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Le socialisme de Bouteflika

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Dans l´une de ses envolées, avant hier, au meeting de Chlef, le chef de l´Etat ne s´était pas contenté de faire l´apologie de la réconciliation. Il a promis qu´après le référendum, il y aura tout un programme. Les Algériens auront droit à un socialisme meilleur que celui des années 60 et 70, en plus de l´économie de marché. On se rappelle la fameuse phrase de Lenine: «le socialisme, c´est le capitalisme plus l´électricité». La tirade de M.Bouteflika s´inscrit-elle en droite ligne de cette conception? Il faut le croire.
Est-ce la résurgence de l´économie sociale de marché, sur laquelle le Front de libération nationale, parti au et du pouvoir, avait planché au début des années 2000, avant de connaître une série de turbulences qui l´ont amené à négliger les questions doctrinales pour ne plus s´occuper que du gouvernail et du timonier. Retour donc à la réflexion, et aux propositions et dixit les manoeuvres politiciennes!
Le socialisme version années 70, parlons-en. Des générations de paysans, travailleurs, étudiants y ont cru, lui ont donné le meilleur d´eux-mêmes, mais leurs espoirs ont été déçus. Ce dépit n´est pas propre à l´Algérie: c´est partout dans le monde que l´idée du socialisme, adossé au bloc de l´Est et couplé au capitalisme d´Etat et aux monopoles publics, a lamentablement échoué, mais l´Algérie aura été le pays qui aura payé le prix le plus fort. Une décennie rouge, des milliers de morts, une économie déstructurée, un pays ravagé. Car sur l´idée du socialisme sont venus se greffer le populisme, c´est-à-dire la démagogie, puis l´intégrisme.
Le modèle économique qui avait été choisi avait sacrifié ce qu´on appelle aujoud´hui le développement durable, basé sur l´agriculuture, le topurisme, la petite entreprise familiale, le savoir-faire, les services, pour de grandes entreprises clefs en main qui ont détruit le paysage et l´environnement. Le miracle, c´est que ce pays tient encore debout.
Aujourd´hui, les Algériens veulent continuer à rêver, en espérant qu´une fois de plus leurs rêves ne seront pas flétris, foulés aux pieds par des clans d´affairistes et de mafiosi.
Tout comme hier, c´est avec beaucoup de candeur qu´ils s´apprêtent à voter la confiance à Bouteflika, pour qu´il fasse la paix et ramène la sécurité dans le pays, en même temps ils se tiennent le ventre devant la montée du chômage, les investissements qui n´arrivent pas, et toutes les contradictions qu´ils voient autour d´eux, dans la rue, à l´usine, les administrations. En réalité rien ne marche comme cela devrait être.
C´est que l´Algérien, qui n´a pas connu les bienfaits du socialisme, n´attend pas grand-chose de ceux de l´économie de marché. Aujourd´hui comme hier, ce sont les mêmes qui se servent. Les autres se contentent de regarder. Les inégalités, le favoritisme, le beni-aâmis, c´est toujours kif-kif, du pareil au même.
Entre la prière du maghreb et celle de l´aïcha, l´Algérien regarde ces ombres qui se faufilent entre chien et loup et se remplissent les poches avec les deniers publics, alors que lui n´a que ses yeux pour pleurer.
Une crue est arrivée, l´autre est déjà là. Au milieu du gué, l´Algérien se demande quelle est celle qui va l´emporter. Bouteflika est-il la bouée de sauvetage? Pendant ce temps, le chef de l´Etat fait campagne, prodigue des promesses, mais la création d´emplois et le retour à la croissance, c´est pour quand, Monsieur le président?
La question qui se pose est de savoir si l´Algérie, qui a si lamentablement échoué dans son socialisme, réussira son entrée dans le capitalisme

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