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43E SOMMET DU G7 ET SON CINÉMA ANNUEL

Un colosse aux pieds d'argile

Par
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Photo de famille des participants au G7Photo de famille des participants au G7

«Le G7 combien de Divisions?» Paraphrase de la sentence de Staline à l'endroit du Vatican

Rituellement, les grands de ce monde se regroupent pour juger à leur idée l'état du monde et des voies et moyens de le rendre plus conforme à leurs desiderata. A quoi sert un G 7 serions-nous tentés de dire? Le G7 était à l'origine un G6 créé en 1975; il regroupait la France, l'Allemagne de l'Ouest, les États-Unis, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni. Ensuite, le Canada en 1976 (G7). En 1998, la Russie (G8) rejoint le groupe. En 2013 elle est exclue pour avoir permis à la Crimée de vouloir rejoindre la mère patrie et pour avoir permis l'expression des régions russophones de l'Ukraine.
«La crise de Crimée en 2014 voit Angela Merkel affirmer que la Russie n'a plus sa place.
Barack Obama propose par la suite de tenir le sommet annuel, originellement prévu à Sotchi, à Bruxelles. La Russie est alors temporairement suspendue. Federica Mogherini et d'autres autorités italiennes avec le diplomate allemand et le président de la Wehrkunde Wolfgang Ischinger, ont déclaré qu'ils travaillent au retour de la Russie au G8. En 2015, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que la Russie sera en mesure de revenir au groupe, à condition qu'il n'y ait pas de nouvelle escalade des conflits en Ukraine et en Syrie. En avril 2016, il a ajouté que «les conflits internationaux ne peuvent être résolus sans la Russie», et les pays du G7 considèreront le retour de la Russie au G8 en 2017. La même année, le Premier ministre du Japon Shinzô Abe a demandé le retour de la Russie au G8, indiquant que la participation de la Russie est «cruciale pour la lutte contre de multiples crises au Moyen-Orient». La Russie était absente en 2017.

Une montagne qui accouche d'une souris
Trois sujets brûlants: le protectionnisme l'accord sur le changement climatique et le terrorisme. Le troisième sujet qui est pourtant important a été évacué rapidement. Tout le monde est pour durcir les sanctions, traquer et surveiller les terroristes potentiels. Mais personne ne s'est penché sur les causes du terrorisme et des migrants.
S'agissant du communiqué final «C'est une déclaration a minima lit-on sur le journal Le Monde qui a conclu, samedi 27 mai, les deux jours du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays du G7 à Taormine, en Italie. Elle traduit la réalité d'une réunion où, sur la plupart des sujets, à commencer par le climat et le protectionnisme, Donald Trump était en opposition ouverte avec ses partenaires.(...La déclaration finale est en général bouclée une dizaine de jours à l'avance par les «sherpas». Là, tout était encore ouvert et c'est au cours de la nuit de vendredi à samedi, non sans des discussions laborieuses, que le texte a été achevé. C'est un plus petit dénominateur commun. A peine six pages contre trente-deux lors du sommet de 2016 au Japon. Les mots sont pesés au trébuchet sur les points de divergences qui sont actés explicitement.» Les Etats-Unis d'Amérique sont en train de réévaluer leur politique sur le changement climatique et sur l'accord de Paris et ne sont donc pas en mesure de rejoindre le consensus sur ce sujet», peut-on lire dans la déclaration finale. «Prenant acte de ce processus, les chefs d'Etat et de gouvernement du Canada, de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que la Commission européenne réaffirment leur engagement à rapidement mettre en oeuvre l'accord.» Ce constat de désunion est une première après des dizaines de communiqués du G7 affirmant la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre.» (2)
La déclaration sur le terrorisme, approuvée, instaure ainsi, même si elle n'est pas coercitive, une pression sans précédent sur les grands acteurs du Web pour qu'ils s'engagent à détecter, signaler et supprimer les appels au djihad. Les membres du G7 ont rencontré, samedi, les dirigeants de cinq pays africains, invités par l'Italie (Ethiopie, Kenya, Niger, Nigéria, Tunisie) notamment pour rappeler que le développement est la meilleure manière de répondre au défi migratoire, sujet qui fut finalement le grand absent du sommet. Le président du Conseil italien Paolo Gentiloni espérait placer cette question de la «mobilité humaine» en tête de l'agenda du sommet organisé en Sicile, L'idée a été enterrée avant même le début du sommet à cause du refus des Etats-Unis et dans une moindre mesure des Britanniques qui insistaient avant tout sur l'aspect sécuritaire. Le sujet est évoqué juste en quelques lignes.» (2)

