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IRAN - ARABIE SAOUDITE

Deux visions de l'islam

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duel à distance entre l'Iran et l'arabie saouditeduel à distance entre l'Iran et l'arabie saoudite

«La plus grande industrie des Arabes est la fabrication des croyances. Ce peuple à l'esprit étroitement limité peut laisser en friche son intelligence avec une résignation dépourvue de curiosité. Son imagination est vive; elle n'est pas créatrice. Peuple des beaux départs, peuple aussi instable que l'eau. Mais, précisément, comme l'eau, assuré peut-être, à la fin, de la victoire...» T.E.Lawrence (Les sept piliers de la sagesse)

Un drame planétaire se déroule pour le moment à bas bruit, le rechapage du Moyen-Orient promis, souvenons-nous, d'abord par George Bush père après avoir laminé une première fois l'Irak. Il annonçait à la face du monde l'avènement d'un nouvel ordre international sous la gouverne américaine. C'était après l'effondrement de l'Union soviétique sous les coups de boutoir directs et indirects des Etats-Unis et aussi du pape Jean-Paul polonais devant l'Eternel qui, avec son «N'ayez pas peur!», appelait les Polonais au soulèvement qui eut lieu sous l'égide d'un électricien Lech Walesa et pour l'occasion, comme il est de coutume, pour l'empire, de récompenser les vassaux, le prix Nobel. Ce sera le cas aussi pour Gorbatchev, Mgr Belo qui arracha à l'Indonésie l'île de Timor oriental (chrétienne), une obscure bloggeuse yémenite, qui problématisa le Yémen qui est en train de gémir en silence; ce fut ensuite Mallala, une jeune fille pakistanaise pour avoir été blessée par les taliban. Pour rappel, les Anglais s'étaient opposés à l'attribution du prix Nobel à Gandhi, par contre, en leur temps, Hitler et Mussolini ont été pressentis... Bien plus tard, George Walker Bush reprend le flambeau avec son Pnac (Project for New American Century) qu'il a mis en place sans succès probable, si ce n'est le chaos actuel, le reshapage du Moyen-Orient.

Que pèsent les Arabes risée du monde?
Nous sommes en 2017, les peuples arabes du Moyen-Orient commémorent dans la douleur les funestes accords Sykes-Picot de 1917. Souvenons-nous, la guerre faisait encore rage, les deux acolytes dans les mauvais coups portés aux faibles, mais pas aux forts, demandèrent le secours des Etats-Unis dont l'engagement fut déterminant dans la guerre contre l'Allemagne du Kaiser Guillaume. Ces mêmes Etats-Unis qui protestèrent pour ce partage du Moyen-Orient sans eux. D'autant que les Anglais raflèrent aussi les entreprises du pétrole L'Anglo-Perse Oil Company (1909) devient l'Anglo-Iranian Oil Company (1925) qui deviendra plus tard BP (1954). Il en sera de même de la Turkish Oil Company (1912) qui deviendra après la chute de l'Empire Ottoman, L'Iraq Petroleum Comany (1927), les Américains (Standard Oil), les Anglais (BP). Les Français (Cfpa) participèrent eux aussi. La Cfpa deviendra bien plus tard Total... A partir de cela, les acolytes franco-anglais deviennent des vassaux de l'Empire américain, notamment après avoir été sauvés de la débâcle encore une fois pendant la Seconde Guerre mondiale. La livre anglaise disparaît au profit de l'avènement graduel du dollar et l'hégémonie pétrolière consacrée avec le deal Ibn Saoud - Roosevelt sur le croiseur Quincy. L'Arabie saoudite donnait une nouvelle architecture pétrolière au monde avec le big Stick américain et le soft power de l'american way of life.

