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PLAIDOYER POUR UNE ALTERNANCE SEREINE:

Avènement de la IIe République

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L'Algérie devrait être pour chacun de nous un plébiscite de tous les joursL'Algérie devrait être pour chacun de nous un plébiscite de tous les jours

«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres» Antonio Gramsci

Les évènements s'accélèrent en effet, le peuple algérien retient son souffle mardi 26 mars, un rebondissement au plus haut niveau de l'Etat: l'armée a décidé d'une façon de contribuer à défendre les acquis du pays, en défendant à l'extérieur, mais aussi à la mise en oeuvre d'une alternance apaisée en respectant la Constitution. Ce n'est pas un coup d'état malgré les rumeurs colportées pour brouiller les pistes: le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah a, en effet, appelé à recourir à l'article 102 de la Constitution, qui prévoit l'«empêchement» du chef de l'Etat. Le message, diffusé en boucle sur la télévision publique depuis la 4ème Région militaire de Ouargla, scelle la rupture entre l'armée et le clan présidentiel. Ce geste d'Ahmed Gaïd Salah marque une nouvelle étape dans la crise qui secoue l'Algérie depuis plus d'un mois alors que des millions d'Algériens défilent chaque vendredi contre le maintien au pouvoir de M. Bouteflika aux cris de «dégagez le système». «Il faut adopter une solution qui garantisse la satisfaction de toutes les revendications légitimes du peuple algérien et le respect des dispositions de la Constitution ainsi que la continuité de la souveraineté de l'Etat, une solution de nature à être acceptée de tous», a déclaré le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, nommé à la tête de l'armée en 2004 par M. Bouteflika lui-même.
Pour le spécialiste de l'Algérie Luis Martinez, l'armée, en lâchant Bouteflika, «prend la main par défaut». «La classe politique n'arrivant pas à imposer au clan présidentiel le départ du président, l'armée intervient. Elle considère impossible de continuer à gérer ces tensions dans la rue, de prendre le risque d'une confrontation violente avec la société pour un président hors jeu depuis 2013, (...) On va certainement assister à une volonté de faire tomber des têtes pour montrer qu'il y a une volonté de renouvellement, de changement, et à une éviction progressive de tous ces personnages qui ont assisté, accompagné Bouteflika ces 20 dernières années. Par ce geste, l'armée envoie un message à la population qui consiste à dire: «Je vous ai compris.» Cela veut-il dire qu'elle prend aussi la main sur la transition et réinvestit le champ politique? On n'est pas face à une menace terroriste, djihadiste, qui amène l'armée à intervenir. L'armée le dit et le redit: elle n'est pas aujourd'hui construite, formatée, de par ses officiers depuis 20 ans, pour aller dans ce type de confrontation. (...) Pour les manifestants, le message important est que l'armée ne sera pas contre eux. (...)» (1)
Les réactions sont mitigées, il y a ceux qui parlent de coup d'Etat et de perpétuation du système, même après le départ de Bouteflika. C'est le cas globalement des partis islamistes et même des autres partis qui se sentent hors jeu rejeté à la fois par le peuple et l'armée. Ils pensent à tort s'imposer en s'opposant et jouant de ce fait le sort de l'Algérie à la roulette russe.

Comment pourrait se faire la transition?
L'article 102 prévoit deux cas de figure, celle d'une démission, ce qui n'est pas le cas. A ce propos chevauchant la vague de la protesta, Monsieur Ouyahia demande au président de démissionner. La deuxième voie ou celle d'un «empêchement» pour raison de santé, soit la procédure désormais envisagée pour pousser Abdelaziz Bouteflika vers la sortie avant l'expiration de son mandat le 28 avril. Le Conseil constitutionnel qui est dirigé par l'ancien ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, devra constater l'empêchement «par tous moyens appropriés» avant de proposer, à l'unanimité de ses membres, au Parlement de «déclarer l'état d'empêchement». Les deux chambres du Parlement devront se prononcer «à la majorité des deux tiers». Dans un tel scénario, le président du Conseil de la nation, en l'occurrence, Abdelkader Bensalah, assurerait l'intérim pendant quarante-cinq jours au plus. Le gouvernement resterait en place durant cette période. Le président par intérim aurait d'après la constitution 90 jours pour organiser l'élection. La tâche est ardue, mais pas impossible il y a une certaine expérience de l'administration. Une fois publié, le décret de l'appel à l'élection, il y aura la révision des listes électorales et là il faut être très vigilants pour ne pas tomber dans les travers des élections truquées, fruits d'un héritage des élections coloniales à la Naegelen et l'appel des candidats à présenter leurs dossiers de candidature.