Brics: un aperçu d'un ordre mondial équitable
Toute la presse occidentale n'a eu d'yeux que pour ce non-évènement qui présente le G7 comme le nombril du monde. Qu'en est-il au juste de ces pays qui dictent la norme et qui vivent au-dessus de leurs moyens car très endettés? On sait que les pays émergents ont crée un G5 alternatif pour montrer qu'il y a une autre façon de gérer la planète et pour contrer principalement le dollar, monnaie de référence. Cinq pays ont décidé de se concerter et ont créé le Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud).
«Les deux paradigmes de l'humanité lit-on sur un site de Larouche ont été clairement affichés lors du premier Forum parlementaire des nations Brics qui se réunissaient à Moscou, tandis que ceux du G7 se sont rencontrés en Bavière. «D'après Aleksey Peshkov, des Responsables, des relations extérieures de la Douma «Le PIB combiné des pays Brics, selon le FMI, est de 32,5 billions de dollars, le G7 est de 34,7 billions de dollars. Étant donné que les membres du Brics affichent surtout des taux de croissance beaucoup plus élevés que le G7, on peut supposer que dans les deux ou trois prochaines années Le PIB global des pays Brics dépassera le G7 «. De même le journaliste irlandais Bryan MacDonald, a souligné que le G7 représente maintenant «seulement 32% de la richesse mondiale du PIB, (...) si le G7 était basé sur la force économique des nations, «Il serait composé des États-Unis, de la Chine, de l'Inde, du Japon, de la Russie, de l'Allemagne et du Brésil. Une telle formation aurait une influence remarquable. Les membres préserveraient 53% de l'intégralité du PIB mondial et les trois véritables superpuissances militaires de la planète seraient représentées. Mais, ajoute-t-il, «au lieu de poids lourds comme la Chine et l'Inde, nous avons des nations moyennes comme le Canada et l'Italie, ce dernier étant un cas de panier économique. Le PIB du Canada est à peine supérieur à celui de l'Espagne en crise et en dessous de celle du Mexique et de l'Indonésie.» (3)

Les dettes et les PIB des pays du G7 et ceux du Brics
«Justement, pour connaître d'une façon objective la force de frappe des deux blocs, analysons les dettes et les PIB. On s'aperçoit que les pays du G7 vivent de la dette. En France en 2016, elle était presque de 2000 milliards d'euros soit près de 100% du PIB! Celle de l'Italie est encore plus problématique Quant à celle des Etats-Unis, Le gouvernement américain a clôturé l'année fiscale 2016, qui a pris fin le vendredi 30 septembre, avec une dette totale s'élevant à 19 573 444 713 936,79 $. Soit 106% du PIB Depuis l'accession de Barack Obama à la présidence, la dette de l'État a augmenté de 8000 milliards de dollars en sept ans pour pratiquement plus que le plan Marshall
Dans une étude ancienne, qui date de 2010 nous lisons 'Une caractéristique commune des pays du G7 tient aujourd'hui à leur dette publique qui est partout croissante et partout d'au moins 80% du PIB - le Japon battant tous les records avec un taux d'endettement de presque 200%. la Chine et la Russie ignorent cette hypothèque (leur dette publique ne représente respectivement que 17,5 et 9,5% du PIB)'' Selon l'Insee, la dette publique des pays du G7, est de107,3% en% du PIB Celle des Brics de 35,9% Quant à la capacité d'exportation des pays du G7, elle risque d'être limitée par la concurrence de plus en plus riche en innovation des pays émergents. Entre 2000 et 2008, le nombre de brevets déposés par les pays émergents a explosé, la palme revenant à la Chine (+ 668%) et à la Turquie (+ 700%), tandis qu'au sein des pays du G7 il progressait moins (Canada: + 21%, Etats-Unis: + 40,5%, France: + 6,3%), voire régressait (Allemagne: - 4,8%, Japon: -14%, Royaume Uni: - 25%)» (4).