Que se passe-t-il actuellement au Moyen-Orient?
Nous sommes en 2017. Le monde bruisse de colère des faibles, de vengeance et de tentation d'Empire d'un Occident sur le déclin qui jette ses dernières forces pour garder à tout prix le leadership mondial, quitte à recourir au chaos planétaire en ouvrant la boite de Pandore la plus décisive pour avoir un chaos durable, celui après s'être attaqué aux identités par une mondialatinisation-laminoir qui déifie le marché. Les potentats arabes plus divisés que jamais passent leur temps à ne rien faire ou à se chercher des querelles pour être bien vus de l'Occident. Ils sont les plus armés dans le monde et dirigent leurs armes contre leurs peuples ou d'autres pays musulmans faibles (Yémen et peut-être Qatar). Ne produisant rien, vivant sur une rente imméritée. Ils voient passer la science confortablement installés dans les temps morts.
Bien malin qui pourrait le dire! Une phrase célèbre certainement paternaliste: «On découvre le Moyen-Orient on se trouve pris dans ses querelles.» Le Moyen-Orient est devenu une poudrière avec la déclaration Balfour, la création en 1947 d'Israël qui problématisa pendant de longues decennies l'imaginaire des potentats arabes qui firent de la cause palestinienne un outil de légitimation de leur pouvoir sachant bien que les peuples arabes et assimilés réagissent à l'émotion comme l'écrit Lawrence d'Arabie cité plus haut.

Qu'avons-nous en face des Arabes?
Un pays qui décide de se battre en investissant à marche forcée sur la science.L'Iran (ou Perse) digne héritière principal de l'héritage de la civilisation. C'est l'une des civilisations continues les plus anciennes du monde. L'histoire de l'Iran couvre des milliers d'années, ses sites néolithiques attestent que la pratique de l'agriculture remonte à 6 et 7000 ans dans la vallée de Gorgan, à Tureng Tepe (en), Yarim Tepe, et au centre du pays à Sialk II (près de Kashan). Des recherches archéologiques commencent à peine à faire connaître des civilisations très anciennes comme la civilisation de Jiroft qui bâtit des villes 3000 ans av. J.-C. Le début du IIIe millénaire av. J.-C. voit apparaître une forme d'écriture, probablement dérivée du système sumérien, à Suse. La dynastie achéménide construira un immense empire s'étendant de l'Inde à l'Égypte. Le cylindre de Cyrus est la première trace écrite d'une déclaration des droits de l'homme, datant de Cyrus II».
«La conquête musulmane de la Perse commence en 637, avec Umar. La conversion à l'islam est progressive jusqu'au IXe siècle. L'Iran a été islamisé, mais n'a jamais été arabisé, les Persans ont même réussi à se distinguer au sein de l'islam, et l'apport culturel, politique et même religieux des Iraniens à cette religion est d'une importance fondamentale. Un groupe turc, les Seldjoukides, arrive dans la région au XIe siècle. L'Iran connaît une renaissance culturelle et scientifique. L'observatoire d'Esfahan est créé. Omar Khayyam met au point un nouveau calendrier encore utilisé aujourd'hui. L'Iran se convertit au chiisme duodécimain au XVIe siècle, sous l'impulsion d'Ismail Ier, premier souverain Safavide. Cette conversion résulte d'une volonté de s'affirmer face à la domination des Ottomans sunnites et de créer une identité iranienne spécifique. Les sunnites représentent 9% de la population iranienne. Trois «religions révélées» autres que l'islam sont considérées comme officiellement reconnues par la Constitution et disposent de leurs représentants au Parlement (Majles): les chrétiens, les juifs et les zoroastriens».
«En 2004, l'Iran comptait plus de 2,2 millions d'étudiants à l'université dont 60% de filles. L'Iran a actuellement 54 universités d'État, et 42 écoles médicales d'État. Il existe également 289 universités privées. L'histoire des sciences en Iran remonte à l'Antiquité, avec des exemples comme l'académie de Gundishapur. Les sciences appliquées et les sciences fondamentales sont assez développées en Iran. Les physiciens et les chimistes sont régulièrement publiés dans des revues à fort facteur d'impact. Des scientifiques iraniens ont aidé à construire le Compact Muon Solenoid, un détecteur destiné au Large Hadron Collider du Cern, mis en opération en 2007. L'Iran est le bon exemple d'un pays qui a fait des avancées considérables en se concentrant sur l'éducation et la formation. Malgré les sanctions subies pendant les décennies passées, les scientifiques iraniens ont tout de même produit des recherches de très bonne qualité.» L'Iran construit ses chars, ses avions, ses sous-marins et ses fusées, c'est une nation de l'espace. Elle maîtrise l'atome et on peut comprendre que les éventuels agresseurs devront regarder à deux fois avant de se lancer à l'assaut (1).
Nous ne saurons probablement jamais ce qui a été vraiment discuté entre Trump, les Saoudiens et les Israéliens, mais il fait peu de doute que le récent geste saoudien contre le Qatar est le résultat direct de ces négociations. S'agissant de la drôle de guerre entre le Qatar et l'Arabie saoudite, il devient tout à fait clair que l'Iran et les Palestiniens sont les cibles qui figurent en bonne place dans la déclaration de guerre. Il est connu que les Israéliens soutiennent l'Arabie saoudite. Malgré le silence assourdissant des médias occidentaux pour étouffer l'information. Parmi les raisons de l'improbabilité d'une guerre Arabie saoudite-Qatar, les conséquences néfastes pour les Saoudiens. Car les États-Unis ont installé la plus grande base de l'US Air Force mondiale à Al Oudeid.

