rendre chaque pouce de territoire acquis par la force. (...)» (3)
«Dans cette nouvelle résolution poursuit l'analyste, est déclarée, conformément au droit international, «l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la force», et c'est donc une forte réaffirmation de ce principe. (...) Le quatrième paragraphe est également très fort parce qu'il condamne non seulement «toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est», et il mentionne également explicitement les colonies [«y compris... la construction et l'expansion de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit international humanitaire et des résolutions concernées»]. C'était important parce que c'était le noeud de discorde dans l'accord d'Oslo. L'accord d'Oslo stipulait que vous ne pouviez pas modifier le caractère démographique, mais il ne mentionnait pas explicitement la construction de nouvelles colonies. (...) C'est donc selon moi une victoire importante. La troisième raison pour laquelle cette résolution est une victoire est qu'elle déclare: «Réitérant sa vision d'une région où deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivent côte à côte en paix, dans des frontières sûres et reconnues.» Cette résolution a été très prudente, veillant à ne pas donner de cachet d'approbation à un Etat juif, bien que John Kerry l'ait fait. C'était aussi une grande victoire. (...) Lors des négociations d'Annapolis, la déclaration exceptionnelle du côté israélien était le plan Olmert, qu'il a présenté en privé à Abbas. Si vous regardez le texte, il n'y avait aucune mention de la reconnaissance d'un Etat juif. C'est tout nouveau, c'est apparu avec Netanyahu.» (3)
Analysant la suite de la résolution, l'auteur se dit surpris par la force de la résolution:
«Réaffirme que l'établissement par Israël de colonies dans le territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n'a aucune validité juridique et constitue une violation flagrante du droit international.» En recourant à ce vocabulaire, ils considèrent les colonies comme un crime de guerre. S'ils avaient seulement dit qu'il s'agissait d'une violation du droit international, cela ne constituerait pas nécessairement un crime de guerre. Pour constituer un crime de guerre, elles doivent être qualifiées de violation grave ou flagrante du droit international.(...) Cela aussi était nouveau - ou plutôt, ce qui est nouveau, c'est que les États-Unis l'ont enfin reconnu, ce qu'ils dénient obstinément en prétendant que c'est une politique américaine de longue date. (...)» (3)

Voulez-vous d'une 3ème intifada? déplacez l'ambassade américaine à Jérusalem-Est.
Du point de vue symbolique, au Vatican a été inaugurée l'ambassade de Palestine en présence de Mahmoud Abbas, piètre consolation. On ne connait toujours pas la réponse à la question posée par Staline: «Le Vatican combien de divisions?» Pour l'histoire, la résolution a failli ne pas être présentée par l'Egypte qui devait la porter et a obéi à un coup de fil de Trump. Abdel Fattah Al-Sissi n'a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte.Il a fallu un forcing de quatre pays: la Malaisie, la Nouvelle Zélande, le Sénégal et le Vénézuela, étaient prêts (et fort décidés) à présenter le même texte quelques heures plus tard en vue de son adoption définitive. Ce tour de passe-passe imprévu laisse évidemment l´Egypte dans une situation quelque peu embarrassante au sein de la communauté des Etats arabes: comme on le sait, Donald Trump avait proposé de transférer à Jérusalem-Est l´ambassade des Etats-Unis. Une analyse publiée récemment dans Foreign Policy intitulée: ´´Want a third Intifada? Go ahead and move the US Embassy to Jerusalem´´). Dans un discours du 6 janvier 2017 donné par les autorités palestiniennes il est fait mention de ce transfert comme une véritable ´´ligne rouge´´ comme rapporté par le Journal Le Monde. «Jérusalem, avance Norman Finkielstein, comme l'indique clairement cette résolution, Jérusalem-Est appartient aux Palestiniens. Les colonies constituent un crime de guerre selon le droit international. Les frontières: toute la Cisjordanie et Gaza sont un territoire palestinien. Les réfugiés: la loi impose le droit de retour ou à une compensation basée sur la résolution 194. Ils savent qu'en se basant sur la loi, Israël perd sur tous les points.» (3)
Le président palestinien Mahmoud Abbas a demandé au président russe Vladimir Poutine d'intervenir pour empêcher le président élu Donald Trump de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il a déjà écrit, début janvier, au président américain élu Donald Trump, l'avertissant qu'un éventuel transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem aurait un effet «désastreux» dans la région. Le grand mufti de Jérusalem évoque, lui, une «agression» contre tous les musulmans. (4)