Est-ce la fin du monde que l'accord sur le changement climatique soit remis en cause?
Les médias nous rapportent le refus de Trump concernant le refus de participer à l'accord de 2015 sur le changement climatique comme si c'était la fin du monde! La fin du monde est déjà là pour les milliers de morts conséquence des guerres déclenchées et entretenues par les pays riches. La fin du monde est quotidienne pour les candidats à la mort en voulant atteindre des côtes qu'ils pensaient accueillantes. Il y a un monde entre la position somme toute humaine de l'Italie et de la Grèce et à un degré moindre de l'Allemagne et celle de dirigeants chauvins comme celui de la Hongrie, de la Bulgarie, voire de l'Autriche et même de la France qui trouve qu'elle accueille trop de migrants (30.000 en théorie, beaucoup moins en pratique).
Justement s'agissant du refus de Trump il faudrait revenir au feuilleton du changement climatique. Tout a commencé en 1992, au sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil, Les Nations unies posaient les problèmes d'environnement, suite aux alarmes lancées par la communauté scientifique. A l'issue de ce sommet, trois Conventions internationales vont voir le jour: dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
Il y eut ensuite Kyoto (Protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005). Kyoto sera le premier rendez-vous qui formalisera une stratégie, une méthode avec des quotas d'émissions par pays, où chaque pays devait s'engager sur des résultats. Mais cette réponse ne s'appliquera qu'à un ensemble de pays industriels. Pour rappel, le président Clinton avait signé le protocole, le suivant le président Bush a refusé de le ratifier. A Kyoto, on se dit qu'on a encore un peu de temps pour traiter cette question et qu'il faut ouvrir la voie en commençant avec certains pays pour montrer que c'est possible, et qu'on peut déconnecter la croissance, la satisfaction des besoins économiques à la question de l'environnement. Il y a des raisons multiples à l'échec de Copenhague, mais c'était la première fois qu'un accord a été trouvé avec d'autres pays que ceux du bloc historique de Kyoto. Pour la première fois, l'Inde, le Brésil, la Chine et d'autres pays disaient: «On va faire quelque chose.» A la COP19 de Varsovie en 2013, on a demandé à tous les pays de communiquer leurs intentions pour lutter dans leur pays contre le changement climatique. Après il y eut Paris et un accord limitant en théorie le réchauffement à 2° C a été par plus de 55% des pays les plus importants. Trump veut revenir sur cet accord; il a en effet donné carte blanche aux lobbys du charbon et du pétrole pour pomper jusqu'à plus soif. L'administration Trump estime que les niveaux sur lesquels l'administration de Barack Obama s'est engagée constitueraient un frein à la croissance économique américaine, une analyse qui ne fait pas, loin s'en faut, l'unanimité parmi les économistes.