Iran, la véritable cible
Il fut une époque avant la révolution islamique, l'Iran était le représentant de l'Empire et de l'Occident au Moyen-Orient. On peut penser que la détérioration des rapports entre les Etats-Unis et l'Iran date de la Révolution de 1979. La crise iranienne des otages (occupation et prise d'otages du personnel de l'ambassade des États-Unis à Téhéran du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981) pousse Carter à rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran, puis à imposer des sanctions économiques le 7 avril 1980. Mieux encore il n'est pas interdit de penser que les Américains ont poussé Saddam Hussein à déclarer la guerre à l'Iran, Le 22 septembre 1980 aidé en cela par les roitelets arabes terrorisés par cette révolution à leur porte.
Les Iraniens disent maintenant ouvertement que la récente attaque terroriste à Téhéran était ordonnée par l'Arabie saoudite. Techniquement parlant, cela signifie que l'Iran est maintenant en guerre. En réalité, évidemment, l'Iran étant la vraie superpuissance locale agit avec calme et retenue. En supposant que personne ne devienne fou, le Qatar l'emportera et que la dernière tentative saoudienne de prouver combien le royaume reste puissant échouera, exactement comme les précédentes. Quant aux Qataris, ils ont déjà clairement indiqué qu'ils ne sont pas disposés à se rendre et qu'ils se battront. Quant à Poutine, il a participé à la dernière réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui a accueilli le Pakistan et l'Inde comme membres à part entière. L'OCS représente maintenant plus de la moitié de toute la population vivant sur notre planète et un quart du PIB mondial. Vous pouvez y penser comme à l'«autre G8» ou le «G8 qui compte». (2)
Le prince saoudien n'a pas caché la haine de la Maison des Saoud envers l'Iran chiite, considéré par les wahhabite saoudiens qui pratiquent un sunnisme extrémiste comme un ennemi hérétique. Selon lui, son pays «ne parlera jamais à l'Iran». L'Iran a répondu furieusement. Hossein Dehghan, ministre iranien de la Défense a riposté, disant que si l'Arabie saoudite devait faire quelque chose de «stupide», l'Iran réagirait en «ne laissant intact aucun recoin d'Arabie saoudite à l'exception de La Mecque et de Médine» - deux lieux saints de l'Islam. L'Arabie va perdre énormément car le détroit d'Ormuz est vulnérable et un blocage c'est la ruine de ce pays qui a des difficultés à boucler son budget, mais qui trouve 380 milliards à offrir à Trump pour la vente d'armements américains obsolètes. Le potentiel de l'armée iranienne en 1980 n'est absolument pas comparable avec celui d'aujourd'hui... l'Iran a essayé de se fortifier et d'augmenter ses forces militaires afin d'assurer sa défense lui-même, sans oublier les efforts et l'assistance de la Russie,-Chine- et la Corée du Nord...Le résultat de ce travail, la fabrication des avions de chasse! Des missiles à une portée de 3000 km...et des hélicoptères de combat...etc Honnêtement après une attaque de la part de l'Arabie ou l'Amérique, il y aura incidence sur la libre navigation continue, son rythme habituel! Sans incidence! Comment les navires de guerre et même les porte-avions américains oseraient-ils traverser le détroit d'Ormuz?Comment l'Arabie pourra faire transiter son pétrole par cette voie maritime sous contrôle de l'Iran?» (3).

