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La démagogie

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Je vous promets la lune si je suis élu. La lune et toutes les étoiles et toutes les planètes. Il suffit de voter pour moi.
C´est l´impression qui se dégage des interventions des représentants des partis et des candidats à la Radio et à la Télévision.
Les promesses pourtant tiennent dans un mouchoir de poche: augmentation des salaires, plein emploi, techghil echabab, construction de logements, rénovation des hôpitaux et politique des soins, lignes de crédits pour les entreprises, de l´eau à gogo au robinet 24 heures sur 24, des crèches pour les enfants en bas âge. Les Algériens sortiront de la misère dès qu´ils auront mis le bulletin dans l´urne en élisant l´orateur. Cet assaut de démagogie est ahurissant.
On a tous suivi à la télé la campagne pour l´élection présidentielle en France: les candidats sont sommés de chiffrer leur programme.
Des spécialistes, des économistes de renom se penchent sur ce programme et essaient d´en vérifier la faisabilité comme le bien-fondé.
Exercice facile parce que le candidat, quand il fait une promesse, dit immédiatement d´où il tirera l´argent qui servira à la financer.
On est dans un pays sérieux où les candidats ne se paient pas la tête des électeurs.
En fait, le hic c´est que ces candidats, non seulement n´ont pas chiffré le coût de leurs promesses, mais en plus, ces promesses seront oubliées au lendemain du scrutin. Et là, on nage en pleine démagogie. Une démagogie sans frein, sans honte, sans retenue, et qui fait passer l´Algérie pour une République bananière. Chacun peut déclarer ce qu´il veut, en sachant que personne ne demandera des comptes.
En l´absence d´une réelle opposition et de candidats crédibles, en l´absence d´un enjeu représenté par la possibilité d´une alternance, ces élections sont devenues une formalité pour pourvoir des postes. On aurait pu passer outre, et nommer des députés par décret, comme cela s´était fait dans le passé avec la CCN ou le CNT.
Et alors, là, on a un Parlement croupion. Des marionnettes. Des faire-valoir. En revanche, si la situation transitoire et trouble des années 90 pouvait, un tant soit peu, justifier de telles institutions, ce n´est plus le cas aujourd´hui.
Autre remarque: les auditeurs ne prêtent aucune attention aux promesses des candidats. Ces derniers prêchent donc dans le désert. N´est-ce pas, entre Algériens, on se connaît, et l´on sait que ces promesses n´engagent que ceux qui veulent bien y croire.
Si donc les orateurs savent qu´ils sont de fieffés menteurs, et si les auditeurs n´en pensent pas moins, à qui donc la faute? A l´Etat qui ouvre les médias à de telles parodies? A la loi électorale qui ne prévoit pas de balises?
On souhaite un peu de parler-vrai. On sait tous que les politiciens sont des bonimenteurs, mais enfin, il y a des limites à ne pas dépasser pour rendre à la politique sa crédibilité et au scrutin sa raison d´être. Est-ce trop demander?
Ce qui rend encore plus facile ces mensonges, c´est le fait que cela passe dans les médias audiovisuels. Pas de trace écrite. On parle, on fait des promesses, et autant en emporte le vent.

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