Les démolisseurs externes de l'Algérie
A côté des partis politiques et personnalités qui se sont prononcés contre ce Plan B, il faut aussi citer les interférences externes C'est à se demander si l'objectif ultime est de détruire l'Algérien en semant le chaos. Caton L'Ancien terminait toujours ses discours par la formule «Delenda Carthago Est»: «Carthage doit être détruite» Mutatis Mutandis pour les fossoyeurs potentiels du rêve d'une Algérie tournée vers la modernité: «Delenda Algeria Est» «L'Algérie doit être détruite» «nos «amis» et ils sont nombreux sont en train de faire preuve d'imagination pour détourner le fleuve qui doit nous permettre avec 1962 et fonder la IIe République Les manifestations pacifiques qui ont émerveillé le monde par leur haut degré de pacifisme et de civisme ont, comme il fallait s'y attendre, éveillé les appétits de ceux qui, dans la position du sniper embusqué, attendaient le moment venu pour «tirer». Il en est ainsi des anciens éléments du parti extrémiste FIS. A partir de Paris, c'est l'ancien félon proclamé «écrivain» qui refait surface. De plus, depuis le début des mobilisations populaires en Algérie, un certain nombre de «spécialistes» autoproclamés occupent le terrain médiatique en France. «Dans ce clair obscur» «écrit Gramsci, «apparaissent les monstres.» Nous y sommes! Soyons vigilants!
L'option Conseil national de transition pourrait être mise en oeuvre car si les masses populaires refusent qu'un ancien du système organise les élections qualifiées de déterminantes pour mettre l'Algérie sur les rails de la modernité, beaucoup de personnalités avancent les noms de personnalités au-dessus de la mêlée, intègres, à l'instar du président Liamine Zeroual, des anciens chefs de gouvernement, Mouloud Hamrouche, Sid Ahmed Ghozali, Mokdad Sifi et Ahmed Benbitour que pourraient rejoindre d'autres personnalités de la société civile. C'est en tout cas à titre personnel ce que j'ai avancé dans l'interview à TSA et au quotidien Echaâb. J'ai la pénible impression que, tout autant que nous sommes, n'appréhendons pas à sa juste mesure la gravité de la situation.

Ce que je crois
Je m'adresse à ceux qui ont l'Algérie au coeur, à ceux qui ne mettent pas en avant leur parcours personnel en leur demandant de mettre de côté leurs ressentiments et leur volonté de régler des comptes avec le système, surtout ceux qui savent parler aux jeunes, par leurs idées ils peuvent soit contribuer à l'apaisement soit à l'embrasement. Je m'adresse en définitive à ceux qui ont une vision de l'avenir. Le moment est venu de tourner la page après vingt ans d'errance multidimensionnelle. Les Algériennes et les Algériens seraient reconnaissants à tous ceux qui leur indiquent le chemin de l'effort en les appelant à patienter en donnant du temps au temps. Cette nécessaire transition devrait permettre, si elle est bien conduite, d'aboutir à l'élections d'ici la fin 2019 au plus tard. Ne décevons pas les jeunes qui attendent beaucoup de cette transition. Montrons que nous pouvons par nous-mêmes faire cette transition en pente douce.
Dans le même temps, le monde ne nous attend pas. Il faut faire vite et bien. il faut aller vers le XXIe siècle dans le calme, la sérénité et la non-violence pour donner une utopie à cette jeunesse en panne d'espérance. Cette «belle révolution» doit montrer à la face du monde que les Algériennes et Algériens ont décidé d'être acteurs de leur destin. Veillons à éviter les provocations et les récupérations malsaines. Une Algérie de nos rêves, fière de ses identités multiples, ancrée dans son islam maghrébin fait de tolérance, mais résolument tournée vers le progrès est à notre portée. Nous avons besoin de réhabiliter la maison Algérie, redorer le blason terni et galvaudé de la glorieuse Révolution de Novembre qui, en son temps, fut une aventure humaine citée en exemple dans tous les continents et que les différents pouvoirs depuis 1962 ont méticuleusement détricoté. Nous devons forger l'Algérien du XXIe siècle, fier et se revendiquant de ses riches identités, fasciné par l'avenir et militant par-dessus tout pour une école qui sert d'ascenseur social, une école qui permet de réussir, une école tournée vers le futur. Pour cela, seul le parler vrai permettra de convaincre l'Algérienne et l'Algérien, ces frondeurs qui ont l'Algérie à fleur de peau, capables du meilleur comme du pire si on attente à leurs fondamentaux au nom d'une âme «algérienne» que nous avons en héritage depuis trois dizaines de siècles. Soyons vigilants et prônons le dialogue.
L'Algérie devrait être pour chacun de nous un plébiscite de tous les jours, il y a toujours un avenir si on a la foi chevillée au corps. Parmi les grands chantiers, le système éducatif et la rente. Comment sortir de la malédiction de la rente? En militant inlassablement pour une Algérie du XXIe siècle qui fait siennes les conquêtes de la science, du Web 3.0, de la 5G son Graal. Une Algérie du travail bien fait, de la sueur, il faut réhabiliter l'effort, il nous faut nous remettre au travail. Seuls le savoir et la connaissance permettront à l'Algérie d'aller vers un futur apaisé. Cette merveilleuse Algérie n'a pas cessé de nous étonner par la présence archéologique de l'enfance de l'humanité, -l'Homme de Aïn Boucherit serait vieux de 2,4 millions d'années par son histoire, par la générosité de son climat, par la richesse de ses sols et de son sous-sol, mais aussi par la faconde de son peuple, la débrouillardise de sa jeunesse qui, malgré tout, arrive à tenir la tête hors de l'eau.
Il est absolument urgent que les institutions fonctionnent, que les relations avec l'extérieur reprennent et que chacun à son poste reprenne son travail et redouble d'efforts. Que les Algériennes et Algériens se rassurent. Cette belle révolution va propulser le pays vers la modernité. Les jeunes doivent savoir que plus rien ne sera comme avant. Les futurs dirigeants du pays le savent, ils doivent rendre compte systématiquement de ce qu'ils font d'une façon civilisée. Plus de passe-droit, plus de 'accabya'' de régionalisme, plus d'instrumentalisation de la religion. Le citoyen algérien quel qu'il soit sera jugé à l'aune de sa valeur ajoutée et de sa contribution à la richesse multidimensionnelle du pays. Seuls le travail bien fait, la science, le savoir au sens large permettront au pays de garder son rang.

1.https://www.mediapart.fr/journal/international/260319/luis-martinez-l-armee-algerienne-decapite-symboliquement-le-president
Prof. Chems Eddine Chitour

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