Trump veut renverser «le régime iranien»?
Par contre, si les Etats-Unis s'en mêlent, c'est autre chose. Au-delà du fait qu'il n'y a aucun justificatif, le vrai gagnant sera Israël.
«Notre politique envers l'Iran est de soutenir les éléments à l'intérieur du pays qui aideront au changement pacifique du régime», a déclaré le secrétaire d'État américain Rex Tillerson devant la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants des États-Unis (4).
Une confrontation américano-iranienne inévitable? C'est tout ce que cherche Israël - et il pourrait l'obtenir M.K. Bhadrakumar écrit: «La décision de l'armée américaine de déployer, pour la première fois, des lance-roquettes multiples Himars (High Mobility Artillery Rocket System) en territoire syrien à partir de la Jordanie signifie que le Pentagone a créé un fait nouveau sur le terrain. Selon CNN, le déploiement se fera dans la base militaire à Al-Tanf près de la frontière de la Syrie avec l'Irak dans la région du sud-est, qui est actuellement une zone de contestation entre les groupes rebelles soutenus par les Américains et les forces gouvernementales syriennes. Une déclaration du ministère russe de la Défense à Moscou a noté jeudi que le déploiement pourrait suggérer une intention américaine d'attaquer les forces du gouvernement syrien soutenu par l'Iran. La déclaration russe disait: «En somme, Israël pourrait obtenir ce qu'il cherche, mais il y a une autre affaire, c'est de savoir si il va aimer le résultat final de la lutte entre les Etats-Unis et l'Iran sur le contrôle de la Syrie du sud près du plateau du Golan. Il est peu probable que l'Iran laisse tomber «l'axe de la résistance», car il s'agit en fin de compte de la propre défense de l'Iran.» (5)
Robert Fisk a raison d'écrire lors des printemps arabes: «Tous ces cheiks et ces émirs, ces rois doivent sans aucun doute trembler dans leurs bottes,... La vérité est que le Monde arabe est si sclérosé, si corrompu, si humilié et si impitoyable - et si incapable d'accomplir des progrès sociaux et politiques que les chances sont quasi nulles de voir émerger des démocraties viables dans le chaos qui règne dans le Monde arabe. Mais tous les dictateurs savent qu'ils courent de gros dangers quand ils libèrent leurs compatriotes de leurs chaînes. Et les Arabes n'ont pas dérogé à la règle. Non, tout bien considéré, je ne pense pas que le temps des dictateurs arabes soit révolu. Les Occidentaux y veilleront.» (6)
Même si l'Iran connaît des problèmes internes, c'est en définitive deux visions de l'Islam qui se télescopent, celle d'un Islam de la science dans un pays fier de son histoire qui ne compte que sur ses propres potentialités et qui va vers le progrès à marche forcée et en face des jouisseurs qui interprètent la religion dans le sens de la fatalité, synonyme de farniente en étant toujours à genoux depuis un siècle. Naturellement je parle des potentats qui ruinent les espérances de ces jeunes astreints, qui volent à la conquête du savoir. Il est vrai que les gouvernements arabes actuels n'intéressent l'Occident que dans la mesure où ils sont dociles et non pas en tant que valeur ajoutée issue d'un brain- storming, mais en tant que dépositaires d'une rente et prévôts des peuples qu'ils sont chargés de mater, en respectant un vernis de démocratie. Les dirigeants arabes, mal élus, s'accrochent au pouvoir. Ils n'ont pas de plan «B» sauf à suivre les évènements au lieu de les anticiper, engoncés dans leur certitude ayant arrêté sa marche vers le progrès, il y a de cela quelques siècles, ils continuent à compter sur le bon vouloir d'un Occident qui les méprise souverainement même, s'ils offrent un yatch de 140 m et une épée d'or et de diamants de 25kg. Tout est dit.

1.https://fr.wikipedia.org/wiki/Iran
2.http://reseauinternational.net/la-crise-au-qatar-une-nouvelle-tentative-maladroite-des-trois-etats-voyous-daffaiblir-liran/#c0qLRQ2AYzo2rMzH.99
3.http://reseauinternational.net/la-main-des-saoudiens-et-des-etats-unis-dans-les-attentats-de-teheran-pousse-a-une-guerre-totale/#OyzUQ5z1f1jui24b.99
4.http://french.almanar.com.lb/451955
5.http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/18/a-us-iran-confrontation-is-just-what-israel-seeks-and-it-may-get/
6.Robert Fisk. Le temps des dictateurs n'est pas révolu. The Independent
dans Courrier international 29.01.2011
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