Lumière, s’il vous plaît

Le président Bouteflika avait déclaré au début de son premier mandat que l´objectif de la réconciliation nationale était de faire cohabiter la minijupe de Khalida Messaoudi et le qamis d´Abassi Madani. Depuis lors, beaucoup d´eau a coulé sous les ponts. Khalida s´est mise au peignoir et Abassi vend son projet de sortie de crise en Arabie Saoudite. Est-ce à dire que l´idée de réconciliation et de coexistence pacifique entre deux idéologies différentes, mais pas forcément antagoniques, est enterrée à jamais lorsque leurs promoteurs changent de tenue vestimentaire ? A en croire Mary Quant, l´Anglaise qui a inventé la minijupe dans les années soixante, ainsi que le maquillage et les collants colorés, la mode est à l´humeur et à l´individualité en ce moment. «Nous ne voulons pas de code. Nous voulons des pièces et des idées que nous pouvons prendre et mettre ensemble selon notre propre envie et personnalité», assure la dame de 70 ans maintenant, qui avait décrété en 1967 que le bon goût est mort et que la vulgarité est la vie. Ce que l´on peut dire en cette année 2004, c´est que question costumes, les rues d´Alger sont plutôt bigarrées et contrastées. Le niqab le plus strict, côtoie le voile discret et le foulard parfois très aguichant, alors que le jean et le pantacourt s´exhibent dans des démarches décontractées. Sur ce registre, l´Algérien s´offre un vent de liberté qui relègue aux oubliettes le rigorisme contraignant du début des années 90. Il n´a pas donc pas besoin de dire : lumière s´il vous plaît. Pour faire taire tous les intégrismes, rive gauche ou rive droite. D´autant plus que Nouredine Bouterfa, le P-DG de Sonelgaz, promet qu´il n´y aura pas de délestage d´électricité en Algérie cet été. La production d´énergie sera renforcée en effet par l´entrée en activité des centrales de F´kirina, d´Arzew, de Skikda et de Hadjret Nousse. Le black-out du 03 février 2003 a permis de tirer la sonnette d´alarme et de mettre le doigt sur un problème jusque-là tabou : le désinvestissement auquel avait été astreinte la Sonelgaz sous le couvert de l´ouverture du secteur. Là aussi, il a été prouvé que lorsque l´idéologie entre par effraction dans la sphère de l´économie, elle peut faire des dégâts et laisser les gens dans le noir.
En revanche, le gros ouvrage biographique de plus de 900 pages publié par Bill Clinton, plus pour soutenir la carrière politique de sa femme Hillary, n´apporte pas beaucoup de lumière sur son action à la Maison-Blanche, si l´on en croit les premiers commentaires de presse. Alors que les projecteurs sont braqués sur ses relations... intimes avec Monica Lewinsky, c´est plutôt son entrevue avec le Premier ministre israélien Ishak Rabin qui retient l´attention. Rabin, nous dit Clinton, avait accepté une poignée de main historique avec le leader palestinien Yasser Arafat, mais avait catégoriquement refusé de se laisser embrasser sur la joue. «La tradition arabe de l´accueil est de s´embrasser sur la joue mais il n´en voulait pas» précise Bill Clinton. Lumière tout de même !