Deux Etats distincts ou un Etat de tous ses citoyens avec une égale dignité?
En l'état actuel il parait utopique que les Palestiniens et les Israéliens puissent vivre ensemble après tant de sang coulé, d'exactions et de vexations. Déjà en 1947 Andreï Gromyko, membre permanent du Conseil de sécurité représentant l'Urss, déclarait: «Après avoir étudié la question palestinienne, il a été démontré que les juifs et Arabes ne veulent et ne peuvent vivre ensemble en Palestine. D'où suit la conclusion logique que si ces deux peuples qui ont tous les deux des racines historiques profondes dans ces terres ne peuvent vivre ensemble au sein du même Etat, alors la solution de la création des deux Etats indépendants -palestinien et juif - s'impose (...)»
Il faut rappeler que «l'Etat d'Israël a été fondé, financièrement, avec des fonds anglo-saxons sionistes et, politiquement, par des juifs soviétiques dont les ancêtres n'avaient rien à voir avec les terres palestiniennes. Il en est ainsi des dirigeants d'Israël; la plupart sont nés dans les pays de l'Est (Ben Gourion, Golda Meir, Wladimir Jabotinsky, Shamir, Menahim Begin, Shimon Peres.» La politique à deux Etats, est une politique génocidaire pour le peuple palestinien. Lors de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, les suprématistes voulaient pratiquer la même politique à deux Etats que celle pratiquée par les sionistes et leurs souteneurs onusiens. sous la pression de la société civile, les pays occidentaux ont lâché le régime raciste d'Afrique du Sud, ce qui amena la fin rapide de ce système politique odieux.
Même analyse de Israël Shamir, qui est regardé d'un oeil soupçonneux par bien des commentateurs-Système; cela fait de lui, à nos yeux, une référence de bonne valeur. La solution à deux Etats est un canular qui n'amènera à rien: «Il considère que cette solution des ´´deux-États´´ qui implique la situation actuelle de ´´la lutte contre l'Occupation´´ de la part des Palestiniens est un leurre, une mystification de la part des Israéliens libéraux qui ne cessent d'insister pour cette formule, qui permet en outre de se poser vertueusement en soutien de la ´´résistance palestinienne´´ contre ´´l'occupation israélienne´´. Cela fait des années, voire des décennies que cette formule ´´deux-États´´ est négociée, sans aucun résultat, cela durera aussi longtemps que le même objectif sera maintenu. la poursuite de cette solution est une illusion complète, qui permet aux gouvernements israéliens de poursuivre des négociations sans fin en grignotant chaque jour un peu plus de territoire grâce aux implantations. Par contre, plaide-t-il, la solution d'un seul État sous impulsion israélienne (Palestine historique) ferait des Palestiniens des citoyens israéliens et Israël se trouverait placé devant le défi démocratique en n'étant plus un État à seule référence religieuse: les accepter comme citoyens à part entière, ce qui modifierait complètement la réalité politique d'Israël puisque les juifs se trouveraient au mieux à 50% de la population, ou réunir les Palestiniens dans une sorte d'apartheid comme citoyens de seconde zone, ce qui placerait Israël dans une situation internationale intenable.» (5)
La crainte est qu'un seul Etat «c'est la liberté du renard dans le poulailler». Il est nécessaire que les deux Etats soient bien individualisés, ensuite, peut-être dans cent ans quand le poids de la religion sera moindre, les deux pays fusionneront par intérêt sans attendre le messie. Alors, à ce stade, un Etat pluri-ethnique et confessionnel serait une solution acceptable avec Jérusalem comme capitale et des droits identiques pour tous. On prête au regretté président El Gueddafi d'avoir suggéré un nom: «Isratine.» L'avenir nous le dira.

1.https://francais.rt.com/international/31313-apres-vote-onu-israel-relance-colonisation-guise-mesure-retorsion
2.https://www.legrandsoir.info/mise-en-perspective-de-la-resolution-2334-2016-du-conseil-de-securite-des-nations-unies-condamnant-la-politique-de colonisation.html
3.http://normanfinkelstein.com/2017/01/04/norman-finkelstein-on-the-un-security-council-resolution-2334, http://mondoweiss.net/2017/01/breathtaking-settlements-finkelstein
4.:http://www.lalibre.be/actu/international/transfert-de-l-ambassade-americaine-a-jerusalem-trump-mis-en-garde-poutine-appele-a-l-aide-5878e2e3cd708a17d563cb5c
5. http://www.dedefensa.org/article/shamir-et-lambassadeur-friedman

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