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L´arrivée massive des nouveaux bacheliers donne des sueurs froides aux recteurs des universités, aux directeurs des résidences universitaires et au premier responsable du secteur: Harraoubia, ministre de l´Enseignement supérieur.
Pour la première fois que l´Algérie se permet un taux de réussite qui sort de la norme, elle ne sait pas comment gérer ce fruit défendu. Un taux de 40% n´est pourtant pas aussi élevé que cela. En Tunisie, ce taux dépasse les 61%. En France, le taux est encore plus impressionnant sans compter toutes les mesures de rachat, de rattrapage, de deuxième chance offerte au lycéen en lui permettant de ne repasser que les matières où il a séché.
C´est-à-dire que comme d´habitude, l´Algérie a fait, pendant des décennies, dans le slogan et la démagogie, alors que les autres pays avançaient doucement mais sûrement. Nos trains n´arrivent pas à l´heure. Il n´y a pas d´eau dans nos robinets, sinon un jour sur deux ou sur trois. Les pannes d´électricité sont fréquentes. Nos taux de réussite au bac ne dépassent pas les 20%. On trouvait cela normal et on nous faisait avaler des couleuvres. Si vous dites cela à un Tunisien, un Marocain, un Egyptien, voire un Soudanais, il ne vous croira pas. Ah! les histoires de bonne gouvernance! Mais 200.000 étudiants qui arrivent comme ça, d´un bloc, d´un trait, sans avertir, c´est qu´il faut leur trouver des places pédagogiques et des chambres à l´université. Et des bourses d´études aussi. Si comme si on avait mis la charrue avant les boeufs.
M.Harraoubia se démène comme il peut. Il a sollicité l´aide et l´assistance des autres ministres. Des structures à désaffecter et à transformer en campus. Le ministre de tutelle ne refusera rien, quitte à repousser la rentrée à la fin septembre, le temps d´achever les travaux. A titre d´exemple, la résidence universitaire de Beni Messous n´était, à l´origine, qu´une caserne, que l´armée a gracieusement mis à la disposition de la famille universitaire. Ce n´est pas tout: on assurera les cours jusque tard dans la nuit: vers 22h. On fera même cours les jeudis et vendredis. On ira même jusqu´à appliquer la double vacation, comme à la maternelle. Tu sors, je rentre. On se relaie. On se passe le témoin. On réduira le cursus universitaire, à la manière anglo-saxonne. Tout ce qui vient des oncles Sam et Jack est bienvenu. C´est même à la mode. C´est prisé par les nouvelles générations, avec l´accent british en sus. Il fallait peut-être en arriver là pour bousculer les vieilles habitudes. La réforme du système éducatif, dans ses différents paliers, passe aussi par sa démocratisation et son efficacité. Mieux former et en grand nombre est un challenge à relever. L´autre défi, c´est celui de former utile, des gens qui trouveront des débouchés, et pas des fournées de chômeurs. Et là, seul un secteur économique performant, constitué de PME-PMI dynamiques et flexibles peuvent réussir le pari.
En d´autres termes, c´est toute la société qu´il faut repenser de fond en comble. En finir avec le bricolage.

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