Le commerce
Sur l'autre question épineuse du G7, le commerce, les Français espèrent que le communiqué final fera une référence explicite au système multilatéral et à l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Donald Trump, qui prône un certain nationalisme économique pour favoriser le «made in America», a décidé fin avril le «réexamen» de tous les accords commerciaux signés par les Etats-Unis, dont celui de l'OMC, afin de lutter contre les «violations et abus» qu'ils entraînent selon lui. Depuis son arrivée au pouvoir, l'administration Trump a critiqué le système de règlement des conflits de l'OMC, son outil clé pour éviter des problèmes à l'OMC, son bilan est tellement insignifiant que, comme toutes les organisations internationales parfaitement impuissantes à réguler quoi que ce soit, elle peut fort bien disparaître sans que ça dérange.
Les déclarations tonitruantes et la gestuelle musclée du président américain Donald Trump risquent de mettre à mal la cohésion du G7, dont le sommet s'est ouvert hier à Taormina en Sicile avec un agenda chargé.
La gestuelle était scrutée avec attention, notamment celle de Mme Merkel et de M.Trump, après des fuites dans la presse sur des propos tonitruants qu'aurait tenus le président américain. «Les Allemands sont mauvais, très mauvais», a jugé le président américain lors de sa rencontre jeudi à Bruxelles avec les dirigeants de l'Union européenne, selon le site de l'hebdomadaire Der Spiegel.


La réalité que l'on ignore! Les migrants épaves encore et toujours en danger de mort
La mort des migrants pas plus que celles de dizaines de personnes chaque jour dans les pays arabes et musulmans n'émeut plus personne. Chaque année une comptabilité macabre est faite. Selon l'ONU, 8 362 hommes, femmes et enfants sont morts en tentant de rejoindre l'Europe par la mer depuis 2014. Pour l'année 2016, ce chiffre atteint plus de 5000 morts. Depuis janvier 2017 plus d'un millier de migrants sont morts en Méditerranée. Que font les grands de ce monde qui sont responsables à des degrés divers de ces exodes? Rien de concret!
Tragiquement rien! Ou plutôt si! un cimetière!! A défaut donc de les sauver en les accueillant on donne hypocritement de la dignité à leur mort: le village de Tarsia, dans la région italienne de Calabre, veut être la dernière demeure des hommes, femmes et enfants qui meurent noyés au large de l'Italie en tentant d'entrer en Europe.. Ils sont alors numérotés, et un échantillon ADN est prélevé pour ceux qui n'ont aucun élément d'identification. Depuis Aylan, il y a eu Favour, il y a eu un autre bébé de quelques mois mort; son image est insoutenable, il y aura ad nauseam des épaves humaines sur des épaves dans l'indifférence de l'Occident qui a amené ces hères à venir tenter leur chance pour atteindre la forteresse Europe et en mourir en mer. Cette Europe qui n'arrête pas de donner des leçons au monde...Cet Occident plus obnubilé par l'avoir, a délaissé l'être. Le poète Louis Aragon constatait en son temps, le dérèglement éthique du monde, en proclamant son «Est-ce ainsi que les hommes vivent?», devant cette anomie du monde doublée d'un chauvinisme de la prospérité des puissants, indifférents à la misère du monde et à ces morts sans sépulture: «Est-ce ainsi que les hommes meurent?» (5) La question reste posée.
Le G7 représente 22% du PIB mondial, mais il dicte sa loi au monde. En définitive, ce 43e Sommet du G7 fut comme les précédents un non-évènement. On aurait pu en faire l'économie. Un simple calcul montre que ce sont des dizaines de milliers de tonnes de CO2 dont ce sommet est responsable les six qui hypocritement devaient inciter les Américains à moins polluer. La fin du monde est déjà actée pour les faibles qui auront à souffrir en priorité des convulsions climatiques. Mais que l'on ne s'y trompe pas! Avec l'avènement de Trump, ce sera la guerre de tous contre tous entre les pays du G7. Pour le plus grand bien du grand capital qui se nourrit des détresses des faibles. Ainsi va le monde.

1.https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_des_sept_(%C3%A9conomie)
2.http://www.lemonde.fr/international/article/2017/05/27/sommet-du-g7-pas-de-position-commune-sur-le-climat-dans-la-declarationfinale_5134816_3210.html#2upfl5ZlXGZLMIo2.99
3.https://larouchepac.com/20150609/brics-vs-g7-two-paradigms-world
4.http://www.institutmontaigne.org/res/files/publications/institut_montaigne_la_france_le_g20_et_les_pays_emergents_24012011_d.pdf
5.C.E.Chitour http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kermesse-du-g7-chauvinisme-de-la-181450

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